02/10/2015

Cassis de Dijon, piège à ...

Il est dommage que le Parlement fédéral n'ait pas saisi l'occasion corriger une erreur qui date de 2010 : l'application aux produits alimentaires du principe du Cassis de Dijon. Une bonne idée à l'origine qui a eu pour la Suisse et en particulier son agriculture, des effets désastreux : la règle permet l'entrée libre en Suisse de produits qui respectent des normes légales dans l'un des autres Etats de l'UE. Cela permet à des produits de bien moindre qualité d'entrer sur le marché suisse et de casser les reins de nos producteurs qui font l'effort de produire de la qualité. La Fédération romande des Consommateurs (FRC), dont je préside la section genevoise, s'est battue à Berne pour qu'on corrige cette aberration afin que les consommateurs ne soient plus trompés sur la marchandise qu'il achètent. Elle n'a malheureusement pas (encore) été suivie.

Eliminer les entraves technique au commerce, oui, mais pas au détriment de la qualité et de notre agriculture. 

25/09/2015

Fausse concurrence dans le brouillard

L'assurance maladie n'est pas un modèle de transparence, c'est même tout le contraire. Lors de la campagne de 2014, j'ai défendu l'initiative pour une caisse publique comme co-président de la section genevoise de la Fédération romande des consommateurs (FRC). Une nette majorité des Genevois était du même avis. Ce n'est pas par passion pour une caisse étatique mais parce que je trouve le système actuel hypocrite, opaque et injuste. La concurrence ne fonctionne que pour les frais administratifs, qui sont bas, c'est bien. Pour le reste, elle conduit certaines compagnies à offrir des primes artificiellement basses parce qu'elles ont réussi à attirer des assurés plus jeunes et plus en forme (des sportifs, par exemple), au détriment des autres. L'afflux de nouveaux assurés et la nécessité de reconstituer les réserves pour ceux-ci fait automatiquement remonter les primes. Des réserves qui ne suivent d'ailleurs pas l'assuré lorsqu'il change de caisse, un autre véritable scandale. 

Le citoyen hyper-attentif s'en tirera bien à titre individuel en changeant très souvent de caisse, ce n'est pas le cas de la majorité des citoyens qui ont, comme moi, mieux à faire de leur temps libre que de le passer à changer de caisse, une gymnastique plus agréable et plus saine quand on la pratique en forêt et non à rédiger des courriers administratifs à ses assurances maladie successives.

Sans parler de la confusion entre l'assurance de base et les complémentaires, les primes payées en trop, remboursées partiellement et tardivement. Et en partie par la Confédération, on se demande bien pourquoi. 

 

13/09/2015

Noble cause, regrettable récupération

Essayons, pour une fois, d'envisager la question de la migration sous l'angle humain. Si nous et nos familles nous trouvions dans un pays en guerre, si plusieurs années passées sous la menace ou dans un camp de toile ne semblaient déboucher sur aucun espoir de paix et de retour, nous aussi, nous prendrions des risques pour mettre nos enfants à l'abri. De gros risques. Je parie que même les militants nationalistes partisans des frontières closes chercheraient asile. C'est pour cette raison que j'ai participé samedi 12 septembre avec quelque amis du centre-droit à un rassemblement à la Place de Neuve pour affirmer la nécessité d'être plus ouvert, de prendre notre part dans l'accueil des demandeurs d'asile venus en particulier de Syrie.

Ceci-dit, j'ai deux regrets : le premier tient à la politisation à outrance de cette manifestation. L'extrême gauche surtout, qui a cru bon de squatter la manifestation de ses oriflammes. C'est dommage de sectariser à ce point une cause noble et légitime. Par effet d'entraînement, les partis de la gauche gouvernementale ont eux aussi déployé leurs couleurs, bien qu'à regret, selon des propos entendus sur place. 

Ma seconde critique tient à la confusion du discours : certaines pancartes se réclamaient de la loi : "L'asile est un doit". Avec cela, je suis entièrement d'accord. J'ajoute en général que "la migration est une politique". Par contre, une autre pancarte clamait : "Personne n'est illégal", ce qui équivaut à nier le droit. On voit à quel point le discours d'une certaine gauche extrême peut être incohérent ou naïf. Pire, il fait un tort important à la cause qu'il prétend défendre. On y a aussi entendu la dénonciation de la pauvreté et des inégalités, un soutien à l'action No Bunkers. Je pense que monter en épingle un mouvement de personnages déboutés du processus d'asile ne fait vraiment pas avancer la cause des véritables réfugiés et donne des arguments à ceux qui sont prêts à soutenir qu'il faut décréter un "moratoire sur l'asile", une expression qui est une contradiction en elle même. 

