06/04/2017

Nouvelle dérive de Trump l'incohérent

Dernier délire de Trump et sa bande d'allumés : faire cracher à tous les visiteurs étrangers le contenu de leur portable, les codes d'accès de leurs comptes Facebook, Google et autres réseaux sociaux. Cette fois c'est clair : je ne mettrai plus les pieds dans ce pays gouverné par un dingue, démocratiquement élu, c'est vrai. 

Quand on pense que ce président qui veut imposer la transparence totale aux étrangers entretient la plus grande opacité sur son propre business, patauge jusqu'à la taille dans les conflits d'intérêts et refuse de rendre publique sa déclaration fiscale. Comme incohérence, on peut difficilement faire mieux.

Quand les Américains se réveilleront-ils ? Ou plutôt la majorité encore silencieuse. Parce qu'une partie des Américains est déjà entrée en résistance. Le tirage des journaux d'investigation est en hausse, les manifestations continuent. Tout espoir n'est pas perdu que l'ancien Pays de la Liberté évite le virage dans l'obscurité. 

23/03/2017

La classe ces Anglais !

Après l'attentat de Westminster, les Anglais ont été remarquables. Politiques, médias, commentateurs : solidarité et détermination absolue. Comme pendant les années du Blitz quand Hitler leur balançait ses V2 sur la tête chaque nuit. La classe. Chapeau MM. les Anglais. Avec des réactions de ce calibre, les terroristes n'ont strictement aucune chance de gagner parce qu'ils n'ont aucune cause, si ce n'est le martyre. En fait, un suicide d'un égoïsme abyssal. 

En France, on aurait commencé à polémiquer et s'accuser d'avoir mal protégé les citoyens. Exactement ce qu'ont fait une partie des candidats à la présidence et surtout leurs partisans après l'attentat dans une école à Grasse. 

Et cette polémique stupide sur l'état d'urgence. Je suis personnellement convaincu qu'il aurait fallu le lever il y a bien longtemps, quitte à le ré-instaurer si nécessaire. Maintenir les forces en alerte maximale pendant des mois, voire des années, c'est totalement absurde pour plusieurs raisons sur lesquelles je reviendrai demain. Mais avant tout, des forces en alerte permanente atteignent rapidement un état de fatigue qui les rend inefficaces. 

02/03/2017

Nucléaire militaire : la tête ou les hormones ?

Il est de bon ton de se moquer de la diplomatie multilatérale, qui, entend-on souvent, "n'arrive à rien". Dans le domaine nucléaire, c'est tout le contraire. Depuis les sommets de tension atteints dans les années 60' au cours des crises de Cuba, on a fait bien des progrès, grâce à des hommes intelligents, courageux et réfléchis, comme le rappelle utilement Le Temps dans un article du 27 février 2017. Il arrive que les résultats les plus positifs soient totalement invisibles, en tout cas pour l'observateur non averti. Le citoyen devrait simplement constater que depuis 1945, une dizaine de puissances ont les moyens techniques de déclencher une guerre nucléaire mais qu'aucune ne s'est aventurée sur cette voie. Les efforts de la diplomatie multilatérale n'y sont pas pour rien. Parmi d'autres, le traité START de réduction des armes stratégiques a permis de diminuer le nombre de têtes nucléaires et de missiles chez les deux principales puissances. 

Les menaces du président Trump contre la diplomatie et sa pratique du tweet incendiaire matinal sont inquiétantes. Laisser à un seul homme, impulsif et peu au fait des mécanismes internationaux existants, le pouvoir sur le Bouton rouge est lourd de menace, d'autant plus quand on réalise que le peu nuancé conseiller-gourou Bannon a été promu au Conseil National de Sécurité en même temps que des militaires en étaient exclus. Ce n'est pas non plus un hasard si une brochette de généraux US ont récemment prié le président Trump de ne pas couper les crédits à la diplomatie américaine. Ils savent, eux, par métier, que la guerre n'est pas une plaisanterie. Le monde à l'envers ? A mon avis, pas tant que ça, si fait fonctionner sa tête (non-nucléaire) au lieu de ses seules hormones. 

