24/03/2014

Parkings en France : voir loin, penser large

Nous votons le 18 mai sur un crédit de quelque 3,1 millions pour contribuer à la construction de presque 1000 places parking relais sur territoire français, juste de l'autre côté de la frontière. Et certains, du côté de la droite nationaliste et conservatrice s'y opposent. Et pourtant, c'est une aubaine. Pour des raisons de pur marketing politique, UDC, MCG et PBD se placent dans une posture de rejet systématique. Pourtant, il n'y a presque que des avantages à dire oui, comme la majorité du Grand Conseil et le Conseil d'Etat. 

1. Nous manquons de place à Genève, les parkings en consomment beaucoup. Dans ce cas, le sol est fourni par la France. 

2. Nous voulons que ces véhicules n'encombrent pas nos routes d'accès et n'occupent pas les places de stationnement proches du centre ou ne jouent pas les voitures ventouse dans nos quartiers suburbains. Ces parkings permettent de les retenir loin de Genève. 

3. Nous voulons dépenser le produit de nos impôts avec parcimonie. Une place de stationnement nous coûte environs 3000 francs en France voisine, au moins le double si elle est construite en Suisse et 50 à 60'000 francs si elle est construite en sous-sol, ce qui est d'autant plus nécessaire que l'on s'approche du centre où le sol est rare et cher. 

4. Dans les cas sur lesquels nous votons le 18 mai, ce sont les communes françaises qui assurent l'entretien des parkings. 

5. Le plus intéressant, c'est que les dites communes françaises n'ont pas un intérêt fondamental à cette construction. C'est nous qui avons le plus à y gagner. 

Franchement, s'opposer à ce crédit, c'est vraiment faire preuve d'un manque de vision. Sommes-nous devenus aussi étroits d'esprit que la seule expression "dépenser des sous en France" hérisse le poil d'une majorité de votants ? Devra-t-on aller jusqu'à s'enfermer dans un Heidiland genevois, tellement contraire à l'esprit et à toute l'histoire de notre Canton ? Je n'ose le croire. 

22/09/2008

Une chambre des communes ? Une fausse bonne idée

L'institution d'une chambre des Communes est une fausse bonne idée en apparence séduisante mais qui n'apporterait pas grand-chose à la vie publique genevoise. Je m'explique. Séduisante parce qu'à priori, l'idée de Commune est sympathique, légèrement démagogique. Chacun aime sa commune, y est attaché. On est logiquement tenté de lui donner de l'attention, de l'espace, pourquoi pas une chambre ? Avec douche ? Mais laissons là l'ironie car l'idée, comme celles qui seront lancées dans ou autour de la Constituante mérite le respect, même si c'est pour ensuite la combattre ou la modifier.
A mon avis, cela n'est qu'illusion au moment où chacun s'accorde à dire que la vie politique est déjà surchargée pour un système de milice, que la somme des règles administratives complique la vie du citoyen et de l'élu municipal. Avec une chambre des communes, on ajouterait une instance de blocage, de discussion dont on ne sait trop comment elle s'intègrerait dans le système cantonal. En parallèle au Grand Conseil ? Un droit de veto ? Instaurer un système bicaméral au niveau cantonal, doubler le législatif ?. Cela ne me parait ni sérieux ni souhaitable.
Il existe déjà des instances intercommunales chargées de régler des questions pratiques (centres sportifs, déchets, épuration des eaux, etc). Le Parti Radical propose que l'action dans des domaines qui dépassent nettement la sphère communale soient confiés à des fondations intercommunales dotées de pouvoirs réels auxquelles les communes contribueraient selon leur capacité financière.
Je suis convaincu que la commune garde un rôle fondamental, mais peut-être pas dans sa forme actuelle. Un peu moins de communes mais plus efficaces. Et une vie qui s'organise autour du Quartier dans les zones densément peuplées ou autour du Village dans les zones rurales. Quartiers et villages seraient les vraies bases de la vie sociale et associative, sans qu'il soit nécessaire d'ajouter une instance au mille-feuille institutionnel actuel.

candidat à la Constituante sur la liste No 1, Radical ouverture - soutenu par Écologie libérale

15/08/2008

Moins de communes, plus de quartiers

 

Toucher à la Commune est dangereux, à Genève comme ailleurs. La Commune occupe une place importante dans la vie des citoyens et  plus encore dans leur imaginaire. On voit déjà l’un ou l’autre candidat à la Constituante se poser comme son défenseur, par principe, par opportunisme et sans rien proposer qui réponde au défis de la vie moderne pour laquelle l’organisation politique actuelle n’est visiblement plus la bonne. On voit bien que les regroupements de services sont indispensables pour assurer des prestations d’un bon niveau à la population et à un coût acceptable. Faut-il toujours en passer  par les coopérations intercommunales à la carte, lourdes, peu réactives et finalement peu démocratiques ? 

Dans un registre plus alarmiste, d’autres agitent le spectre de la disparition de la Ville, d’une commune ou l’autre,  de regroupements plus ou moins autoritaires et, sommet de l’outrage, de changements de noms.  

Dans cette agitation, on a un peu oublié de réfléchir à ce que l’on attendait au fond de sa commune. C’est sur la base du catalogue des prestations que doit fournir la commune que l’on pourra définir sa taille, son organisation, sa relation avec le canton et leurs relations entre elles. Dans cette perspective les Radicaux ont entamé il y a plusieurs années une réflexion en profondeur sur le rôle, et par voie de conséquence, le nombre et la taille des communes.  La Constituante vient à point pour offrir le cadre idéal à la poursuite de ce travail de fond. J’espère avoir la chance de participer activement à cet examen. 

Je suis convaincu que « l’envie de commune » exprime le besoin d’entretenir un  cadre social de proximité pour les organismes d’entraide, les clubs sportifs, les amicales et finalement le partage de chaleur humaine. Il n’est pas certain que la commune politique telle qu’elle existe dans notre canton réponde pleinement à cette demande. À la fois trop grande pour rester sociale, trop petite pour être efficace, trop rigide pour s’adapter, trop attachante pour être modifiée. Ne devrait-on pas penser à réduire nettement le nombre de communes politiques, pourvoyeuses de services et cadre politique pour encourager la création d’entités beaucoup moins formelles qui pourraient prendre la forme de quartiers ou de regroupements de citoyens autour d’une idée, d’un projet ou d’un intérêt.  

Distinguer la fourniture de services de l’organisation de la vie commune. Un sujet à développer au sein de la Constituante, dans un esprit d’ouverture et dans le respect de ceux qui sont attachés à leur Commune dans sa forme actuelle pour de bonnes ou de moins bonnes raisons.