 

 

 

03/09/2015

Le "prix" d'un humain : décence, indécence ?

Le transfert d'un joueur de football de 19 ans de Monaco à Manchester United pour la somme de 80 millions d'Euros fait sensation. Cette somme semble totalement hors de proportion. Elle l'est probablement. Mais elle interpelle aussi par sa complète déconnexion d'avec la réalité de la plupart des citoyens dont les salaires n'ont plus aucun rapport avec ce marché. Le paradoxe, c'est que ce sont ces mêmes citoyens-spectateurs-consommateurs qui rendent possible de tels folies parce qu'ils sont clients sur le "marché" du football. 

Il y a bien une logique économique. Elle pouvait se comprendre dans les cas de transferts de Zidane ou Ronaldo, des joueurs presque aussi chers mais dont la réputation était faite : leur seul nom floqué sur un maillot permettait de récupérer une partie de la somme investie en quelques mois. Le reste provenait d'un surcroit d'intérêt pour l'équipe et des revenus publicitaires augmentés. Sans parler des performances sportives qui, dans ces deux cas, ont été vérifiées. 

Dans le cas du jeune Antony Martial, c'est la seule attente de voir sa "valeur marchande" augmenter encore et la certitude que son "rendement" sportif sera déterminant qui peut justifier cet "investissement". Sachant qu'un mauvais tacle peut mettre fin à tout cela en une demi-seconde, c'est un pari. Et tant qu'il est fait avec les moyens financiers d'adultes consentants, je ne vois pas de raison d'y objecter. Par contre, le même type "d'investissement" sur de très très jeunes joueurs "exportés" et souvent largués dans la nature au premier pépin est un vrai scandale que la Fifa doit absolument combattre. 

Sur le plan politique et social, cela nous pose malgré tout la question de la valeur de l'argent, du travail et finalement du temps. Il devient difficile d'expliquer aux jeunes que les choses se méritent, qu'il faut travailler et faire ses preuves. De même, la téléréalité permet de faire miroiter une célébrité quasiment instantanée à des jeunes qui n'ont en général encore rien fait. "Du pain et des jeux" disaient les Romains. On se consolera en pensant que le monde romain a vécu plusieurs siècles sous ce régime "déconnecté" de certaines réalités. C'est bien ce qui l'a tué, mais plus tard. Une consolation suffisante ? 

01/09/2015

Waouh !

 

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Il n'est jamais facile de promouvoir des choses évidentes. Mais là, l'Union Suisse des Paysans et ses très nombreux partenaires ont fait fort. Une campagne sympathique, pas prétentieuse mais qui passe un message positif et joyeux que nous ressentons tous. Consommer local, ça apporte quelque chose de spécial parce que ça profite aussi à l'endroit où nous vivons. Et on sait d'où viennent les produits. Double avantage. Ce qui n'exclut pas d'apprécier de temps à autre un produit qui vient de loin. L'exception exotique.

Des fraises tous les jours en hiver, quel sens ? et quel goût ?  

Mais surtout, nos agriculteurs ont besoin de nous, pas de notre aumône, ni vivre seulement de subventions. Ils veulent produire et vendre de beau et bon produits. Tout simplement. Alors Waouh !

http://www.tueswaouh.ch/fr/

 

 

31/08/2015

Liberté d'expression

Je suis en désaccord avec la plupart des thèses soutenues par MM. Blocher et Freysinger, je  ne partage pas leur vision de la Suisse ni leur manière de faire de la politique. Je pense qu'ils ont fait et font du tort au Pays que j'aime. 

Par contre, je suis sans aucune ambiguité pour qu'ils puissent s'exprimer librement, dans le cadre de la loi. Je désapprouve tous ceux qui appellent à perturber la manifestation à laquelle ils doient participer ce soir 31 août à Genève. Que l'on contre-manifeste est parfaitement légitime. Qu'on les contredise, ce que je fais souvent. 

Ceux qui voudraient s'y opposer par la violence ou les désordres seraient à la fois dans l'illégalité et dans l'erreur tactique. Il n'y a pas de meilleure manière de légitimer quelque chose que de s'y opposer illégalement. A moins qu'il n'y ait une alliance objective de soi-disant opposés qui n'aient au fond qu'un objectif : saper notre démocratie actuelle, imparfaite mais pas si mal en comparaison internationale. Le sous-titre du mouvement RAGE ?  "Fight the Power - Free the Prisoners - Fuck the Police". Nous voilà franchement rassurés !

