17/04/2015

S'opposer aux abuseurs du quotidien

Selon le Haut Conseil à l'Egalité français, 100% des femmes ont subi une forme de harcèlement dans les transports publics au moins une fois dans leur vie. Une campagne rappelle les peines qui sont encourues pour ces agressions, qui vont de la remarque "relou" à l'agression physique sous la forme d'attouchements ou de viol. Elles peuvent être extrêmement lourdes. C'est nécessaire pour rappeler d'abord aux femmes qu'il ne faut pas subir sans rien dire, et utile utile pour que les agresseurs prennent conscience que ces atteintes sont vraiment graves. 

Mais cette enquête interpelle pour une autre raison : si toutes les femmes sont si fréquemment agressées, c'est en bonne partie parce que nos sociétés banalisent ces actes. Pourquoi les amis, l'entourage de ces abuseurs du quotidien, n'interviennent-t-il pas ? Pourquoi dans les bandes n'est-il pas honteux de s'en prendre à une femme, la plupart du temps seule ? Pourquoi les autres voyageurs n'interviennent-ils pas plus lorsque ces actes sont visibles ? Pourquoi les victimes restent-elles si souvent silencieuses sur le moment et renoncent-t-elles a porter plainte ensuite ? Je considère que c'est une attitude citoyenne indispensable que de s'opposer très clairement à de tels comportements chaque fois que nous en sommes témoins mais aussi quand des abuseurs tentent de s'en glorifier, de banaliser ou même de justifier ces insupportables agressions du quotidien. 

03/04/2015

Le risque 0

Le risque zéro est hors de portée même si le progrès technique a pu nous le laisser croire. Eliminer le facteur humain et tout automatiser ? Le très probable suicide du pilote allemand de GermanWings a ouvert un passionnant débat se société. Plus un moyen de transport est sûr, plus on parlera des accidents. Plus le crime est rare, plus il choque. Logique et presque mécanique. Peut-être faudra-t-il se réhabituer à l'idée que l'accident est possible et, pour notre santé mentale, en accepter la possibilité. Sachant que pour les victimes directes et leurs proches, l'occurence reste inacceptable. Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi eux. Parce que.

Je pense qu'on peut tirer un parallèle avec la période de violence politique et religieuse, voire sectaire que nous vivons actuellement. Nous avons connu depuis les années 80 une période au cours de laquelle les actes de violence politique ont nettement diminué dans nos régions. Les actions menées par la mouvance djihadiste, en Europe, mais surtout, ne l'oublions pas, dans les pays à majorité et tradition musulmane, nous ramènent conduisent vers des temps où il faudra accepter que ce risque existe. Envisager la possibilité qu'un allumé commette un massacre tout près de nous, dans un univers qui nous est familier et que nous voyons et parcourons sans violence depuis des années. 

Il faudra lutter avec détermination, mais aussi accepter que toute lutte sérieuse implique le risque de perte. Le risque ne doit pas nous paralyser mais renforcer notre détermination. Dans son édition du 2 avril, l'Hebdo le disait à propos de Roger Federer : s'il est capable d'une concentration supérieure, c'est qu'il accepte le risque de perdre un point. Il se concentre sur l'objectif qui reste le Jeu. Nous aussi, nous devons regarder loin. Notre Jeu, c'est la défense des valeurs démocratiques et d'ouverture, sans naïveté mais sans peurs.

09/02/2015

Deux poids, deux mesures

Les temps changent et ont déjà changé. Les pratiques de 2006-2007 n'ont plus cours et c'est une bonne chose. Pour autant que l'on se pose deux questions et qu'on y apporte une réponse suffisante : 

Tout d'abord, est-il normal que l'on puisse réaliser à Londres et dans d'autres destinations insulaires et ensoleillées, voire même dans certains états des Etats-Unis des opérations de placement anonymes et fiscalement légères, cela même que l'on reproche actuellement à quelques banques d'avoir réalisé avec la Suisse pour base il y a plusieurs années ? Le député Stauffer l'a justement relevé dans la TdG. Il est assez rare que je sois vraiment d'accord avec lui pour le relever. Si l'on veut nous appliquer de "nouvelles règles", il faut qu'elles soient les mêmes pour tout le monde, que l'on soit un petit Etat isolé au centre de l'Europe, une grande puissance maritime (actuelle ou ancienne) ou un confetti ensoleillé couvert de palmiers et de boîtes aux lettres. 