05/01/2017

Réfugiés : échanger les rôles, juste pour voir !

SY 3.jpgAvant de donner son avis sur un sujet, il est intéressant de se mettre à la place de l'autre. Utile et enrichissant. Lors d'une séance de conseil municipal, j'ai du rappeler à l'assemblée que les réfugiés syriens qui fuyaient Alep ne devaient pas seulement être vus comme un problème pour nous (ce qu'objectivement il sont aussi, car faire face à un afflux important et non souhaité n'est effectivement agréable pour personne). Avant de se prononcer, il est instructif de se mettre un instant à leur place. Faisons un petit exercice d'imagination. 

Genève et la Suisse romande sont attaquées et la ville assiégée depuis presque cinq ans par des forces lombardes, alliées aux alémaniques, chaque jour bombardés par l'aviation française. Plus d'autorités, des milices, du gaz et des barils d'explosifs sont largués sur la ville. Plus de vivres, les HUG ne fonctionnent plus, pas plus que la Colline, la Tour. Il ne reste qu'un dispensaire à Carouge et un autre aux Eaux-Vives. Quelques dizaines de policiers sont restés, sans moyens, sans véhicules ni essence. Il n'y a plus de Conseil d'Etat ni d'autorités cantonales. Pierre Maudet, Sandrine Salerno et quelques conseillers administratifs fonctionnent encore, avec les moyens du bord et des vestiges d'administrations publiques. On peut toujours quitter le canton via Ferney et Gex, le Jura en direction de Montbéliard, puis l'Alsace et la Belgique. S'entasser là dans des camps de fortune ou prendre le risque d'embarquer pour l'Angleterre ou l'Afrique du nord. 

Nous devons prendre la décision de faire ou non ce voyage dangereux, sans presque rien emporter, avec un flot d'autres réfugiés, dans le froid, voyant nos enfants périr d'épuisement, sans soins, rejetés dans des camps par la marine de Sa Majesté ou bloqués par des murs de barbelés installés près des côtes du Maroc et d'Algérie. Hostilité des populations tout le long de la rouge, pas enchantées de nous voir passer. Des gouvernements rendus exsangues par la crise économique. Dans quel état d'esprit serions-nous à l'arrivée dans un pays riche et bien équipé, en paix, avec un taux de chômage de 6%, (3,5% au plan national), un budget excédentaire et de gros moyens matériels et logistique. Fin de l'exercice d'imagination. 

SY raqua.jpgParmi les réfugiés, il y a aussi des éléments douteux, migrants économiques. Sans scrupules ni respect, dangereux comme ceux qui ont sévi à Cologne au Nouvel An dernier. Ou issus des milieux de la délinquance nord-africaine qui s'est incrustée dans nos villes. Pour ceux-là, pas d'asile ni de complaisance. Mais la présence de quelques moutons noirs justifie-t-elle de rejeter tous ceux qui ont fui leur ville pour sauver leurs enfants. Si on a fait l'effort de se mettre à leur place un instant, les rejeter sans examen aucun devient difficile à justifier. 

03/01/2017

L'abjection sans réaction.

La Russie inquiète. Pour les positions bellicistes du président Poutine, c'est un aspect. Mais ce n'est pas vraiment nouveau. Des leaders qui profitent des faiblesses ou de la désunion de leurs adversaires, c'est un grand classique. Les civils de Syrie et d'Ukraine en paient la facture, mais la Russie n'est de loin pas seule responsable. 