25/08/2015

Humanité

Pour tous ceux qui ont vu les enfants syriens tenter de passer entre les forces spéciales macédoniennes, les familles séparées, ce qui se passe actuellement n'est tout simplement pas acceptable. De Syrie, ils ne recherchent pas une vie meilleure mais fuient la mort.

Ce conflit qui n'en finit pas. El le Liban qui accueille presque 2 millions de réfugiés de Syrie et d'Irak, soit plus du tiers de sa propre population. En dehors de toutes les considérations politiques et économiques, on ne peut tout simplement pas accepter ces scènes aux frontières sud de notre vieille Europe. Ni laisser les Etats les premiers concernés se débrouiller seuls. La solution passe par une coordination continentale, qu'on la nomme UE, à 28, à 15 ou à 35. Ou tout simplement notre vieille Europe.

Notez que l'Allemagne à la démographie faiblarde commence à réaliser que l'apport de tous ces jeunes, motivés par la perspective d'une vie après la mort en Syrie, sont peut-être une bénédiction pour elle, son économie et ses assurances sociales.

Et nous au milieu de tout cela ? Nous sommes en plein dedans, qu'on le veuille ou non, qu'on le refuse ou non. A moins de construire un mur tout autour de la Suisse (ce que certaines tribus réunies le weekend dans les montagnes grisonnes sembleraient prêtes à faire). Friedrich Durrenmatt prononçait le 22 novembre 1990 un discours à l'occasion de la remise du prix Duttweiler à Vaclav Havel. Il était déjà question de murs et de notre relation au Monde. Sur un autre registre, mais qui trouve un écho dans notre actualité de 2015. (http://www.domainepublic.ch/articles/15997?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+domainepublicrss+%28Domaine+Public%29)

21/08/2015

Quand Le Matin fait l'éloge de l'abstention

Le 11 août dernier, le quotidien Le Matin titrait en en couverture : "Elections fédérales d'octobre : on vote EN VAIN, ce dernier mot occupant à lui seul presque un tiers de la page. Je trouve cette titraille lamentable. Elle est accompagnée d'une image de la salle du Conseil national totalement vide. Quel est le message passé ? Il ne sert à rien de voter, souligné par des banquettes vides comme pour souligner l'inutilité du vote. 

Pourtant, l'article en pages 4 et 5 est plutôt correct, indiquant que, selon les derniers sondages disponibles, il ne devrait pas y avoir de grands changements dans l'équilibre des partis et des groupes au Parlement. Soit. Depuis quand la stabilité des forces en présence correspond-elle à un vote en vain ? La stabilité peut être négative pour ceux qui estiment qu'un changement politique est nécessaire. Mais ce n'est même pas ce que le quotidien suggère. 

Je trouve déplorable qu'un quotidien à grand tirage soit aussi négligent (ou complaisant) dans la manière dont il choisit sa Une. Si j'étais l'auteur de l'article, je serais furieux que la rédaction ait choisi un titre trahissant totalement le sens de mon article. En tant que responsable politique, élu et candidat passionné de la chose publique, je suis navré que l'on conforte les trop nombreux abstentionnistes dans leur idée que voter ne sert à rien. Gratuitement. J'ai envoyé un commentaire / droit de réponse, sans résultat à ma connaissance. 

19/08/2015

Genève, la 5eme Suisse et le vote électronique

J’ai passé samedi dernier au Congrès des Suisses de l’étranger réunis à Genève. Pour avoir vécu 18 ans hors de Suisse avec le CICR, je sais à quel point le lien avec nos origines est important. Cette 5ème Suisse a une vision très réaliste de notre pays, elle sait combien il est dépendant de ses relations le monde. Mais nos compatriotes sont aussi très attachés à pouvoir exercer un droit fondamental, qui est aussi un devoir : le vote. 

Dans le monde actuel, c’est par la voie électronique que ce droit peut vivre. Combien de fois dans les années 90, ai-je reçu trop tard mon matériel électoral par la voie postale et n’ai pas pu exprimer mon vote. Les échanges de courrier avec la Tchétchénie, Gaza, la Colombie ou le Koweit en guerre n’étaient pas idéales. Sous la brillante présidence de Jacques-Simon Eggly, l’Organisation des Suisses de l’étranger a mis au premier rang de ses demandes la généralisation du vote électronique des expatriés. Pour les élections fédérales de 2015, cela ne sera malheureusement possible que pour les citoyens expatriés de 4 cantons, dont Genève.

