01/09/2015

Waouh !

 

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Il n'est jamais facile de promouvoir des choses évidentes. Mais là, l'Union Suisse des Paysans et ses très nombreux partenaires ont fait fort. Une campagne sympathique, pas prétentieuse mais qui passe un message positif et joyeux que nous ressentons tous. Consommer local, ça apporte quelque chose de spécial parce que ça profite aussi à l'endroit où nous vivons. Et on sait d'où viennent les produits. Double avantage. Ce qui n'exclut pas d'apprécier de temps à autre un produit qui vient de loin. L'exception exotique.

Des fraises tous les jours en hiver, quel sens ? et quel goût ?  

Mais surtout, nos agriculteurs ont besoin de nous, pas de notre aumône, ni vivre seulement de subventions. Ils veulent produire et vendre de beau et bon produits. Tout simplement. Alors Waouh !

http://www.tueswaouh.ch/fr/

 

 

31/08/2015

Liberté d'expression

Je suis en désaccord avec la plupart des thèses soutenues par MM. Blocher et Freysinger, je  ne partage pas leur vision de la Suisse ni leur manière de faire de la politique. Je pense qu'ils ont fait et font du tort au Pays que j'aime. 

Par contre, je suis sans aucune ambiguité pour qu'ils puissent s'exprimer librement, dans le cadre de la loi. Je désapprouve tous ceux qui appellent à perturber la manifestation à laquelle ils doient participer ce soir 31 août à Genève. Que l'on contre-manifeste est parfaitement légitime. Qu'on les contredise, ce que je fais souvent. 

Ceux qui voudraient s'y opposer par la violence ou les désordres seraient à la fois dans l'illégalité et dans l'erreur tactique. Il n'y a pas de meilleure manière de légitimer quelque chose que de s'y opposer illégalement. A moins qu'il n'y ait une alliance objective de soi-disant opposés qui n'aient au fond qu'un objectif : saper notre démocratie actuelle, imparfaite mais pas si mal en comparaison internationale. Le sous-titre du mouvement RAGE ?  "Fight the Power - Free the Prisoners - Fuck the Police". Nous voilà franchement rassurés !

25/08/2015

Humanité

Pour tous ceux qui ont vu les enfants syriens tenter de passer entre les forces spéciales macédoniennes, les familles séparées, ce qui se passe actuellement n'est tout simplement pas acceptable. De Syrie, ils ne recherchent pas une vie meilleure mais fuient la mort.

Ce conflit qui n'en finit pas. El le Liban qui accueille presque 2 millions de réfugiés de Syrie et d'Irak, soit plus du tiers de sa propre population. En dehors de toutes les considérations politiques et économiques, on ne peut tout simplement pas accepter ces scènes aux frontières sud de notre vieille Europe. Ni laisser les Etats les premiers concernés se débrouiller seuls. La solution passe par une coordination continentale, qu'on la nomme UE, à 28, à 15 ou à 35. Ou tout simplement notre vieille Europe.

Notez que l'Allemagne à la démographie faiblarde commence à réaliser que l'apport de tous ces jeunes, motivés par la perspective d'une vie après la mort en Syrie, sont peut-être une bénédiction pour elle, son économie et ses assurances sociales.

Et nous au milieu de tout cela ? Nous sommes en plein dedans, qu'on le veuille ou non, qu'on le refuse ou non. A moins de construire un mur tout autour de la Suisse (ce que certaines tribus réunies le weekend dans les montagnes grisonnes sembleraient prêtes à faire). Friedrich Durrenmatt prononçait le 22 novembre 1990 un discours à l'occasion de la remise du prix Duttweiler à Vaclav Havel. Il était déjà question de murs et de notre relation au Monde. Sur un autre registre, mais qui trouve un écho dans notre actualité de 2015. (http://www.domainepublic.ch/articles/15997?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+domainepublicrss+%28Domaine+Public%29)

21/08/2015

Quand Le Matin fait l'éloge de l'abstention

Le 11 août dernier, le quotidien Le Matin titrait en en couverture : "Elections fédérales d'octobre : on vote EN VAIN, ce dernier mot occupant à lui seul presque un tiers de la page. Je trouve cette titraille lamentable. Elle est accompagnée d'une image de la salle du Conseil national totalement vide. Quel est le message passé ? Il ne sert à rien de voter, souligné par des banquettes vides comme pour souligner l'inutilité du vote. 

Pourtant, l'article en pages 4 et 5 est plutôt correct, indiquant que, selon les derniers sondages disponibles, il ne devrait pas y avoir de grands changements dans l'équilibre des partis et des groupes au Parlement. Soit. Depuis quand la stabilité des forces en présence correspond-elle à un vote en vain ? La stabilité peut être négative pour ceux qui estiment qu'un changement politique est nécessaire. Mais ce n'est même pas ce que le quotidien suggère. 