Deuxièmement, il faut s'interroger sur le niveau de l'imposition. Plus la fiscalité devient lourde, plus la tentation de tout faire pour y échapper est forte. C'est d'autant plus vrai quand le contribuable ne comprend plus où va sa contribution, ne fait plus le lien entre ce qu'il paie et la manière dont l'Etat en fait usage. Heureusement, en Suisse, nous avons assez souvent l'occasion de nous prononcer sur la manière dont l'Etat gère les fonds publics mais aussi sur l'impôt lui-même, un cas unique au monde. Mais ce n'est pas le cas partout. La France est un bon (mauvais) exemple : fiscalité lourde, Etat pléthorique et peu efficace. Sans participation populaire aux décisions sur le fond. 

Je suis toujours convaincu que nos autorités doivent bien plus fermement utiliser publiquement les incohérences de ceux qui veulent nous imposer des règles qu'ils ne s'appliquent pas à eux-mêmes. Mais plus encore éviter de décréter un Swiss Finish qui va au-delà de ce que l'on nous demande.

13/11/2014

Pour le respect des droits humains au Vietnam

Avec d’autres élus ou anciens élus genevois, nous avons remis une pétition à la Consul du Vietnam à Genève en soutien de M. Dang Xuan Diêu, activiste et blogueur condamné à 13 ans de détention pour ses écrits et ses opinions. 

Depuis 2010, je me suis impliqué dans le soutien aux activistes courageux qui, au Vietnam et à l’extérieur, se battent pour que le régime actuel renonce à emprisonner arbitrairement tous ceux qui ne sont pas d’accord avec lui.

Pour que le simple fait de publier des informations ou des opinions divergentes ne soit pas puni de plusieurs années de prison. Pour que les procès ne soient pas outrageusement verrouillés par une justice aux ordres du clan au pouvoir. 

Je m’y suis associé volontiers car ce pays et son peuple méritent mieux qu’une dictature camouflée sous les attributs brillants d’un véritable essor économique qui bénéficie surtout au régime et à ses soutiens. 

Et j’apprécie par dessus tout que cette opposition soit toujours non-violente, ce qui n’est pas le cas des réactions du régime. 

Je m’y suis rendu en octobre 2010 pour rencontrer les familles des prisonniers politiques et tenter d’en rencontrer une sur son lieu de détention. Elle a été libérée et expulsée un ans plus tard.

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23/10/2014

Guerres inévitables

Certaines guerres sont inévitables. Celles qui sont défensives et menées pour une cause juste. J'admets que ces deux termes sont sujets à interprétation.

La guerre défensive n'est pas seulement celle que l'on mène près de chez soi sur les frontières de sa propre terre. Elle peut être menée au loin lorsque ses valeurs fondamentales sont attaquées. Elle est juste quand ces valeurs sont reconnues comme universelles. C'est le cas du noyau dur des Droits humains. Dans ce sens, les croisades de tous types, avec un grand C ou non, sont très discutables, parce qu'elles visent à imposer par la force (et donc en violation des Droits humains) une croyance ou une idéologie à d'autres. 

Mais pour qu'elle soit légitime, elle doit absolument être menée d'une manière qui ne viole pas à son tour ces mêmes valeurs contre la violation desquelles elle prétend s'élever. La lutte contre la dérive islamiste actuelle est de celle qu'il faut mener. Loyalement, dans le respect de nos propres valeurs. Et solidairement avec les premières victimes de cette folie : l'immense majorité des musulmans qui n'y sont pour rien.

Cela nous interdit les frappes indiscriminées notamment sur les civils, la torture, les détentions arbitraires, etc. Nous ne devrions pas non plus, et cela va nous couter cher ces prochaines années, recourir à des arrestations massives et préventives de supposés djihadistes vivant dans nos contrées. Il ne manquera pas de belles âmes pour exiger d'embastiller à la louche. Et nous aurons un  défilé de donneurs de leçons pour nous dire après coup qu'il n'y avait qu'à, qu'il fallait que... Ce sont les dictatures qui peuvent se permettre de mettre à l'ombre préventivement des milliers de potentiels opposants violents. Au risque de susciter dix fois plus d'opposants plus violents encore, avec cette fois une raison de s'opposer. 

Il est donc probable que ce qui s'est passé au Canada se produira encore, en Europe et peut-être chez nous parce que suivre individuellement tous les dingues qui se rêvent en martyrs, de retour de Syrie ou empêchés d'y aller, est matériellement impossible.

Une guerre ne se gagne jamais contre ses propres valeurs. Le respect de la liberté individuelle en fait partie. 

Nous paierons tous encore longtemps l'imbécilité crasse de Bush fils qui cassé l'armée irakienne sans rien mettre à la place, causant un vide désastreux, rempli 10 ans plus tard par les allumés de Daech. Et la faiblesse de tous les présidents US (entre autres) pour avoir laissé pourrir des millions de Palestiniens dans l'enfer de Gaza, sans espoir. 

