Et pourtant, elle tourne ! - Page 10

  • Ces Genferei font du tort a tout le Canton

    Quoi que l'on pense des débordements qui ont régulièrement lieu dans l'enceinte du Grand Conseil, mais aussi du Conseil municipal de la Ville Genève, ces esclandres ont un autre impact dont on a très peu parlé depuis vendredi : l'image de Genève à l'extérieur. Notre canton se pique d'être un centre des Droits humains, le second siège mondial des Nations-Unies, le lieu où se rencontrent les parties en conflit dans le monde pour trouver des solutions. La Croix-Rouge internationale, que j'ai servi pendant 17 ans dans toutes sortes de conflits, y est née. 

     

    Et nous, nous donnons le spectacle pathétique d'un élu vociférant et gesticulant au mépris de toutes les règles. Qui résiste à un ordre d'évacuation, avec la complicité physique de sa cour. Et pour des raisons futiles en regard des enjeux économiques et humains que Genève prétend abriter et arbitrer. 

     

    Et l'on est obligé de constater que le point commun de tous ces dérapages, c'est un même élu ou son Mouvement, que ce soit au Grand Conseil avec les dérapages connus et répétés, mais aussi au Municipal de la ville où un élu de son Mouvement s'était permis des paroles inqualifiables. Et il y en a d'autres du même tonneau dont on ne parle pas, c'est mieux pour la réputation de notre canton. 

     

    C'est l’image de Genève qui en souffre auprès de la communauté internationale hébergée ici mais aussi la crédibilité du Canton dans le reste de la Suisse et en particulier à Berne. Ca ne facilite pas la tâche de ceux qui doivent défendre les intérêts de la région aux Chambres fédérales et auprès de l'administration fédérale. Ca ne donne certainement pas envie à des Argoviens ou des Lucernois d'attribuer à Genève des fonds que Zurich réclame avec force et sérieux.

     

    Messieurs, il serait bon que vous y pensiez avant de déclencher des esclandres qui font beaucoup pour votre gloriole, mais beaucoup de mal à  cette Genève qeu vous dites aimer.  

     

     

  • Quand les caciques du MCG se moquent du Grand Conseil

    Ce vendredi soir, le Grand Conseil a vécu une sombre soirée. De débats obscurs où de vieilles barbes de la politique genevoise croyaient utile de refaire en plénière les débats qui avaient déjà eu lieu en commission, on est passé vers 23h à un presque-pugilat au moment où Eric Stauffer, toujours dans l’outrance et la provocation, a contraint le Président à prononcer son expulsion. Pathétique Duce éructant, hurlant et gesticulant, debout, au milieu de l’enceinte, le pourtant Conseiller administratif d’Onex et second vice-président du Grand Conseil a cru bon (mais pour qui et pour quoi, à part son ego démesuré) de jeter le Parlement cantonal dans les méandres du règlement intérieur. Il cherchait un prétexte et l’a trouvé quand le Président de l’Assemblée a mis un peu rapidement au vote l’un de ces multiples amendements sans cesse redéposé.

     

    Du grand Guignol dont on s’amuserait s’il ne s’agissait pas du cœur de nos institutions. Et ce même MCG nous explique à longueur de séances que les politiques ne s’occupent pas de ce qui intéresse les citoyens. Lui qui sabote les débats parlementaires à coup d’amendements répéritifs et de demandes de renvoi en commission déposés toutes les 5 minutes. Très loin d’un débat constructif sur l’avenir de notre Canton.

     

    Les ténors du MCG nous ont cette fois clairement démontré tout le mépris qu’ils avaient pour les institutions en s’opposant physiquement pendant de longues minutes à l’expulsion de leur président donneur (de leçons) pourtant prononcée par le Président du Grand Conseil dans le respect du règlement. On frémit à l’idée que ce parti puisse gagner encore en influence. Avec de tels personnages aux commandes, on peut craindre le pire pour notre démocratie. Si les choses n’étaient pas si graves, on s’amuserait presque de voir avec quelles précautions de Sioux et quelle mine contrite la petite dizaine de gendarmes, pourtant requis par le Président, ont procédé à l’expulsion du Vitupérant. A noter qu’il avait dix minutes auparavant déclaré qu’il était à la disposition des gendarmes, pour refuser d’obtempérer ensuite.  

     

    D’habitude, je n’aime pas les parallèles historiques, souvent abusifs. Mais la démonstration de ce soir me laisse penser qu’on n’est plus très loin de pouvoir se référer à des heures sombres de l’histoire européenne. A trop tirer sur la corde des institutions qui canalisent les débats, on finira par casser ce qui fait (ou à fait) la magie de notre fonctionnement démocratique.

