31/08/2015

Liberté d'expression

Je suis en désaccord avec la plupart des thèses soutenues par MM. Blocher et Freysinger, je  ne partage pas leur vision de la Suisse ni leur manière de faire de la politique. Je pense qu'ils ont fait et font du tort au Pays que j'aime. 

Par contre, je suis sans aucune ambiguité pour qu'ils puissent s'exprimer librement, dans le cadre de la loi. Je désapprouve tous ceux qui appellent à perturber la manifestation à laquelle ils doient participer ce soir 31 août à Genève. Que l'on contre-manifeste est parfaitement légitime. Qu'on les contredise, ce que je fais souvent. 

Ceux qui voudraient s'y opposer par la violence ou les désordres seraient à la fois dans l'illégalité et dans l'erreur tactique. Il n'y a pas de meilleure manière de légitimer quelque chose que de s'y opposer illégalement. A moins qu'il n'y ait une alliance objective de soi-disant opposés qui n'aient au fond qu'un objectif : saper notre démocratie actuelle, imparfaite mais pas si mal en comparaison internationale. Le sous-titre du mouvement RAGE ?  "Fight the Power - Free the Prisoners - Fuck the Police". Nous voilà franchement rassurés !

27/07/2010

Europe : négocier pour avancer

Nous sommes sans doute proches du moment où les bilatérales auront fait leur office : nous permettre de subsister aux marges de l'Union européenne sans trop nous engager, d bénéficier de ses avantages à un coût politique acceptable puisque le peuple à choisi de refuser l'EEE un funeste dimanche de décembre 1992. Si l'adhésion pose quelques problèmes, rester dehors nous en posera de plus en plus ces prochaines années. Membres passifs. contraints de reprendre, de gré ou de force tout l'acquis communautaire parce que nous sommes en Europe mais sans avoir un mot à dire.

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16/07/2008

Minarets : le jeu dangereux de la réciprocité

L’un des arguments avancés par les promoteurs de l’initiative anti-minarets est celle de la réciprocité. En effet, il peut paraître séduisant de dire que l’on autorisera la construction de minarets en Suisse lorsqu’il y aura des clochers à Jeddah. Séduisant mais trompeur pour deux raisons au moins.

La première est qu’il existe des églises en pays musulman. Même si elles ont connu ou connaissent des difficultés parfois majeures, les pratiques religieuses non musulmanes peuvent coexister avec l’Islam.

La seconde me paraît plus importante. L’argument de la réciprocité doit être utilisé de manière positive et non négative. On peut se montrer ouvert à la pratique privée de l’islam et d’autres religions, y compris à l’édification de lieux de culte et de minarets, dans les limites des règlements d’urbanisme et des plans de quartier, comme tout autre construction humaine, et faire valoir cette position pour promouvoir l’ouverture de notre société face aux intolérances des autres. C’est un faux calcul que d’imiter ceux que l’on accuse (non sans raisons) d’être d’affreux rétrogrades. C’est se mettre au même niveau qu’eux et en quelque sorte légitimer leur propre position par la nôtre.

Est-il utile de préciser là que je me sens profondément laïc. C’est une position de principe qui repose absolument pas sur une quelconque volonté de promouvoir les constructions religieuses quelles qu’elles soient. Elle repose sur des valeurs de tolérance et l’intérêt bien compris de nos sociétés démocratiques et pluralistes face à une remise en question de la part de fondamentalismes variés, tant religieux que national-populistes.

11/07/2008

Le début du reflux

Comme je l’ai écrit il y a plusieurs mois déjà sur ce blog, l’UDC tel qu’on l’a connu depuis 2003 a probablement mangé une bonne partie de son pain blanc. Il y a peu de chances qu’il parvienne à nouveau à chatouiller les 30% comme il l’a fait en automne 2007. C’était le fruit d’une conjonction exceptionnelle : la surprise causée par une nouvelle forme de communication politique de masse, des moyens financiers extraordinaires, le charisme d’un leader exceptionnel dans ces circonstances mais devenu après 6 mois et plusieurs défaites un retraité aigri dépassé par une partie de ses troupes dans l’outrance et la fuite en avent.

On constate que confronté à une argumentation raisonnable et ferme, la logorrhée passéiste ne touche qu’une minorité de citoyens adeptes du repli identitaire. Joindre les deux objets européens redonné au débat sur la question son unité de matière et contraint l’UDC à prendre ses responsabilités face à aux milieux économiques. On a heureusement renoncé à offrir à ce parti l’occasion de faire croire aux citoyens que l’on pouvait accepter l’Europe mais refuser deux se ses membres.

Le citoyen se fatigue de fond comme de la forme, de l’outrance comme de la méchanceté qui caractérise le style des adorateurs de Zottel. Mais la droite décente devra poursuivre son travail pédagogique conciliant les valeurs humaines et les mesures fermes pour faire face aux problèmes réels ou perçus comme tels par la population inquiète. Même infondée, la crainte du citoyen doit être prise en compte, ne serait-ce que par une communication intelligente et ferme.