21/03/2014

Vladimir Poutine a-t-il vraiment gagné ?

En apparence, le président russe à gagné. La Crimée retrouvera la place qu'elle avait dans la première orbite russe avant son rattachement à l'Ukraine en 1954. Mais, comme le dit très bien le journaliste Eric Hoesli, spécialiste de la région depuis plusieurs décennies, le camp "pro-russe" d'Ukraine a perdu un peu plus d'un million de votants. Les votes et élections ont désormais toutes les chances d'y tourner en défaveur de Moscou. Et, au vu de ce qui s'est passé en Crimée, l'Ukraine aura d'autant moins de scrupules à s'approcher de l'UE et de l'OTAN, ce qui est exactement ce que le Président voulait éviter. 

Sans parler des diverses sanctions prises et à prendre contre la Russie ou certains de ses responsables, la situation économique n'est pas bonne. La bourse est au plus bas depuis 2009 malgré un petit rebond, les investisseurs vont hésiter à s'y aventurer, l'économie dépend exagérément des exportation de gaz et de pétrole. Plus largement, la démographie y est mauvaise. 

Finalement, si personne n'est vraiment gagnant à l'issue de cet épisode, qui n'est peut-être pas tout à fait terminé d'ailleurs, la Russie pourrait bien sortir comme la vraie perdante de ce bras de fer au léger fumet de Guerre froide, même si cette page semble, elle, bel et bien tournée.

09/03/2014

"A 10 mètres !"

Pour terminer le weekend sportif, un petit billet léger. Comment en finir avec les incessantes réclamations des joueurs de football contre (presque) toutes les décisions arbitrales ? A part travailler en amont avec les formateurs et les plus jeunes joueurs, je ne vois qu'une solution, drastique mais extrêmement simple. Elle s'inspire d'un sport dont j'adore l'état d'esprit qui subsiste fort heureusement même après une dizaine d'années de professionnalisme. C'est l'arme absolue dans les mains de l'arbitre : "A dix mètres !" Chaque fois qu'une équipe ou une partie d'équipe discute une décision ou refuse de se reculer aux 10m réglementaires pour que le jeux puisse continuer, l'arbitre peut faire reprendre le jeu 10m plus en avant. Dans le plus extrême des cas, cela se termine dans la propre zone d'en-but de l'équipe indisciplinée et il y a essai. Fin de la discussion et début du jeu dans un état d'esprit positif. 

Est-ce un hasard si le rugby ne connait pas le phénomène du hooliganisme, qu'on n'y a jamais vu de grillages autour d'un terrain, si les supporters sont mélangés toutes couleurs confondues et non parqués séparément comme des fauves dans des zones fortifiées. Et on a jamais vu de compagnies de robocops passés leurs samedis ou dimanches en standby autour des stades pour gérer les flux de pseudo-supporters.

Au moment où l'on parle de la création d'une grande équipe de rugby à Genève qui pourrait tenter de jouer dans le championnat de France professionnel, cela fait réfléchir. 

26/02/2014

La démocratie des pseudos

A bien observer les commentaires aux blogs et aux articles de la TdG, il est intéressant de constater à quel point la violence des propos semble liée au fait qu'ils ne sont visiblement pas signés du vrai nom de leur auteur. Internet le permet et je veux bien croire que l'éditeur serait capable, si besoin, d'identifier tous les auteurs de contributions. 

Mais la plupart des commentaires incendiaires de ces derniers jours se gargarisent de démocratie, de son respect, de la volonté du peuple qu'il ne faut pas contrarier. Si l'exercice de la démocratie sous nos latitudes garantit heureusement le secret du vote, le débat politique, dans un Etat de droit comme le nôtre exige à mon avis que chacun assume ses opinions sans se cacher derrière des pseudos plus ou moins assumés.

N'y aurait-il pas là une petite contradiction ? Pour ma part, j'ai répondu à cette question en ne publiant que ce que je peux assumer. 