     

    Je ne crois pas que ce soit cela qu'ont voulu tous ceux qui ont voté de bonne foi pour ce mouvement qui ne se montre ni Citoyen ni genevois. 

     

     

  • Comment j'aurais pu gagner Morat-Fribourg (enfin, presque)

    Morat-Fribourg est une course fantastique. Parcours charmant, à la fois historique et bucolique, tradition et histoire, excellente organisation. Mais... Il y a un mais : on est sans cesse dépassé par des dizaines de gazelles des deux sexes, c'est vexant et injuste. Je pense donc qu'il faudrait instaurer un classement "au poids" pour redonner une chance à ceux qui, comme moi, trainent sur 17,2 km un stock de protéines (et de lipides) qui n'est pas tout à fait indispensable à cet exercice. 

    Exemple (bien entendu pris au hasard) : un coureur de 105 kilos termine en 1h42'. Rien d'affolant a priori. Mais quand on rapporte ce temps au poids, ça veut dire 58 secondes au kilogramme. Ce temps, appliqué aux meilleurs coureurs qui pèsent habituellement autour de 55 kilos, équivaut à 54 minutes, soit largement de quoi finir dans les tout premiers. Je propose au comité d'organisation de réfléchir sérieusement à instaurer un classement au poids. 

  • Quand l'insulte tient lieu de message politique

    Communiqué choquant de l'UDC cet après-midi : déçus par le projet de budget 2015, ce qui est son droit, ce parti signe un texte dans lequel il démontre son mépris pour les institutions et attaque personnellement et de manière grossière les magistrats en charge. "Parlons de l'Entente, majoritaire: un président qui pontifie et plane, on se demande si ses pieds touchent encore terre; un ministre des finances qui peine à s'y retrouver dans le labyrinthe des comptes, compliqués, de l'Etat; un officier subalterne qui se prend pour un général, mais ne maîtrise pas ses troupes; enfin le petit dernier qui ne comprend pas grand-chose et restera égal à lui-même." Je reprends volontairement mais à regret ce texte parce qu’il en dit bien plus sur ses auteurs et ses signataires que sur ceux qu'il tente de blesser. 

     

    Je note aussi que les autres magistrats également auteurs du projet de budget 2015 sont curieusement épargnés par les grossiertés. Un reste de décence, ou un parti pris pour poser les bases, une fois de plus, d'une alliance contre nature qui bloquera Genève, comme elle le fait souvent sur le plan fédéral ? 

     

    En insultant les Institutions et personnellement les magistrats en charge, en pourrissant systématiquement le débat politique, l'UDC démontre qu'il est le moins suisse des partis, contrairement à ce qu'il veut nous faire croire. 

     

     

  • Blanc ou plus blanc que blanc ?

    La Suisse oscille constamment entre opportunisme et autoflagellation. Petit pays neutre, travailleur, stable et bien géré, bien situé au coeur d'un continent développé et pour l'instant pacifié. Nous avons dans le passé bénéficié de tous ces avantages hérités mais aussi gagnés par le talent, le travail et l'habileté. Voila pour le côté opportuniste et méritant. 

    Puis vient l'autoflagellation. Sous diverses influences, parfois moralisantes, parfois honnêtes, parfois cyniques et pilotées par nos concurrents, eux-mêmes pas exempts de tout reproche, nous avons tendance à ne voir chez nous que ce qui est discutable. A jeter avec l'eau du bain le bébé que ces concurrents, postés sous nos fenêtres, veulent nous voir jeter pour mieux le récupérer pour leur propre bénéfice. 

    Qu'il s'agisse de la fiscalité internationale, de l'industrie financière, du commerce ou la production de matières premières, je pense qu'il faut aller vers plus de justice et limiter les abus qu'un certain libéralisme dévoyé peut engendrer. J'entends par là, le libéralisme qui a oublié que liberté n'allait pas sans responsabilité. Par contre, il serait idiot de saborder naïvement des secteurs entiers de notre économie pour les voir repris sans aucun scrupule par nos concurrents chinois, étasuniens ou même européens.  

    Avancer, oui, mais pas n'importe comment.

  • Petite traversée, grosse bêtise

    Même si on peut comprendre le sentiment d'exaspération qui pousse certains à souhaiter le succès de l'initiative pour une traversée de la Rade, il faut sérieusement évaluer les conséquences dramatiques d'une éventuelle acceptation: plomber un peu plus les finances de l'Etat, repousser de 6 ans des investissements indispensables, on l'a dit. Tout aussi grave, un oui réduirait à néant les chances du bouclement autoroutier de Genève. 

