14/05/2017

Apprendre de ses erreurs

L'incroyable aventure de l'accession de Emmanuel Macron à la présidence française nous démontre une chose, qu'on l'aime ou non : il apprend très vite et ne fait jamais deux fois la même erreur. C'est certainement une caractéristique tirée du monde des jeunes entreprises, des startup et de la modernité en général. On a le droit de se tromper car l'erreur ou l'échec est obligatoirement liée à l'audace et à l'exploration. Notre capacité à en tirer le meilleur est déterminante. Dans toutes les circonstances. Exemple : le soir du premier tour, le candidat Macron oublie s'adresse à quelques milliers de ses supporters et leur tient un discours assez personnel et politiquement assez léger. Il a just oublié qu'il y a aussi 15 millions de Français devant leur écran. Ils attendent plus que des bras levés et des bisous à Brigitte. Ils ont raison. Le candidat s'est trompé de discours parce qu'il a mal évalué son audience. C'est corrigé à l'issue du second tour où il pousse loin la gravité de l'instant devant la Pyramide du Louvre. 

Cette capacité à apprendre vite devrait être utile au nouveau Président et à la France, pour autant qu'il parvienne à la transmettre à ses équipes et à son gouvernement. Qu'ils ne cèdent pas à une certaine ivresse que peut donner le succès électoral. Le défi du bon candidat consiste à se transformer en bon gouvernant, deux rôles qui ne sont pas toujours compatibles

02/05/2017

Météo Marine ? La tempête menace

Marine Le Pen a tellement bien réussi sa dédiabolisation qu'elle est prête à dire tout et n'importe quoi pour récupérer les mécontents. Abandonner l'Euro ? ce n'est plus si indispensable. Sortir de l'UE ? Ca prendra du temps. Brader le poste de Premier ministre pour une fraction de 5% ? Bingo. Promesse "hollandienne" faite aux pauvres salariés de Whirlpool alors qu'elle sait bien qu'un président de la République ne peut strictement rien faire, sauf à nationaliser l'usine en question et devenir producteur de sèche-linge lui-même...

De l'autre côté, Emmanuel Macron a bien un programme. Seuls les malveillants, les illettrés et les paresseux peuvent croire ou affirmer le contraire. Il n'y a qu'à aller voir sur le site de EM. Pas mal d'idées originales et une approche assez fraîche de la politique. Celui qu'on en veut voir qu'en banquier (comme si travailler dans une banque était illégal ou malhonnête), ou en intellectuel doué et pressé (ce qu'il est effectivement) est en plein apprentissage. Son discours du 23 avril était une catastrophe : il s'adressait à son équipe de campagne et a oublié que 15 millions de Français observaient leur possible futur Président. Tragique méprise. Gageons qu'il aura appris de cette erreur. 

Une dernière observation : même si on admet que Marine a personnellement des intentions démocratiques (je suis convaincu qu'elle est beaucoup plus proche du vieux FN qu'on ne le pense, son dernier "dérapage" le confirme), nombreux seront ceux qui, dans le parti, se sentiront légitimé à se laisser aller à leurs pires instincts si elle est élue à la présidence. C'est là que se situe le plus grand danger. Les vannes ouvertes.