 

23/02/2014

Révolution et ouverture à Kiev

Ce samedi à Kiev, les Ukrainiens viennent de faire une révolution extraordinaire. De maturité, de sincérité, de dignité et d'ouverture. Indignés par la gloutonnerie du clan Ianoukovitch, devenu le plus riche du pays en trois ans, ils ont pris d'assaut la résidence ubuesque mais n'ont pas cédé à la colère : pas de pillage, pas de destruction. Il voulaient juste constater. Les choses ne se sont pas toujours passé ainsi lors des derniers Printemps et autres révolutions colorées ou fleuries.

Il reste cependant un grand danger : l'Est du pays pourrait être tenté par une aventure séparatiste, pour autant que certains agités se laissent séduire par des promesses poutiniennes plus ou moins ouvertement exprimées. Un soutien russe pourrait lancer cette fois non plus une révolution mais une vraie guerre civile. Espérons que les nouveaux responsables à Kiev sauront tendre une main sincère à leurs frères russophones de l'Est et que la grande Russie restera encore quelques jours toute à la clôture de ses estivaux Jeux d'hiver et à la célébration d'un beau triplé dominical de ses skieurs nordiques.

Et constatons finalement que les motivations des héros de Maidan sont plutôt tournées vers l'extérieur alors que ce qui semble avoir fait "bouger" une petite majorité de nos concitoyens à nous est plutôt l'erection de nouveaux murs législatifs, les murs mentaux étant déjà en bonne voie d'achèvement. Le grand Friedrich Durrenmatt l'énonçait déjà dans son fameux discours prononcé à Ruschlikon le 22 novembre 1990 lors de la remise du Prix Gottlieb Duttweiler au grand Vaclav Havel : les Suisses se sont réfugiés dans une prison dont ils sont à la fois les gardiens et les détenus. Les leçons des grands hommes sont éternelles. 

Et pour terminer, il faut saluer l'excellente couverture des événement de Kiev par France Inter. L'émission spéciale de samedi 22 février entre 19 et 20h était un modèle du genre. Correspondants sur place, intervenants de haute tenue tant à Moscou qu'à Kiev, Berlin et Paris. La radio reste un média extraordinaire quand elle se situe à cette altitude. 

17/02/2014

L'UDC devra rendre des comptes

Quand on lit ce qu'écrivent sur Facebook et ailleurs ceux qui se réjouissent encore du résultat du vote du 9 février, on peut douter qu'ils sachent vraiment ce qu'ils ont voté, ce que cela implique. Quand on lit la violence des arguments, le racisme visqueux qui suinte de certaines interventions, la haine qui irrigue souvent les arguments, on comprend que beaucoup ont donné un simple coup de gueule. C'est normal et compréhensible. Ce n'est pas nier la démocratie ni les considérer comme des imbéciles que de le dire. Nous votons tous sur la base de recommandations, de prises de position, d'impressions, d'expériences, voire de croyances, parfois d'impulsions plus ou moins réfléchies. Cette violence des partisans est d’autant moins justifiable que l’initiative est pleine de défauts, mais elle n’est pas raciste. Elle est nationaliste, récessive, excluante, mais pas raciste.

Dans le cas qui nous occupe, le grand responsable de ce qui est en train de se produire pour la Suisse est, et restera l'UDC et ses soutiens. La mauvaise humeur manifestée par l’UE est une chose, mais ce n’est pas la principale. Le pire, c’est l’incertitude que ce parti et ses suiveurs vont faire tomber sur la Suisse et sa partie actuellement le plus dynamique : la Suisse romande. Ce que l’UDC ne veut et ne peut pas dire, c’est que ses thèses se nourrissent surtout de ce qui ne va pas. Une région qui va bien lui est intolérable (il y a des problèmes, connus et combattus, mais elle va bien). Il lui faut donc amplifier le trouble, encourager la crise, casser les liens fructueux tissés avec patience depuis 1992, sans jamais le dire vraiment. L'UDC devra donc rendre des comptes, sur le plan politique, bien entendu. 

Ce n'est pas nier la démocratie que de le dénoncer mais au contraire la renforcer : quand on appelle le peuple à voter une initiative, la moindre des choses est d'assumer ses choix et ses thèses. Et continuer de les combattre, comme je le ferai ne veut pas dire qu'on rejette cette démocratie, bien au contraire. C’est justement avoir foi en elle.