Je trouve déplorable qu'un quotidien à grand tirage soit aussi négligent (ou complaisant) dans la manière dont il choisit sa Une. Si j'étais l'auteur de l'article, je serais furieux que la rédaction ait choisi un titre trahissant totalement le sens de mon article. En tant que responsable politique, élu et candidat passionné de la chose publique, je suis navré que l'on conforte les trop nombreux abstentionnistes dans leur idée que voter ne sert à rien. Gratuitement. J'ai envoyé un commentaire / droit de réponse, sans résultat à ma connaissance. 

19/08/2015

Genève, la 5eme Suisse et le vote électronique

J’ai passé samedi dernier au Congrès des Suisses de l’étranger réunis à Genève. Pour avoir vécu 18 ans hors de Suisse avec le CICR, je sais à quel point le lien avec nos origines est important. Cette 5ème Suisse a une vision très réaliste de notre pays, elle sait combien il est dépendant de ses relations le monde. Mais nos compatriotes sont aussi très attachés à pouvoir exercer un droit fondamental, qui est aussi un devoir : le vote. 

Dans le monde actuel, c’est par la voie électronique que ce droit peut vivre. Combien de fois dans les années 90, ai-je reçu trop tard mon matériel électoral par la voie postale et n’ai pas pu exprimer mon vote. Les échanges de courrier avec la Tchétchénie, Gaza, la Colombie ou le Koweit en guerre n’étaient pas idéales. Sous la brillante présidence de Jacques-Simon Eggly, l’Organisation des Suisses de l’étranger a mis au premier rang de ses demandes la généralisation du vote électronique des expatriés. Pour les élections fédérales de 2015, cela ne sera malheureusement possible que pour les citoyens expatriés de 4 cantons, dont Genève.

Notre canton a développé CHvote, un système original dont le contrôle reste complètement en main publique et donc démocratique. Un autre système conçu à la demande d’un consortium de 9 cantons principalement alémaniques a été confié à une société privée américaine. Connaissant la tendance de nos cousins du Nouveau Monde à collecter illégalement des données personnelles, on peut se féliciter de ce que la Confédération n’ait pas validé ce système.

Comme ancien expatrié et fervent partisan de renforcer les liens avec tous nos compatriotes à l’étranger (la Suisse est le pays en paix qui a la plus grande proportion de ses propres citoyens vivant dans un autre pays), j’aimerais que la Confédération et les 22 autres cantons utilisent l’outil développé à Genève pour permettre à nos expatriés de s’exprimer politiquement. Un système qui a fait ses preuves et sera accessible à 95'000 électeurs, soit  30% du corps électoral genevois cet automne, dont environ 22'000 Genevois de l’étranger. Lucerne et Bâle ville l’utiliseront également. Neuchâtel a développé lui aussi son propre système avec une entreprise espagnole.

La décision de la Chancellerie fédérale de ne pas autoriser l’utilisation du système proposé par le consortium mené par Zurich et Argovie est salutaire mais il est dommage qu’elle soit intervenue si tard. Si l'Etat ne doit pas tout faire, organiser le vote fait bien partie de ses tâches régaliennes. De ce point de vue, il est inquiétant de constater que 9 cantons étaient prêts à prendre un risque de sécurité que la Confédération les a heureusement empêchés de prendre. Sur le plan économique, notre pays ne peut pas se permettre de développer trois systèmes différents.

Espérons que la Suisse pourra très bientôt offrir à tous ses citoyens expatriés un système totalement sécurisé et « domestique » afin que la 5eme Suisse ne soit pas la 5eme roue du carrosse fédéral et participe pleinement aux décisions qui la concernent aussi.

 

13/08/2015

Aéroport : la qualité d'abord

Qui n'avance pas recule. Les investissements dans notre aéroport international sont absolument nécessaires car le monde bouge. Des concurrents très performants se renforcent, les visiteurs de notre cité mais surtout ceux qui viennent pour des raisons professionnelles sont habitués à des conditions en constante amélioration. La Genève internationale, commerciale et diplomatique a absolument besoin d'un aéroport performant. Nous avons la chance d'en avoir un. Selon la newsletter de juillet de la Chambre de Commerce, l'AIG propose 134 destinations, 57 compagnies aériennes, 930 emplois directs et près de 10'000 emplois induits, un chiffre d'affaire de plus de 400 millions. C'est remarquable. Mais cela représente 187'596 mouvements en 2014. 

