25/04/2017

Clip SUVA : indigne et inutile

En produisant un clip qui désigne le cycliste comme un cinglé qui roule comme un dingue, se prend une voiture en pleine figure et meurt (c'est bien fait, il n'y que ce qu'il mérite), la SUVA croit faire oeuvre de prévention. Elle se trompe. Elle aura juste contribué à renforcer l'hostilité contre les cyclistes et à les confiner dans un rôle d'accusé alors qu'ils sont les principales victimes des accidents de la route, avec les deux-roues motorisés.

Les statistiques utilisées par la SUVA sur la responsabilité dans les accidents sont faussées par le fait qu'on y inclut les accidents lors desquels les cyclistes tombent tout seuls et sont bien entendu les principaux responsables et victimes de la dite chute. Quand on ne retient que les accidents qui mettent plusieurs acteurs de la mobilité, la part de responsabilité des cyclistes tombe à 28% ! C'est l'Office fédéral des routes qui le dit dans son Analyse des accidents de vélo survenus entre 2005 et 2014 (*). On est très loin du cycliste irresponsable. Cela dit, il y en a qui se comportent mal, envers les piétons notamment. Ce n'est pas acceptable. Pour notre plus grand malheur, ils sont très visibles...

(*) https://www.astra.admin.ch/astra/fr/home/documentation/donnees-des-accidents-de-la-suisse/publications.html

 

23/03/2017

La classe ces Anglais !

Après l'attentat de Westminster, les Anglais ont été remarquables. Politiques, médias, commentateurs : solidarité et détermination absolue. Comme pendant les années du Blitz quand Hitler leur balançait ses V2 sur la tête chaque nuit. La classe. Chapeau MM. les Anglais. Avec des réactions de ce calibre, les terroristes n'ont strictement aucune chance de gagner parce qu'ils n'ont aucune cause, si ce n'est le martyre. En fait, un suicide d'un égoïsme abyssal. 

En France, on aurait commencé à polémiquer et s'accuser d'avoir mal protégé les citoyens. Exactement ce qu'ont fait une partie des candidats à la présidence et surtout leurs partisans après l'attentat dans une école à Grasse. 

Et cette polémique stupide sur l'état d'urgence. Je suis personnellement convaincu qu'il aurait fallu le lever il y a bien longtemps, quitte à le ré-instaurer si nécessaire. Maintenir les forces en alerte maximale pendant des mois, voire des années, c'est totalement absurde pour plusieurs raisons sur lesquelles je reviendrai demain. Mais avant tout, des forces en alerte permanente atteignent rapidement un état de fatigue qui les rend inefficaces. 

02/03/2017

Nucléaire militaire : la tête ou les hormones ?

Il est de bon ton de se moquer de la diplomatie multilatérale, qui, entend-on souvent, "n'arrive à rien". Dans le domaine nucléaire, c'est tout le contraire. Depuis les sommets de tension atteints dans les années 60' au cours des crises de Cuba, on a fait bien des progrès, grâce à des hommes intelligents, courageux et réfléchis, comme le rappelle utilement Le Temps dans un article du 27 février 2017. Il arrive que les résultats les plus positifs soient totalement invisibles, en tout cas pour l'observateur non averti. Le citoyen devrait simplement constater que depuis 1945, une dizaine de puissances ont les moyens techniques de déclencher une guerre nucléaire mais qu'aucune ne s'est aventurée sur cette voie. Les efforts de la diplomatie multilatérale n'y sont pas pour rien. Parmi d'autres, le traité START de réduction des armes stratégiques a permis de diminuer le nombre de têtes nucléaires et de missiles chez les deux principales puissances. 

Les menaces du président Trump contre la diplomatie et sa pratique du tweet incendiaire matinal sont inquiétantes. Laisser à un seul homme, impulsif et peu au fait des mécanismes internationaux existants, le pouvoir sur le Bouton rouge est lourd de menace, d'autant plus quand on réalise que le peu nuancé conseiller-gourou Bannon a été promu au Conseil National de Sécurité en même temps que des militaires en étaient exclus. Ce n'est pas non plus un hasard si une brochette de généraux US ont récemment prié le président Trump de ne pas couper les crédits à la diplomatie américaine. Ils savent, eux, par métier, que la guerre n'est pas une plaisanterie. Le monde à l'envers ? A mon avis, pas tant que ça, si fait fonctionner sa tête (non-nucléaire) au lieu de ses seules hormones. 