Notre canton a développé CHvote, un système original dont le contrôle reste complètement en main publique et donc démocratique. Un autre système conçu à la demande d’un consortium de 9 cantons principalement alémaniques a été confié à une société privée américaine. Connaissant la tendance de nos cousins du Nouveau Monde à collecter illégalement des données personnelles, on peut se féliciter de ce que la Confédération n’ait pas validé ce système.

Comme ancien expatrié et fervent partisan de renforcer les liens avec tous nos compatriotes à l’étranger (la Suisse est le pays en paix qui a la plus grande proportion de ses propres citoyens vivant dans un autre pays), j’aimerais que la Confédération et les 22 autres cantons utilisent l’outil développé à Genève pour permettre à nos expatriés de s’exprimer politiquement. Un système qui a fait ses preuves et sera accessible à 95'000 électeurs, soit  30% du corps électoral genevois cet automne, dont environ 22'000 Genevois de l’étranger. Lucerne et Bâle ville l’utiliseront également. Neuchâtel a développé lui aussi son propre système avec une entreprise espagnole.

La décision de la Chancellerie fédérale de ne pas autoriser l’utilisation du système proposé par le consortium mené par Zurich et Argovie est salutaire mais il est dommage qu’elle soit intervenue si tard. Si l'Etat ne doit pas tout faire, organiser le vote fait bien partie de ses tâches régaliennes. De ce point de vue, il est inquiétant de constater que 9 cantons étaient prêts à prendre un risque de sécurité que la Confédération les a heureusement empêchés de prendre. Sur le plan économique, notre pays ne peut pas se permettre de développer trois systèmes différents.

Espérons que la Suisse pourra très bientôt offrir à tous ses citoyens expatriés un système totalement sécurisé et « domestique » afin que la 5eme Suisse ne soit pas la 5eme roue du carrosse fédéral et participe pleinement aux décisions qui la concernent aussi.

 

13/08/2015

Aéroport : la qualité d'abord

Qui n'avance pas recule. Les investissements dans notre aéroport international sont absolument nécessaires car le monde bouge. Des concurrents très performants se renforcent, les visiteurs de notre cité mais surtout ceux qui viennent pour des raisons professionnelles sont habitués à des conditions en constante amélioration. La Genève internationale, commerciale et diplomatique a absolument besoin d'un aéroport performant. Nous avons la chance d'en avoir un. Selon la newsletter de juillet de la Chambre de Commerce, l'AIG propose 134 destinations, 57 compagnies aériennes, 930 emplois directs et près de 10'000 emplois induits, un chiffre d'affaire de plus de 400 millions. C'est remarquable. Mais cela représente 187'596 mouvements en 2014. 

Je vis assez près de l'aéroport pour toujours l'entendre mais pas assez pour en souffrir vraiment. Par contre, pour des dizaines de milliers de nos concitoyens, l'AIG représente des nuisances ou très importantes. Nous n'avons pas le droit de l'oublier. Comme habitant de la rive droite, il est de mon devoir de prendre en compte cet aspect de notre développement pendant la campagne nationale de cet automne, et peut-être en tant que représentant qu'élu genevois. On va parler d'économie, de croissance, c'est normal. Pour notre aéroport, on devra aussi de se demander quelle croissance nous voulons. 

Croissance en qualité ou en quantité ? J'emploie souvent le terme de prospérité, qui implique en plus de l'aisance matérielle, une certaine qualité de vie, un égard pour la manière dont nous pouvons jouir des fruits de notre travail. Je précise que cette petite réflexion se limite aux nuisances directes. La pollution générée par le trafic aérien est une autre question plus large encore. 

Rapportée à l'AIG, la question peut se résumer ainsi : veut-on un 2ème vol hebdomadaire vers Peking, Seattle ou Djakarta, ou plutôt un 12ème vers Majorque ou Ibiza. Ou pire, ces vols tellement courts qu'on a à peine le temps de monter qu'il faut déjà préparer la descente. Ou encore, posée autrement, la question pourrait être : si nous avions un nombre limité de vols à disposition, à quelles destinations (et donc à quels usages) les consacrerions-nous ?

Hors de tout dogmatisme ou idéologie, la question mérite d'être posée à tous. Qu'ils soient ou non concernés par l'usage, les bénéfices ou les nuisances de notre aéroport.