Je vis assez près de l'aéroport pour toujours l'entendre mais pas assez pour en souffrir vraiment. Par contre, pour des dizaines de milliers de nos concitoyens, l'AIG représente des nuisances ou très importantes. Nous n'avons pas le droit de l'oublier. Comme habitant de la rive droite, il est de mon devoir de prendre en compte cet aspect de notre développement pendant la campagne nationale de cet automne, et peut-être en tant que représentant qu'élu genevois. On va parler d'économie, de croissance, c'est normal. Pour notre aéroport, on devra aussi de se demander quelle croissance nous voulons. 

Croissance en qualité ou en quantité ? J'emploie souvent le terme de prospérité, qui implique en plus de l'aisance matérielle, une certaine qualité de vie, un égard pour la manière dont nous pouvons jouir des fruits de notre travail. Je précise que cette petite réflexion se limite aux nuisances directes. La pollution générée par le trafic aérien est une autre question plus large encore. 

Rapportée à l'AIG, la question peut se résumer ainsi : veut-on un 2ème vol hebdomadaire vers Peking, Seattle ou Djakarta, ou plutôt un 12ème vers Majorque ou Ibiza. Ou pire, ces vols tellement courts qu'on a à peine le temps de monter qu'il faut déjà préparer la descente. Ou encore, posée autrement, la question pourrait être : si nous avions un nombre limité de vols à disposition, à quelles destinations (et donc à quels usages) les consacrerions-nous ?

Hors de tout dogmatisme ou idéologie, la question mérite d'être posée à tous. Qu'ils soient ou non concernés par l'usage, les bénéfices ou les nuisances de notre aéroport. 

07/08/2015

Responsabilité sociale et environnementale - la Chine s'y met aussi

De plus en plus de nouvelles nous parviennent à propos des préoccupations environnementales des Chinois. Une pollution dramatique, des mouvements populaires et sociaux en croissance composent un cocktail intéressant du point du vue de l'Europe. Le gouvernement lui-même commence à mettre la pression sur ses entreprises les plus polluantes pour qu'elles prennent des mesures. Il n'y a pas si longtemps, les vrais niveaux de pollution de l'air dans les grandes villes étaient un tabou. C'est la pression internationale qui a contraint les autorités à lever le voile car les mesures officielles faisaient rire tout le monde. 

C'est une très bonne chose car la Suisse et l'Europe ne peuvent pas s'engager dans un Swiss ou European Polish sans fin qui verrait les normes imposées à nos seules entreprises nettement plus exigeantes que celles auxquelles doivent se plier leurs concurrents étrangers. Donner l'exemple, c'est bien, mais pas au point de se saborder !

A force de ne plus voir le ciel, les citoyens chinois ont bien fini par mette la pression sur leurs autorités, malgré le manque de démocratie, la corruption endémique et une certaine habitude de se plier sans discuter aux décisions de l'autorité. 

Je ne doute pas que les très nombreux touristes chinois et asiatiques en général auront fait quelques observations autour d'eux pendant leurs vacances en Europe. De l'aveu même de l'industrie du tourisme, ils voyagent de plus en plus nombreux de manière individuelle. Sans un guide bien intentionné pour leur cacher tous les "mauvais exemples" à ne pas rapporter chez eux. 

 

31/07/2015

L'incohérence en politique

Les dirigeants de l'UDC sont trop souvent incohérents. Leurs positions sont contradictoires, nocives pour la Suisse (parce qu'elles sont fondées sur celle de Heidi, légèrement déconnectée du monte actuel). Et leurs élus sont 

Exemple. Les Accords bilatéraux. Blocher s'est longtemps vanté de les avoir inspirés et leur trouvait toutes les qualités. Maintenant, c'est une horreur europhile. Opportunisme hypocrite, sans aucun égard pour la Suisse, son économie et sa population (en tout cas celle qui vit connectée avec le monde moderne).

Autre exemple. la procédure d'examen accélérée des demandes d'asile, c'était une demande de MM. Blocher et Brunner. Au moment où le Conseil fédéral le fait, l'UDC ne trouve mieux que de condamner cette réforme bienvenue. 

Encore un exemple. Le centre fédéral prévu à Perreux, dans le canton de Neuchâtel. Il est idéalement situé, dans un bâtiment qui n'est plus occupé, les autorités locales ont mené des consultations avec la population qui lui est largement favorable, un vrai miracle dans les circonstances actuelles. Et que fait l'UDC (par la voix du très subtil M. Clottu) ? Elle s'y oppose. 

Un petit dernier pour la route. Parce que budget de l'armée ne correspond pas aux souhaits de certains, l'UDC s'allie avec la gauche pour torpiller le projet de son propre Conseiller fédéral. Et il faudrait en suite qu'elle en ait deux ?

Pour appliquer une ligne politique aussi incohérente, il faut vraiment attacher peu d'importance à l'avenir de notre Pays. Au moment de célébrer la Fête nationale, on ferait bien de s'en souvenir et de ne pas donner à ceux qui se drapent volontiers dans le drapeau national les moyens de torpiller l'avenir de la Suisse dans le monde moderne. 

