07/12/2015

Un fumet d'indécence

Le FN progresse démocratiquement. C'est triste mais c'est un fait. Blâmer la presse pour cela est idiot. Elle n'est pas parfaite mais sa tâche est délicate, toujours. Elle le sera de plus en plus. Il y a un vote de défiance envers les responsables actuels et passés, l'envie de voir autre chose, à mon avis sans trop d'illusions sur le fond. Les électeurs savent bien qu'il n'y a pas se solution miracle. Mais ce qu'ils détestent, c'est la désagréable impression qu'une certaine classe politique se fiche de leurs problèmes et se bat exclusivement dans le petit aquarium de la petite politique spectacle, un peu mesquine, un peu vaine et surtout tellement tournée vers eux-mêmes.

Un débat "entre soi" qui ne concerne pas vraiment les citoyens. On assiste à des débats sur les alliances qui donnent l'impression que les listes se considèrent comme propriétaires de leurs électeurs du premier tour, ce qui est bien entendu faux. Mais aussi toutes ces affaires qui semblent toucher chaque parti installé, quel que soit leur positionnement politique. Et ce parfum d'indécence qui flotte autour des responsables politiques de gauche comme de droite. Corruption, fonds spéciaux, frais de campagne exagérés, mais aussi les actions troubles des Balkany et d'autres que la justice semble incapable d'atteindre, des ministres nommés et aussitôt démissionnés. Des réseaux, des petits amis et, fatale erreur bien que parfaitement légale, la célébration d'une victoire présidentielle au Fouquet's. Des symboles, certes, mais importants. Gouverner, c'est aussi envoyer des messages, littéraux ou subliminaux. Quand ils sont contradictoires, ça coince, ça gronde et ça finit par craquer. Dans les urnes quand le cadre constitutionnel tient le coup, dans les rues et à la Bastille quand il craque. 

Les plus populaires actuellement : des personnages comme Alain Juppé qui, depuis plus de 10 ans a conduit une extraordinaire mutation de sa commune de Bordeaux. Idem à Lyon avec Gérard Collomb. Des élus pas trop profilés, qui travaillent sur le terrain. MM. Barre ou Delors sont aujourd'hui perçus comme des hommes d'Etat sérieux, honnêtes et compétents, avec une vision et une ligne, que l'on soit on non d'accord avec eux. Et à leur époque, le FN se limitait à quelques petits %. Et à gauche, Daniel Cohn-Bendit dit des choses intéressantes, bien plus sensées et indépendantes que sa vieille étiquette de "le Rouge" ne peut le laisser penser. 

Le politique a un vrai devoir de responsabilité et de sérieux. Ce n'est pas moralisateur, c'est indispensable. Ou les deux. 

 

11/07/2008

Le début du reflux

Comme je l’ai écrit il y a plusieurs mois déjà sur ce blog, l’UDC tel qu’on l’a connu depuis 2003 a probablement mangé une bonne partie de son pain blanc. Il y a peu de chances qu’il parvienne à nouveau à chatouiller les 30% comme il l’a fait en automne 2007. C’était le fruit d’une conjonction exceptionnelle : la surprise causée par une nouvelle forme de communication politique de masse, des moyens financiers extraordinaires, le charisme d’un leader exceptionnel dans ces circonstances mais devenu après 6 mois et plusieurs défaites un retraité aigri dépassé par une partie de ses troupes dans l’outrance et la fuite en avent.

On constate que confronté à une argumentation raisonnable et ferme, la logorrhée passéiste ne touche qu’une minorité de citoyens adeptes du repli identitaire. Joindre les deux objets européens redonné au débat sur la question son unité de matière et contraint l’UDC à prendre ses responsabilités face à aux milieux économiques. On a heureusement renoncé à offrir à ce parti l’occasion de faire croire aux citoyens que l’on pouvait accepter l’Europe mais refuser deux se ses membres.

Le citoyen se fatigue de fond comme de la forme, de l’outrance comme de la méchanceté qui caractérise le style des adorateurs de Zottel. Mais la droite décente devra poursuivre son travail pédagogique conciliant les valeurs humaines et les mesures fermes pour faire face aux problèmes réels ou perçus comme tels par la population inquiète. Même infondée, la crainte du citoyen doit être prise en compte, ne serait-ce que par une communication intelligente et ferme.