15/10/2014

Deux acquittements, deux bonnes nouvelles

Nous avons eu ce mardi deux acquittements, qui sont d'excellentes nouvelles, mais pour des raisons totalement opposées. 

Celle du policier de l'A1 démontre que la police peut agir contre les malfrats qui violent sans scrupule les lois et qui viennent le faire chez nous car ils pensent y courir moins de risque judiciaire que chez eux. Bonne leçon. Voler des voitures, forcer des barrages est risqué. De l'autre côté, cela montre aux policiers que la justice les soutient sauf quand ils outrepassent clairement leurs droits. Ce n'était pas le cas en l'espèce. Il reste encore à la justice à cesser de condamner d'une manière absurde les policiers qui dépassent les limites de vitesse lors d'une poursuite. Les condamner équivaut à dire aux délinquents qu'ils n'ont qu'à violer ces mêmes limitations pour échapper à tout policier. C'est absurde. Qu'il s'agisse de la loi ou de son application. 

L'autre acquittement salutaire, c'est la décision du Bureau de Grand Conseil de ne pas sanctionner le président donneur (de leçons) du MCG. Pourtant, il est coupable, chacun le sait. Les images des incidents non seulement le lui donnent aucune excuse mais elles soulignent sa grossierté et l'irrespect total pour le Grand Conseil. Il aurait été trop content d'être sanctionné, une sanction qu'il aurait portée en bandouillère comme une blessure de guerre ou une décoration, pendant des mois. Raté.

Là, il est juste un Guignol pathétique que le Grand Conseil expulse mais ne prend même pas la peine de sanctionner. La seule vraie sanction, c'est l'électeur qui la lui donnera. Avec ou sans alliances. 

 

14/10/2014

Ces Genferei font du tort a tout le Canton

Quoi que l'on pense des débordements qui ont régulièrement lieu dans l'enceinte du Grand Conseil, mais aussi du Conseil municipal de la Ville Genève, ces esclandres ont un autre impact dont on a très peu parlé depuis vendredi : l'image de Genève à l'extérieur. Notre canton se pique d'être un centre des Droits humains, le second siège mondial des Nations-Unies, le lieu où se rencontrent les parties en conflit dans le monde pour trouver des solutions. La Croix-Rouge internationale, que j'ai servi pendant 17 ans dans toutes sortes de conflits, y est née. 

 

Et nous, nous donnons le spectacle pathétique d'un élu vociférant et gesticulant au mépris de toutes les règles. Qui résiste à un ordre d'évacuation, avec la complicité physique de sa cour. Et pour des raisons futiles en regard des enjeux économiques et humains que Genève prétend abriter et arbitrer. 

 

Et l'on est obligé de constater que le point commun de tous ces dérapages, c'est un même élu ou son Mouvement, que ce soit au Grand Conseil avec les dérapages connus et répétés, mais aussi au Municipal de la ville où un élu de son Mouvement s'était permis des paroles inqualifiables. Et il y en a d'autres du même tonneau dont on ne parle pas, c'est mieux pour la réputation de notre canton. 

 

C'est l’image de Genève qui en souffre auprès de la communauté internationale hébergée ici mais aussi la crédibilité du Canton dans le reste de la Suisse et en particulier à Berne. Ca ne facilite pas la tâche de ceux qui doivent défendre les intérêts de la région aux Chambres fédérales et auprès de l'administration fédérale. Ca ne donne certainement pas envie à des Argoviens ou des Lucernois d'attribuer à Genève des fonds que Zurich réclame avec force et sérieux.

 

Messieurs, il serait bon que vous y pensiez avant de déclencher des esclandres qui font beaucoup pour votre gloriole, mais beaucoup de mal à  cette Genève qeu vous dites aimer.  

 

 

11/10/2014

Quand les caciques du MCG se moquent du Grand Conseil

Ce vendredi soir, le Grand Conseil a vécu une sombre soirée. De débats obscurs où de vieilles barbes de la politique genevoise croyaient utile de refaire en plénière les débats qui avaient déjà eu lieu en commission, on est passé vers 23h à un presque-pugilat au moment où Eric Stauffer, toujours dans l’outrance et la provocation, a contraint le Président à prononcer son expulsion. Pathétique Duce éructant, hurlant et gesticulant, debout, au milieu de l’enceinte, le pourtant Conseiller administratif d’Onex et second vice-président du Grand Conseil a cru bon (mais pour qui et pour quoi, à part son ego démesuré) de jeter le Parlement cantonal dans les méandres du règlement intérieur. Il cherchait un prétexte et l’a trouvé quand le Président de l’Assemblée a mis un peu rapidement au vote l’un de ces multiples amendements sans cesse redéposé.