22/07/2015

C'est quoi un stage ?

Les jeunes qui manifestent sous la bannière "Pay your interns" ont raison. La multiplication des stages ou leur "gratuité" ont quelque chose de dérangeant. En particulier quand ces deux caractéristiques sont réunies. C'est quoi au juste un stage ? 

Pour l'employeur, c'est l'occasion d'accueillir un jeune, de lui faire découvrir son fonctionnement,  mais aussi de le tester ou de lui donner envie de poursuivre dans l'entreprise (ou l'organisation). Mais ce peut aussi être une manière de réaliser une tâche particulière qui demande un regard extérieur ou de durée limitée. Aucun de ces mobiles n'est condamnable mais pas non plus suffisant pour justifier à lui seul un stage. 

De l'autre côté, le stagiaire peut vouloir découvrir le fonctionnement d'une entreprise ou organisation, explorer une activité ou une branche, acquérir des contacts utiles, mettre en application des connaissances théoriques, ajouter une ligne utile à son CV ou gagner un peu d'argent pendant l'été. 

Le stage, c'est  un échange, comme tout contrat. Il n'est pas sain qu'il soit au bénéfice exclusif de l'une des parties. La rémunération est donc un élément important, d'autant plus que la tâche est moins formatrice. Et l'on connait de nombreux stages ou la "victime" est parquée plusieurs semaines devant une pile de papiers à trier, seule, sans rien apprendre de l'organisation ni de la branche qu'elle est sensée découvrir. De la formation ? Que nenni.

A l'inverse, la succession de stagiaires à un même poste, souvent très qualifiés en fait des stagiaires professionnels et détourne cette noble institution de son but légitime.

En résumé, un stage doit apporter quelque chose aux deux parties. Au stagiaire, une vraie expérience formatrice et / ou un salaire décent. En principe un honnête mélange des deux. 

 

11/07/2015

L'asile est un droit, la migration est une politique

C'est essentiel. A mélanger les deux, on pénalise gravement l'asile et tout ceux qui doivent pouvoir en profiter. La Suisse a accueilli généreusement les Boat people il y a 40 ans, elle a fait une place aux Hongrois après 1956, elle a accueilli les militants fuyant les états dictatoriaux d'Amérique latine pendant des dizaines d'années, elle l'a fait massivement avec les réfugiés du Kosovo et de l'ex-Yougoslavie dans les années 90'. Elle a fait son devoir de protection et d'accueil, voire d'insertion puisque nombreux sont ceux qui sont restés et se sont bien intégrés dans notre société. De leur côté, ils ont fait l'effort de s'adapter et de respecter la culture et la plupart des usages de leur pays d'accueil. D'autres sont retournés chez eux quand la situation s'est améliorée. 

En même temps, notre pays a fait de la place à une migration intra-européenne fondée sur l'offre d'emplois, souvent peu qualifiés qui ne trouvaient pas preneur sur le marché local. D'importantes communautés italiennes, portugaises et espagnoles se sont établies après l'abolition du statut de saisonnier qui faisait peu de cas de la vie familiale. 

La situation a changé. Avec une volonté de tout mélanger et d'obtenir pour tous le droit d'être accueilli, logé, nourri, soigné et intégré, l'extrême gauche prétend "défendre" des migrants économiques venus sous l'étiquette de l'asile et logiquement déboutés. C'est un mauvais combat car on se concentre sur 40 célibataires instrumentalisés alors que des milliers de véritables réfugiés ayant quitté l'enfer de Alep ou de Raqqa demandent un nécessaire asile. C'est un mauvais combat car ce ne sont pas le collectif du Grutli qui a le plus besoin de notre accueil.

A l'extrême droite, les nationalistes cherchent aussi à tout mélanger. Mais eux, c'est pour refuser tout le monde. Mélanger les réfugiés véritables et les migrants dans un salmigondi destiné à faire peur au brave citoyen effrayé d'avoir à accueillir toute la misère du monde dans son petit paradis. 

Ces deux approches sont malhonnêtes, inhumaines et finalement contribuent autant l'une que l'autre à rendre la tâche impossible à ceux qui veulent que la Suisse prenne normalement sa part du fardeau de l'asile. Car la tâche ne peut être traités que dans une coopération au niveau européen. Il est absurde de laisser nos concitoyens italiens et grecs supporter seuls la tâche d'accueillir 300'000 personnes par an.  

Et ne jamais oublier que, quand nous ergotons sur 3000 Syriens, le petit et courageux Liban (5 millions d'habitants) accueille plus de 1,5 millions de Syriens depuis deux ans alors qu'il est très nettement moins riche que nous ne le sommes.