12/03/2018

Annonces et prévisions en politique

 Inscrire au budget une somme « prévoyant » le montant encaissé au titre des amendes d’ordre m’a toujours dérangé. Je comprends la logique comptable qui veut qu’on estime les rentrées au plus juste pour équilibrer le budget. Mais dans le cas des amendes, c’est une sorte de contresens philosophique et politique. Ce n’est pas un revenu comme un autre mais la sanction d’une infraction. Son objectif est de dissuader le citoyen de la commettre. L’amende a donc pour objectif sa propre réduction et idéalement sa propre disparition. Elle devrait donc être un revenu aléatoire sur lequel l’Etat ne doit pas compter pour son financement régulier.

Dans le même ordre d’idées, voir un gouvernement ou une entreprise annoncer un « objectif » de licenciements m’a toujours déplu. D’abord parce qu’il s’agit d’humains et que derrière chaque suppression de poste se cache souvent un drame personnel ou familial. Ensuite parce que le sort d’un poste de travail devrait être la conséquence d’une évaluation, d’une réorganisation ou d’une réforme réfléchie sous tous ses aspects mais pas la simple exécution d’un objectif chiffré de réduction préalablement fixé. Je n’aime pas mettre la charrue avant les bœufs. Surtout s’il s’agit d’êtres humains.

22/11/2016

Social : plus ou mieux ?

Il y a quelques mois, j'ai eu l'occasion de participer à une grande manifestation réunissant la majorité des acteurs sociaux de la région, privés, associatifs et publics, afin de réfléchir à ce qui pourrait être fait dans le domaine ces prochaines années. L'expérience fut fascinante. En partie parce que les idées émises puis discutées étaient variées et parfois très intéressantes. En partie seulement : c'est un autre point qui a retenu mon attention.

Parmi les dizaines de projets évoqués, tous se proposaient de lancer une nouvelle activité, un nouveau programme, un nouvel outil. Tous étaient destinés à être menés par une nouvelle entité à créer puis à doter de moyens humains et matériels. Je n'ai entendu aucune suggestion de ces professionnels ou responsables associatifs visant à améliorer quelque chose qui existait déjà ou à faire la même chose avec moins de moyens ou de personnel. 

J'en suis ressorti avec l'impression que pour la très grande majorité des participants, la question du financement était tout à fait secondaire. Comme si se poser la question du rapport entre la dépense publique et l'effet attendu sur les bénéficiaires était presque indécent ou grossier. 

J'en suis ressorti avec la solide impression qu'il y avait là une partie de l'explication au fait que Genève dépense au bas mot 30% de plus que Zurich pour des tâches identiques. Et un vague soupçon que cet état d'esprit n'était pas tout à fait étranger à la dette abyssale que Genève fait peser sur la tête de ses enfants pour les générations à venir.

18/09/2014

Quand l'insulte tient lieu de message politique

Communiqué choquant de l'UDC cet après-midi : déçus par le projet de budget 2015, ce qui est son droit, ce parti signe un texte dans lequel il démontre son mépris pour les institutions et attaque personnellement et de manière grossière les magistrats en charge. "Parlons de l'Entente, majoritaire: un président qui pontifie et plane, on se demande si ses pieds touchent encore terre; un ministre des finances qui peine à s'y retrouver dans le labyrinthe des comptes, compliqués, de l'Etat; un officier subalterne qui se prend pour un général, mais ne maîtrise pas ses troupes; enfin le petit dernier qui ne comprend pas grand-chose et restera égal à lui-même." Je reprends volontairement mais à regret ce texte parce qu’il en dit bien plus sur ses auteurs et ses signataires que sur ceux qu'il tente de blesser. 

 

Je note aussi que les autres magistrats également auteurs du projet de budget 2015 sont curieusement épargnés par les grossiertés. Un reste de décence, ou un parti pris pour poser les bases, une fois de plus, d'une alliance contre nature qui bloquera Genève, comme elle le fait souvent sur le plan fédéral ? 

 

En insultant les Institutions et personnellement les magistrats en charge, en pourrissant systématiquement le débat politique, l'UDC démontre qu'il est le moins suisse des partis, contrairement à ce qu'il veut nous faire croire. 

 

 

24/03/2014

Parkings en France : voir loin, penser large

Nous votons le 18 mai sur un crédit de quelque 3,1 millions pour contribuer à la construction de presque 1000 places parking relais sur territoire français, juste de l'autre côté de la frontière. Et certains, du côté de la droite nationaliste et conservatrice s'y opposent. Et pourtant, c'est une aubaine. Pour des raisons de pur marketing politique, UDC, MCG et PBD se placent dans une posture de rejet systématique. Pourtant, il n'y a presque que des avantages à dire oui, comme la majorité du Grand Conseil et le Conseil d'Etat. 

1. Nous manquons de place à Genève, les parkings en consomment beaucoup. Dans ce cas, le sol est fourni par la France. 

2. Nous voulons que ces véhicules n'encombrent pas nos routes d'accès et n'occupent pas les places de stationnement proches du centre ou ne jouent pas les voitures ventouse dans nos quartiers suburbains. Ces parkings permettent de les retenir loin de Genève. 

3. Nous voulons dépenser le produit de nos impôts avec parcimonie. Une place de stationnement nous coûte environs 3000 francs en France voisine, au moins le double si elle est construite en Suisse et 50 à 60'000 francs si elle est construite en sous-sol, ce qui est d'autant plus nécessaire que l'on s'approche du centre où le sol est rare et cher. 

4. Dans les cas sur lesquels nous votons le 18 mai, ce sont les communes françaises qui assurent l'entretien des parkings. 

5. Le plus intéressant, c'est que les dites communes françaises n'ont pas un intérêt fondamental à cette construction. C'est nous qui avons le plus à y gagner. 

Franchement, s'opposer à ce crédit, c'est vraiment faire preuve d'un manque de vision. Sommes-nous devenus aussi étroits d'esprit que la seule expression "dépenser des sous en France" hérisse le poil d'une majorité de votants ? Devra-t-on aller jusqu'à s'enfermer dans un Heidiland genevois, tellement contraire à l'esprit et à toute l'histoire de notre Canton ? Je n'ose le croire.