05/01/2017

Réfugiés : échanger les rôles, juste pour voir !

SY 3.jpgAvant de donner son avis sur un sujet, il est intéressant de se mettre à la place de l'autre. Utile et enrichissant. Lors d'une séance de conseil municipal, j'ai du rappeler à l'assemblée que les réfugiés syriens qui fuyaient Alep ne devaient pas seulement être vus comme un problème pour nous (ce qu'objectivement il sont aussi, car faire face à un afflux important et non souhaité n'est effectivement agréable pour personne). Avant de se prononcer, il est instructif de se mettre un instant à leur place. Faisons un petit exercice d'imagination. 

Genève et la Suisse romande sont attaquées et la ville assiégée depuis presque cinq ans par des forces lombardes, alliées aux alémaniques, chaque jour bombardés par l'aviation française. Plus d'autorités, des milices, du gaz et des barils d'explosifs sont largués sur la ville. Plus de vivres, les HUG ne fonctionnent plus, pas plus que la Colline, la Tour. Il ne reste qu'un dispensaire à Carouge et un autre aux Eaux-Vives. Quelques dizaines de policiers sont restés, sans moyens, sans véhicules ni essence. Il n'y a plus de Conseil d'Etat ni d'autorités cantonales. Pierre Maudet, Sandrine Salerno et quelques conseillers administratifs fonctionnent encore, avec les moyens du bord et des vestiges d'administrations publiques. On peut toujours quitter le canton via Ferney et Gex, le Jura en direction de Montbéliard, puis l'Alsace et la Belgique. S'entasser là dans des camps de fortune ou prendre le risque d'embarquer pour l'Angleterre ou l'Afrique du nord. 

Nous devons prendre la décision de faire ou non ce voyage dangereux, sans presque rien emporter, avec un flot d'autres réfugiés, dans le froid, voyant nos enfants périr d'épuisement, sans soins, rejetés dans des camps par la marine de Sa Majesté ou bloqués par des murs de barbelés installés près des côtes du Maroc et d'Algérie. Hostilité des populations tout le long de la rouge, pas enchantées de nous voir passer. Des gouvernements rendus exsangues par la crise économique. Dans quel état d'esprit serions-nous à l'arrivée dans un pays riche et bien équipé, en paix, avec un taux de chômage de 6%, (3,5% au plan national), un budget excédentaire et de gros moyens matériels et logistique. Fin de l'exercice d'imagination. 

SY raqua.jpgParmi les réfugiés, il y a aussi des éléments douteux, migrants économiques. Sans scrupules ni respect, dangereux comme ceux qui ont sévi à Cologne au Nouvel An dernier. Ou issus des milieux de la délinquance nord-africaine qui s'est incrustée dans nos villes. Pour ceux-là, pas d'asile ni de complaisance. Mais la présence de quelques moutons noirs justifie-t-elle de rejeter tous ceux qui ont fui leur ville pour sauver leurs enfants. Si on a fait l'effort de se mettre à leur place un instant, les rejeter sans examen aucun devient difficile à justifier. 

27/12/2016

Comment répondre au terrorisme ?

Que veulent les terroristes, Daesh et les autres ? Nous terroriser et nous empêcher de vivre comme nous l'avons choisi. Comment leur répondre ? Ne pas être terrorisés, ne pas le montrer ou faire comme si on ne l'était pas, selon ses possibilités. C'est la seule réponse possible. Toutes les autres ne sont que capitulation et lâcheté.

Ce que certains nous suggèrent : nous laisser dévorer par la haine, banaliser l'insulte et répartir l'humanité entre "ils" et du "nous". Trop facile, ça rassure mais c'est simplement faux, ou faussement simple. De nos jours, la société de l'information et internet offrent très (trop) facilement à des résistants de pacotille la possibilité de répandre leurs haine bien à l'abri derrière le douillet anonymat de leur écran d'ordinateur. Ils tombent dans le piège des extrémistes.

Et ne pas oublier que la rancoeur généralisée fait le bonheur de plein de monde : les terroristes eux-mêmes qui aimeraient nous voir devenir comme eux, amers, sans espoir sur cette terre et sans amour. Mais aussi quelques simplistes qui nous souhaiteraient à leur image, avec une vision binaire : les bons (nous) et les méchants (eux).  Que ce "nous" soit blanc, chrétien, du nord, européen ou simplement riche ne change pas grand-chose. 

Complotistes, racistes ou même alarmistes, ce sont tous des alliés objectifs des terroristes.