Non, ce qui est inquiétant, c'est ce qui se passe à l'intérieur. Le délire homophobe d'un certain Boulatov qui dénonce, expose publiquement et pousse à la démission des enseignants homosexuels. C'est infâme, contraire à tout principe de l'Etat de droit. Mais le pire, c'est que personne en Russie ne semble trouver cela choquant. En tout cas pas les autorités ni les religieux. L'intolérance gagne, dans une sorte de grand vent de conservatisme rance, de stigmatisation sous prétexte de soi-disant "morale". Un salmigondi de religion sous ses pires aspects d'intolérance et de haine. La même chose se produit en Afrique où les hommes (surtout eux) semblent prendre un malin plaisir à torturer autrui sous prétexte de tradition, de croyances et de religion mêlés. Excision, mariage forcé, lapidation pour adultère (des femmes seulement, chacun sait que les femmes commettent l'adultère toute seules) ou chasse aux gays. Même les albinos sont pourchassés. Que fait l'Etat, que font les religieux quand ils ne sont pas eux-mêmes à la manoeuvre de ces abominations ? La nausée. L'année commence bien. 

https://www.letemps.ch/monde/2016/12/28/cet-activiste-russe-traque-enseignants-homosexuels

 

27/12/2016

Comment répondre au terrorisme ?

Que veulent les terroristes, Daesh et les autres ? Nous terroriser et nous empêcher de vivre comme nous l'avons choisi. Comment leur répondre ? Ne pas être terrorisés, ne pas le montrer ou faire comme si on ne l'était pas, selon ses possibilités. C'est la seule réponse possible. Toutes les autres ne sont que capitulation et lâcheté.

Ce que certains nous suggèrent : nous laisser dévorer par la haine, banaliser l'insulte et répartir l'humanité entre "ils" et du "nous". Trop facile, ça rassure mais c'est simplement faux, ou faussement simple. De nos jours, la société de l'information et internet offrent très (trop) facilement à des résistants de pacotille la possibilité de répandre leurs haine bien à l'abri derrière le douillet anonymat de leur écran d'ordinateur. Ils tombent dans le piège des extrémistes.

Et ne pas oublier que la rancoeur généralisée fait le bonheur de plein de monde : les terroristes eux-mêmes qui aimeraient nous voir devenir comme eux, amers, sans espoir sur cette terre et sans amour. Mais aussi quelques simplistes qui nous souhaiteraient à leur image, avec une vision binaire : les bons (nous) et les méchants (eux).  Que ce "nous" soit blanc, chrétien, du nord, européen ou simplement riche ne change pas grand-chose. 

Complotistes, racistes ou même alarmistes, ce sont tous des alliés objectifs des terroristes.

Comment réagir ? Simplement, se demander ce que les terroristes voudraient nous voir faire et agir exactement à l'inverse. Très simple à dire. Et à faire parce qu'il ne devrait pas y avoir d'alternative. Aucune. 

 

13/10/2016

En France, le temps de la petite présidence

Le président Hollande s'épanche pendant des heures avec des journalistes au lieu de travailler. Il expose sans vergogne ses doutes et multiplie les petites phrases sans autre contenu que le plaisir de les faire. De la toute petite politique. Buisson trahit Nicolas Sarkozy en révélant une partie de ses sorties d'une vulgarité sans nom. D'une manière différente et par des canaux distinct, ces deux personnages abaissent la fonction présidentielle et salissent la politique. Ils ne sont pas les seuls, d'autres commettent des crimes et délits plus graves en cours de mandat. Mais ils sont porteurs d'une charge symbolique forte. Que l'on est loin d'un De Gaule ou même de Giscard ou Mitterrand ! 

On semble être entré dans l'époque des petites présidences, qui n'a rien n'a voir avec le physique du titulaire. Comment résister ensuite aux accusations du "tous pourris" ou des "ça ne sert à rien" ? Tout cela fait le jeu de l'abstention ou des plus extrêmes.

Et stratégiquement, quand un président en fonction expose ses doutes sur sa propre stratégie, même un enfant de 5 ans jouant aux billes saurait qu'une stratégie, on la garde pour soi. Il est donc urgent que ces deux-là dégagent. Qu'il puissent simplement envisager sérieusement de se représenter, l'un comme l'autre, est en soi assez effarant. 

16/08/2016

Un T-shirt, ça peut aussi aller, non ?

Je n'aime pas le burkini. Ce vêtement entre en conflit avec les normes vestimentaires habituellement acceptées dans nos régions, avec d'autant plus de violence qu'il est très souvent noir. Il ne viendrait à l'idée de personne d'aller de baigner en bikini sur une plage saoudienne, sans vouloir faire de la réciprocité une règle absolue. L'interdire ou non est une question d'opportunité politique : cause-t-il un tel problème à l'ordre public qu'il faille régler la question d'une manière aussi invasive ? A voir de cas en cas.