 

Du grand Guignol dont on s’amuserait s’il ne s’agissait pas du cœur de nos institutions. Et ce même MCG nous explique à longueur de séances que les politiques ne s’occupent pas de ce qui intéresse les citoyens. Lui qui sabote les débats parlementaires à coup d’amendements répéritifs et de demandes de renvoi en commission déposés toutes les 5 minutes. Très loin d’un débat constructif sur l’avenir de notre Canton.

 

Les ténors du MCG nous ont cette fois clairement démontré tout le mépris qu’ils avaient pour les institutions en s’opposant physiquement pendant de longues minutes à l’expulsion de leur président donneur (de leçons) pourtant prononcée par le Président du Grand Conseil dans le respect du règlement. On frémit à l’idée que ce parti puisse gagner encore en influence. Avec de tels personnages aux commandes, on peut craindre le pire pour notre démocratie. Si les choses n’étaient pas si graves, on s’amuserait presque de voir avec quelles précautions de Sioux et quelle mine contrite la petite dizaine de gendarmes, pourtant requis par le Président, ont procédé à l’expulsion du Vitupérant. A noter qu’il avait dix minutes auparavant déclaré qu’il était à la disposition des gendarmes, pour refuser d’obtempérer ensuite.  

 

D’habitude, je n’aime pas les parallèles historiques, souvent abusifs. Mais la démonstration de ce soir me laisse penser qu’on n’est plus très loin de pouvoir se référer à des heures sombres de l’histoire européenne. A trop tirer sur la corde des institutions qui canalisent les débats, on finira par casser ce qui fait (ou à fait) la magie de notre fonctionnement démocratique.

 

Je ne crois pas que ce soit cela qu'ont voulu tous ceux qui ont voté de bonne foi pour ce mouvement qui ne se montre ni Citoyen ni genevois. 

 

 

07/10/2014

Comment j'aurais pu gagner Morat-Fribourg (enfin, presque)

Morat-Fribourg est une course fantastique. Parcours charmant, à la fois historique et bucolique, tradition et histoire, excellente organisation. Mais... Il y a un mais : on est sans cesse dépassé par des dizaines de gazelles des deux sexes, c'est vexant et injuste. Je pense donc qu'il faudrait instaurer un classement "au poids" pour redonner une chance à ceux qui, comme moi, trainent sur 17,2 km un stock de protéines (et de lipides) qui n'est pas tout à fait indispensable à cet exercice. 

Exemple (bien entendu pris au hasard) : un coureur de 105 kilos termine en 1h42'. Rien d'affolant a priori. Mais quand on rapporte ce temps au poids, ça veut dire 58 secondes au kilogramme. Ce temps, appliqué aux meilleurs coureurs qui pèsent habituellement autour de 55 kilos, équivaut à 54 minutes, soit largement de quoi finir dans les tout premiers. Je propose au comité d'organisation de réfléchir sérieusement à instaurer un classement au poids. 

18/09/2014

Quand l'insulte tient lieu de message politique

Communiqué choquant de l'UDC cet après-midi : déçus par le projet de budget 2015, ce qui est son droit, ce parti signe un texte dans lequel il démontre son mépris pour les institutions et attaque personnellement et de manière grossière les magistrats en charge. "Parlons de l'Entente, majoritaire: un président qui pontifie et plane, on se demande si ses pieds touchent encore terre; un ministre des finances qui peine à s'y retrouver dans le labyrinthe des comptes, compliqués, de l'Etat; un officier subalterne qui se prend pour un général, mais ne maîtrise pas ses troupes; enfin le petit dernier qui ne comprend pas grand-chose et restera égal à lui-même." Je reprends volontairement mais à regret ce texte parce qu’il en dit bien plus sur ses auteurs et ses signataires que sur ceux qu'il tente de blesser. 

 

Je note aussi que les autres magistrats également auteurs du projet de budget 2015 sont curieusement épargnés par les grossiertés. Un reste de décence, ou un parti pris pour poser les bases, une fois de plus, d'une alliance contre nature qui bloquera Genève, comme elle le fait souvent sur le plan fédéral ? 

 

En insultant les Institutions et personnellement les magistrats en charge, en pourrissant systématiquement le débat politique, l'UDC démontre qu'il est le moins suisse des partis, contrairement à ce qu'il veut nous faire croire.