Comment réagir ? Simplement, se demander ce que les terroristes voudraient nous voir faire et agir exactement à l'inverse. Très simple à dire. Et à faire parce qu'il ne devrait pas y avoir d'alternative. Aucune. 

 

04/11/2016

La repression fait sens quand elle est bien ciblée

Les cyclistes doivent respecter la loi. La minorité qui se montre agressive avec les autres usagers, et en particulier les piétons, font du tort à l'ensemble des cyclos. La campagne menée la semaine dernière par la police genevoise était annoncée et de ce fait, elle est en partie une action de prévention. Elle est d'autant plus pertinente quand elle vise les infractions qui mettent vraiment en danger les autres usagers. De ce point de vue, les contraventions infligées à des cyclistes qui ont brûlé un feu rouge au haut du pont de la Coulouvrenière venant de la rue de St-Jean, pour tourner à droite sur un trottoir lui-même cyclable (partagé avec les piétons) n'est pas très fair-play. En effet, le "tourner à droite au rouge" est une mesure qui est testée à Bâle. C'est dire qu'elle ne peut être vraiment grave ni dangereuse. 

De ce point de vue, je pense que la police ferait mieux de sanctionner ceux qui traversent les rues basses à haute vitesse au milieu des piétons, ceux qui brûlent des feux rouges au milieu du trafic, il y en a et ils sont dangereux même si c'est une petite minorité. Il y a d'autres feux, que l'on peut être tenté de "couler" après avoir laissé passer les piétons bien entendu, afin de devancer le trafic automobile et de profiter d'une route dégagée. C'est le cas sur le quai Wilson où l'entrée en ville n'est pas du tout aménagée, contrairement à ce qu'annonce le Département et ce qu'a voulu le Peuple en adoptant l'initiative 144 en 2011. Les lacunes du réseau cyclable sont évidentes pour tous. Interrompu, souvent incohérent, il y a des itinéraires impossibles : de Cornavin à la gare des Eaux-Vives et retour, par exemple, on rencontre tout les obstacles et on expérimente toute l'absence d'aménagement qu'il est possible de trouver à Genève.

Personne ne monte par plaisir sur un trottoir : c'est le plus souvent pour s'extraire du trafic, et pour "se réfugier" dans un espace moins dangereux. Mais qu'il n'y ait aucune ambiguité : je condamne tout comportement agressif ou vitesse excessive de la part d'un cycliste dans un espace qui ne lui est pas réservé ou qui doit être partagé. Se venger sur les piétons de la pression ressentie de la part du trafic motorisé est une mauvaise réaction qui fait du tort aux cyclistes dans leur ensemble.

18/02/2016

Etat d’urgence perpétuelle ?

La prolongation de l’Etat d’urgence en France me paraît être à la fois une erreur et un contresens. Instauré dans la nuit du 13 au 14 novembre après les attentats qui ont frappé Paris, il devait permettre aux forces de sécurité de frapper un grand coup contre une menace terroriste extraordinaire. Avec certains effets initiaux et des facilités accordées aux forces de sécurité. De l’avis général, cet effet, de surprise, a été utile mais son efficacité s’est depuis lors largement dissipée.

La prolongation est un contresens et en même temps un aveu de faiblesse. Nous avons tous dit que pour faire face aux terroristes et leur nier la victoire, il était nécessaire de reprendre une vie normale et ne pas abdiquer nos plaisirs et nos libertés. Maintenir un état, par définition exceptionnel, c’est une fausse politique qui donne les mauvais signaux. Volonté de « rassurer » ? Là aussi, c’est à mon avis raté. Volonté de « se couvrir » ? Pour éviter l’accusation de légèreté si quelque chose devait se produire ces prochaines semaines ? C’est encore une faute, parce qu’il se produira forcément quelque chose, tant que les causes et le vivier de ce terrorisme n’aura pas été asséché.

Il faut au contraire sortir de l’Etat d’urgence, quitte à y revenir plus tard si la situation devait l’exiger. Parce que le prolonger veut aussi dire qu’on est incapable d’apporter au dispositif normal les ajustements nécessaires, de tirer les leçons des précédents attentats, des ratés de la sécurité, des failles dans la détection et le traitement des alertes.

Y a-t-il encore derrière cette paralysie une guerre des polices ou des services, ou simplement l’insigne faiblesse d’un gouvernement qui consacre toute son énergie à se positionner en vue des présidentielles de 2017 ? Je crains que ce soit un peu de tout ça.