Par contre, les baigneuses que le maillot de bain tel qu'il est porté en Europe indispose peuvent parfaitement porter un cycliste aux genoux et un T-shirt par dessus leur maillot sans que personne ne s'en offusque. Nombreux sont les baigneurs qui veulent simplement se protéger d'un soleil de plus en plus agressif. Négliger cette solution "douce" revient à imposer à une région un code vestimentaire qui ne lui est pas naturel. C'est d'autant plus étonnant que le Moyen Orient dont viennent la plupart de ces personnes est très sensible aux questions d'hospitalité, de coutumes et de respect. 

Finalement, en tant qu'homme, je me sens collectivement offensé à l'idée que le corps d'une femme doive être protégé de mes instincts ou de mes regards. Serai-je donc tellement dangereux et incapable de me contenir à leur vue ? 

 

20/06/2016

Brexit : seniors take it all ?

Intéressant de constater que les partisans du Stronger In, soit de rester au sein de l'UE, se trouvent surtout parmi les jeunes, les habitants des villes et, pour des raisons différentes, en Ecosse. D'accord, la démocratie, c'est bien une voix à chaque électeur. Mais sur une décision qui engage tant l'avenir d'une nation à l'horizon 20 ou 30 ans, n'est-il pas préoccupant de voir que ceux qui ne seront en bonne partie plus là à cette période vont peser d'un poids déterminant ? Ne faut-il pas s'inquiéter de ce qu'un sentiment de nostalgie pour une époque qui n'est plus et ne sera plus jamais pousse tant de personnes à couper leur jeunesse et les populations urbaines de leurs liens politiques et économiques avec le reste du Continent ?

Choquant de sembler donner un poids prépondérant aux voix de la jeunesse ? Juridiquement oui. Mais ne se plaint-on pas souvent de ce que la politique est faite pas des hommes âgés. Si c'est vrai dans les Parlements et Conseils, ça doit bien avoir un fond de vérité dans un vote référendaire...

18/02/2016

Etat d’urgence perpétuelle ?

La prolongation de l’Etat d’urgence en France me paraît être à la fois une erreur et un contresens. Instauré dans la nuit du 13 au 14 novembre après les attentats qui ont frappé Paris, il devait permettre aux forces de sécurité de frapper un grand coup contre une menace terroriste extraordinaire. Avec certains effets initiaux et des facilités accordées aux forces de sécurité. De l’avis général, cet effet, de surprise, a été utile mais son efficacité s’est depuis lors largement dissipée.

La prolongation est un contresens et en même temps un aveu de faiblesse. Nous avons tous dit que pour faire face aux terroristes et leur nier la victoire, il était nécessaire de reprendre une vie normale et ne pas abdiquer nos plaisirs et nos libertés. Maintenir un état, par définition exceptionnel, c’est une fausse politique qui donne les mauvais signaux. Volonté de « rassurer » ? Là aussi, c’est à mon avis raté. Volonté de « se couvrir » ? Pour éviter l’accusation de légèreté si quelque chose devait se produire ces prochaines semaines ? C’est encore une faute, parce qu’il se produira forcément quelque chose, tant que les causes et le vivier de ce terrorisme n’aura pas été asséché.

Il faut au contraire sortir de l’Etat d’urgence, quitte à y revenir plus tard si la situation devait l’exiger. Parce que le prolonger veut aussi dire qu’on est incapable d’apporter au dispositif normal les ajustements nécessaires, de tirer les leçons des précédents attentats, des ratés de la sécurité, des failles dans la détection et le traitement des alertes.

Y a-t-il encore derrière cette paralysie une guerre des polices ou des services, ou simplement l’insigne faiblesse d’un gouvernement qui consacre toute son énergie à se positionner en vue des présidentielles de 2017 ? Je crains que ce soit un peu de tout ça.