 

 

11/02/2014

Oui, il y a paradoxe, et plus d'un

Le vote sur l'immigration nous a jeté non pas dans un, mais dans plusieurs paradoxes :

Celui que j'ai développé hier : c'est à ceux qui l'on combattue qu'il reviendra principalement de limiter les dégâts qu'elle causera, donc de limiter le tort que les initiants font à la Suisse, voire, dans le meilleur (le pire des cas) de contribuer à leur donner "raison". 

Paradoxal aussi que les partisans se retrouvent plutôt dans les cantons qui ne souffrent pas d'un afflux d'immigration. 

Paradoxal encore que les isolationnistes se trouvent principalement dans les cantons qui bénéficient largement de la péréquation intercantonale, alimentée par la prospérité due à une économie qui gagne un franc sur deux à l'exportation. 

Paradoxal que le besoin de sécurité ou de réassurance qui a motivé les partisans de l'initiative va justement nous jeter dans une période d'incertitude intérieure et extérieure.

Paradoxe encore que les vainqueurs du jour, qui vilipendent à longueur de journée "les politiques", viennent leur demander maintenant ce qu'ils comptent faire...

En démocratie, on fait le pari que le peuple a le dernier mot et donc qu'il a raison. C'est un axiome. Par contre, rien ne dit qu'il prenne toujours de bonnes décisions. On peut donc avoir raison et ... se tromper.

10/02/2014

Des leçons et un énorme paradoxe

Il y a plusieurs enseignements à tirer du vote de ce weekend et un énorme paradoxe.

Tout d'abord, noter que notre système démocratique est extraordinaire. On ose débattre de tout (parfois de rien), puis le peuple vote, ce que la plupart de nos voisins ne font pas. Nous pouvons en être fiers.  

Puis constater qu'il y a plusieurs Suisse : celle dessinée par les régions linguistiques mais surtout le fossé qui sépare les villes des campagnes. Une Suisse confiante et une Suisse méfiante. Celle de ceux qui sont en charge de faire fonctionner le pays avec la part de compromis parfois douloureux que cela implique et ceux qui s'offrent le plaisir de coups de gueule dont d'autres devront gérer les conséquences. 

C'est là que se trouve l'énorme paradoxe : il reviendra à ceux qui se sont le plus engagés contre l'initiative de gérer les conséquences de son acceptation. Sauf à jouer la politique du pire, ils seront contraints de se battre pour donner raison aux initiants qui affirment que l'on peut tout renégocier avec l'UE et que l'initiative va faire du bien à notre pays. C'est certainement ce profond malaise qu'a voulu exprimer assez logiquement le PLR suisse en proposant de confier à M. Blocher le soin l'aller négocier à Bruxelles les suites de son initiative. Un Blocher qui, il n'y a pas si longtemps, ne jurait que par une voie bilatérale qu'il saccage actuellement. 

27/11/2013

Plainpalais : dent creuse, esthétique et logements en Ville

Sans connaitre la totalité du dossier, il faut bien avouer que les blocages auxquels on semble être arrivé au Rond-Point de Plainpalais est navrant : deux façades hideuses qui n'ont visiblement pas été destinées à l'embellissement du quartier, un bâtiment de deux étages seulement à rénover, trois ou quatre étages à construire et des logements à créer alors que des milliers de Genevois cherchent à se loger.

Le citoyen ne comprend pas. La CMNS serait-elle une fois encore en train de bloquer toute évolution en ville par étroitesse d'esprit ? Tel que nous le montre la TdG du 27 novembre, le résultat visuel et chiffré de ce nouveau blocage n'est-il pas pire que tous les maux que les oppositions diverses prétendent chercher à éviter ? Je ne doute pas que le Département de l'Urbanisme saura faire avancer le dossier, avec tact et dans l'intérêt général. 

03/10/2013

Quel Grand Conseil voulons-nous ?