    Mais il y a aussi les conséquences pour les deux rives : même les très belles projections du TCS et le travail sérieux effectué par cette organisation ne me feront croire que les deux rives de pourront digérer les milliers de voitures supplémentaires que le tunnel va amener en ville. Ce sera l'enfer. Et puisque les bouchons ne pourrons pas s'accumuler dans le tunnel, ce sont les quartiers périphériques qui auront à stocker tous les véhicules qui cherchent à traverser. Si l'on peut attendre en effet un léger mieux sur le pont du Mont-Blanc et le début des quais, ce sera infernal plus loin.

    Tout ça pour un "coup" que l'UDC veut réussir à tout prix. Tout ca pour traverser la Rade à la nage, un weekend de campagne 2013 en petit maillot de bain blanc. Politique du lycra, politique à court terme. Les principes de la démocratie nous disent que c'est leur droit de se battre pour cette mauvaise solution. Mais comme le 9 février, on pourrait bientôt se retrouver avec un très mauvais projet que même ses initiants ne voudront pas appliquer.  


  • Assurance maladie et réserves

    Au départ d'un assuré, les caisses maladie conservent les réserves constituées pour assurer le paiement des prestations pendant son temps de cotisation. Ces réserves bénéficient aux autres assurés, qui restent, quel que soit le temps qu'ils ont contribué à les constituer eux-mêmes. 

    L'assuré migrant aura lui à assumer la situation de sa nouvelle caisse, aux primes basses qui devra augmenter ses cotisations afin de créer des réserves pour ses nouveaux assurés. Et si les assurés changeant de caisse voyaient leurs réserves les suivre ? La concurrence se ferait donc sur l'efficacité administrative des compagnies d'assurance maladie et non sur l'attrait de primes qui varient en fonction de l'état de santé général et futur des assurés de chaque caisse. 

  • Assurance maladie et concurrence

    Le système de concurrence voulu par le législateur implique-t-il que je change de caisse maladie chaque année afin d'opter pour la plus avantageuse ? Faut-il que chacun le fasse ? Qu'adviendra-t-il de ceux qui ne peuvent pas effectuer ce changement administratif chaque année ? Parce qu'ils ne seraient pas admis dans une autre caisse ou parce qu'ils ne savent pas comment faire. Et ceux qui, comme moi, pensent avoir mieux à faire de leur temps que d'effectuer de fastidieuses acrobaties administratives chaque année ? Est-il légitime de récompenser l'agilité administrative des assurés et de pénaliser les autres ? J'ai un doute.

     

  • Vendre ou consommer

    On entend parfois dire qu'un Etat ou un privé brade ses entreprises. D'autres leur patrimoine historique ou économique. Il y a souvent erreur sur les termes. En soi, vendre ou acheter ne veut pas dire consommer ou dépenser dans le sens où on l'entend dans la vie courante. Vendre, c'est obtenir pour un objet défini, une contrepartie financière ou non, selon la valeur de l'objet à un moment donné. On oublie souvent que les vendeurs, qu'il s'agisse de privés ou de l'Etat, ne sont pas dépossédés mais disposent, du fait de la vente, de moyens qu'ils n'avaient pas avant et dont ils sont libres de faire quelque chose d'utile et / ou de profitable. 

    La vente peut poser problème par 1. l'impact sur les employés (s'il s'agit d'une entreprise), 2. des conséquences pour la sécurité nationale (secteur stratégique), 3. la perte affective (s'il s'agit d'un objet ou d'une entreprise historique) 4. les mauvaises conditions de la vente, notamment si elle est forcée ou intervient au moment où le marché est au plus bas.   Dans cette dernière hypothèse, il peut avoir bradage. Pour le reste, une vente donne aussi au vendeur les moyens de ses ambitions, s'il en a. 

  • Chère coupe !

    Mais pourquoi un Championnat du Monde de football doit-il absolument se dérouler dans 8 ou 12 stades neufs ? Est-il raisonnable de construire de zéro des installations et des transports juste pour 64 matches, surtout si la compétition a lieu dans un pays où de grands clubs jouent régulièrement un championnat de haut niveau dans de grands stades ? N'est-ce qu'une question de loges VIP, du nombre de journalistes, de prestige et finalement de sponsoring ?

    S'il est absurde d'attribuer un Mondial à un pays comme le Qatar qui n'a aucune tradition de football et doit tout construire, les dépenses engagées au Brésil sont incompréhensibles. Ca le serait même dans un scénario sans corruption. Il semble qu'on en soit loin.