08/08/2008

Le danger des listes à but unique

L'élection d'une Assemblée Constituante est l'occasion d'un large débat qui doit être aussi ouvert que possible, tant en cours de campagne qu'après, au moment où les élus se mettront au travail pour quatre ans. L'une des conséquences de cette ouverture est l'apparition de listes dont les ambitions, les intérêts et parfois les compétences se limitent à un seul aspect de la vie politique du canton. C'est légitime et sympathique mais est-ce une bonne chose pour Genève ? La remarque vaut pour les initiatives qui se situent à droite, à gauche, au centre ou ailleurs sur l'échiquier politique traditionnel.

Le risque est grand que ces groupes, venus pour défendre une catégorie de la population, lutter pour ou contre un projet, s'impliquent peu dans les débats par lesquels ils ne se sentent pas concernés. Construire un édifice aussi subtil qu'une Constitution réclame certainement une grande modestie et une ouverture d'esprit, un sens de l'intérêt général que nous souhaiterions trouver chez tout les Constituants. Est-ce possible pour des élus qui n'auraient qu'un but limité ? Comment faire un compromis quant on est venu pour obtenir satisfaction sur un petit nombre de points ? Que céder ? Comment justifier de ne pas se battre jusqu'au bout pour son objectif quand on a à rendre des comptes à une association et des membres qui nous y ont envoyé dans un but précis ?

Pour que la Constituante parvienne à construire un édifice habitable pour l'ensemble de ses habitants, j'espère que les électeurs penseront à élire des députés désireux et capables de se prononcer sur l'ensemble des questions qui leur seront posées.

L'auteur est candidat sur la liste No1 (Radical ouverture) et membre du Mouvement Ecologie Libérale

09/07/2008

L'équilibre des droits et des devoirs

Se présenter à la Constituante nous pousse à penser plus large et essayer d’envisager les choses sous plusieurs angles qu’ils soient ceux des partis politiques, des mouvements transversaux ou du citoyen sans avis politique.

L’un d’entre eux est la question des droits et des devoirs qu’entraînent la vie en société et plus particulièrement la relation qui unit les uns et les autres. A gauche, on met surtout en avant les droits dont jouiraient les moins favorisés ou les plus faibles. On rechigne à évoquer les devoirs pourraient être attachés à ces droits. Dans le domaine de l’intégration des étrangers, la gauche à une peine énorme à accepter que les prestations qui sont offertes par l’Etat puissent être liées à des conditions telles que suivre des cours de langue ou démontrer concrètement sa volonté d’intégration.

Au sein de la droite purement économiste, on met aussi en avant les droits, surtout ceux de faire ce que l’on veut selon ses capacités, sa fortune, son énergie ou son talent. On oublie souvent que la vie en société exige de mettre des limites à ces droits. Devoir de solidarité, limites à la liberté pour le bien commun.

Face à la criminalité, on retrouve cette division apparente : répression ou prévention. Comme si l’un allait sans l’autre, comme si ces deux démarches s’excluaient mutuellement et qu’il fallait choisir.

Le propre du centre, c’est d’établir une juste relation entre les droits et les devoirs, dans tous les domaines ou l’Etat régule les relations des citoyens entre eux. Dans le domaine de l’environnement, on peut inciter (donner des droits) et / ou interdire (instituer des obligations).

Je suis convaincu que l’avenir réside dans le bon dosage des uns et des autres, selon le temps, le lieu et les circonstances. C’est notamment ce que cherchent à promouvoir les Radicaux genevois et un Mouvement tel qu’Ecologie libérale. Un juste équilibre entre incitation et contrainte, prévention et répression.

La Constituante devra établir les grandes lignes de ces équilibres. J’espère y travailler.