Le nouveau Grand Conseil promet d'être encore moins stable que l'actuel, la logique à trois blocs risque d'en prendre encore pour cinq ans. Les partis ou mouvements sans propositions réalisables et sans relais à l'exécutif pourraient y être encore plus fortement représentés avec l'entrée possible de EaG.

Il faudra donc une force stable, lucide et ancrée dans les réalités genevoises, capable de construire des ponts vers les autres pour réaliser des projets souvent déjà en cours (logement, programme carcéral, reforme de la police, adaptation de l'imposition des entreprises au contexte international et national, efficacité de l'Etat). Une force pour appuyer des Conseillers d'Etat compétents sur leurs dossiers.

Ferez-vous confiance à ceux qui font profession de hurler leur détestation des frontaliers, des étrangers, des riches, ou à ceux qui récupèrent sans scrupule les crimes tragiques pour faire leur communication électorale ?

Voulons nous donner aux partis qui ne montrent rien d'autre que leur hargne contre les autres le pouvoir de bloquer les choses encore plus au Grand Conseil ? Voulons-nous donner encore plus d'importance à ceux qui monopolisent le micro et bloquent l'examen des vrais projets par leurs demandes répétitives et opportunistes ? 

Pour que le Grand Conseil cesse de pérorer, donnez la parole ceux qui veulent vraiment chercher des solutions applicables avec tous ceux qui veulent faire avancer les choses. 

Je veux y contribuer et pense avoir les compétences pour le faire. 

Rolin Wavre,

candidat PLR au Grand Conseil

01/10/2013

Circulation : le respect, ca change la route !

Autopsie d’une cohabitation difficile.

Le cycliste est vulnérable, il se sent vulnérable, ses membres et sa tête lui servent de pare-chocs. Dans le trafic, il est sur ses gardes, parfois sur les nerfs car il se sent souvent menacé, en particulier quand il doit se frayer un chemin entre les automobilistes qui sont, il faut le dire, en majorité plutôt corrects. Mais pas tous. Et il suffit d’un seul conducteur imprudent, agressif ou maladroit pour l’envoyer au tapis. Et là, ça fait toujours mal, très mal. Il y a aussi la peur de voir l’arête d’une portière qui s’ouvre brutalement devant lui. Une frayeur vécue que je ne souhaite à personne. A la Jonction, l’actualité récente nous a donné un exemple tragique du danger qu’il peut à avoir à rouler à vélo.

Pourtant, le vélo est un mode de transport doux et bon pour la santé. Si seulement nous avions à Genève des pistes cyclables plus cohérentes et séparées du trafic général. Ce serait mieux pour tout le monde, cycles et trafic motorisé. Il faut y travailler, l’initiative 144 adoptée en votation populaire le 15 mai 2011 l’exige.

Mais le cycliste peut parfois être une source de danger ou de stress pour d’autres, en particulier les piétons, mais aussi pour les automobilistes et les transports publics qui les voient surgir là où ils ne les attendent pas (ou ne les entendent pas). En tant que pratiquant fervent et régulier, je regrette le comportement de certains qui se croient autorisés à rouler sur les trottoirs ou dans les rues basses, à frôler les piétons et à exiger le passage alors qu’ils n’y ont pas un droit exclusif.

De leur côté, les piétons se jettent trop souvent de manière inconsidérée sur les passages protégés ou en dehors, négligeant complètement l’arrivée des cyclistes silencieux ou même des véhicules à moteur.

Sauf à les séparer totalement, piétons, cyclistes et trafic motorisé n’ont d’autre choix que de cohabiter. Autant que ce soit dans le respect les uns pour les autres. D’importants efforts de sensibilisation doivent être faits par et en direction de tous les acteurs de la mobilité, publics, privés et associatifs. En dernier recours, les infractions les plus flagrantes doivent être sanctionnées.

C’est pour cela que je veux me battre, avec mon ami le député Patrick Saudan, au Grand Conseil mais aussi dans notre activité militante, pour que la vie et les déplacements à Genève soit plus harmonieux et respectueux de l’Autre.

 

Membre du Comité de Pro-velo, des Comités directeurs du PLR genevois et suisse

Candidat au Grand Conseil