08/01/2016

USA : le délire complice de la NRA

Aux Etats-Unis, on recense 360 incidents faisant au moins 4 victimes par arme à feu chaque année, soit plus de un par jour. Certains, comme ceux de San Bernardino font des dizaines de morts et de blessés. Avec des armes souvent achetées en toute "légalité". Et la National Rifle Association continue de s'opposer à la moindre régulation, même le simple renforcement du contrôle des ventes par des privés. On a de la peine à imaginer que dans ce grand pays, on trouve une majorité d'élus nationaux pour s'aligner sur le lobby des armes de guerre et des viandards qui ne trouvent leur plénitude personnelle qu'en vidant des chargeurs dans le désert, quand tout va "bien", et dans le ventre de leurs semblables quand ça se passe moins bien. 

S'il s'agissait juste de se défendre en cas de nécessité, un désir alimenté par l'histoire du pays et par l'étendue du territoire qui laisse parfois le citoyen seul face à une menace, la possession d'une arme de poing, dûment enregistrée et contrôlée serait suffisante. Mais des millions de citoyens étasuniens possèdent des armes de guerre, fusils automatiques et armes surpuissantes, conçus pour le combat et la destruction à grande échelle est sans trop de distinction, soit tout à fait à l'opposé de l'idée de la légitime défense, un droit reconnu à chacun dans un état de droit, pour autant qu'il soit proportionné.

L'un des argument de la NRA est la responsabilité individuelle. Dans ce cas, je pense que l'absence de limites, en particulier en ce qui concerne le type d'armes, leur nombre et les antécédents des acquéreurs met en lumière l'irresponsabilité d'une minorité de citoyens dangereux. Une minorité de 300 000 000, ça fait encore du monde ! 

 

 

 

20/10/2015

Halte aux politiques pyromanes !

En Allemagne, les allumés de Pegida s'en prennent à des réfugiés et poignardent Henriette Reker, qui a ensuite été élue maire de Cologne au premier tour. En Israel, un Erythréen de Beersheba est lynché par la foule qui l'a pris pour un assaillant lors d'un attentat. On voit que c'est aussi de l'intérieur de nos sociétés que vient le danger quand on excite la population avec des fantasmes d'invasion et des images  manipulées avec talent. On a vu comment le JT de la télévision hongroise avait reçu la consigne d'éviter toute image touchante qui pourrait susciter la sympathie et pour cela d'éviter de montrer des enfants réfugiés au public. 

Il faut donc faire très attention de ne pas se laisser manipuler par les responsables des partis extrémistes qui ne gagnent que par la peur. Le même raisonnement vaut à Genève où les dirigeants populistes créent eux-même les problèmes pour prétendre ensuite les résoudre. Minarets, invasion étrangère, etc. Ceux qui se plaignent du trafic pendulaire se sont opposé à un financement intelligent de parkings d'échange en France pour des raisons idéologiques. Nous ne pouvons pas nous permettre de mettre nous même le feu pour venir ensuite jouer les pompiers de service. Ca devrait finir par se voir.

13/10/2015

Secret médical : aménager sans toucher au principe

Comme tous les principes qui fondent notre société libérale, il n'est pas sain de paraitre démanteler le secret médical. Le rapport de confiance entre médecin et patient est intimement lié à la fonction de soigner. En milieu carcéral autant qu'ailleurs. Pourtant, la société doit aussi chercher à protéger ses membres, comme les tragiques affaires récentes nous l'ont encore une fois démontré. Pourtant, il ne semble pas qu'elles aient été à un secret médical trop bien protégé mais plutôt à une structure comme la Pâquerette partie en roue libre depuis des années et des responsabilités décisionnelles mal définies. 

Je pense également qu'il n'est pas dans l'intérêt bien compris des médecins d'être laissés totalement seuls pour décider de ce qui doit être transmis aux organes de sécurité en dépit du secret médical. C'est les charger ou leur permettre de se charger d'une bien lourde tâche. L'intervention d'une "commission du secret" composée d'éthiciens et de médecins semble donc un organe tout à fait à même de prendre une décision sur la transmission ou non d'informations, sans que l'appareil sécuritaire ne puisse l'exiger sur sa seule appréciation du cas en question. Les médecins sont des gens responsables qui prennent chaque jour des décisions qui nous touchent au plus intime. Ils devraient pouvoir le faire également quand ils exercent en détention.