02/03/2017

Nucléaire militaire : la tête ou les hormones ?

Il est de bon ton de se moquer de la diplomatie multilatérale, qui, entend-on souvent, "n'arrive à rien". Dans le domaine nucléaire, c'est tout le contraire. Depuis les sommets de tension atteints dans les années 60' au cours des crises de Cuba, on a fait bien des progrès, grâce à des hommes intelligents, courageux et réfléchis, comme le rappelle utilement Le Temps dans un article du 27 février 2017. Il arrive que les résultats les plus positifs soient totalement invisibles, en tout cas pour l'observateur non averti. Le citoyen devrait simplement constater que depuis 1945, une dizaine de puissances ont les moyens techniques de déclencher une guerre nucléaire mais qu'aucune ne s'est aventurée sur cette voie. Les efforts de la diplomatie multilatérale n'y sont pas pour rien. Parmi d'autres, le traité START de réduction des armes stratégiques a permis de diminuer le nombre de têtes nucléaires et de missiles chez les deux principales puissances. 

Les menaces du président Trump contre la diplomatie et sa pratique du tweet incendiaire matinal sont inquiétantes. Laisser à un seul homme, impulsif et peu au fait des mécanismes internationaux existants, le pouvoir sur le Bouton rouge est lourd de menace, d'autant plus quand on réalise que le peu nuancé conseiller-gourou Bannon a été promu au Conseil National de Sécurité en même temps que des militaires en étaient exclus. Ce n'est pas non plus un hasard si une brochette de généraux US ont récemment prié le président Trump de ne pas couper les crédits à la diplomatie américaine. Ils savent, eux, par métier, que la guerre n'est pas une plaisanterie. Le monde à l'envers ? A mon avis, pas tant que ça, si fait fonctionner sa tête (non-nucléaire) au lieu de ses seules hormones. 

13/09/2013

Eolien : le vent dominant

La gestion du dossier éolien par les SIG semble avoir été déficiente. Soit. Sous l'impulsion de son président Alain Peyrot, des audits ont été menés, les conclusions courageusement tirées par le vrai entrepreneur qu'est André Hurter. Les projets industriels comportent toujours des risques, d'autant plus dans un domaine nouveau et relativement dépendant des très longues procédures d'autorisation qui plombent la construction d'éoliennes.

Mais il ne faudrait pas jeter le bébé avec l'eau du bain : l'énergie éolienne reste une formidable source renouvelable. La preuve : en Allemagne, ce sont les centrales à charbon qui ferment, le nucléaire peut être progressivement abandonné sans que la pénurie ne frappe une économie pourtant en plein boum. Et les prix de l'électricité sont au plus bas sur le marché international. Si c'est un problème économique pour les producteurs, c'est une aubaine pour les industries consommatrices et pour la transition énergétique en général. L'éolien est et restera une solution d'avenir, ou au moins une partie de la solution. 

Personnellement, je préfère "subir" la vue de quelques éoliennes à l'horizon que d'infliger à nos enfants des centrales terriblement compliquées et chères à gérer puis à démanteler, comme on s'en rendra très bientôt compte lorsque le parc actuel devra être désactivé. Il faudra aussi assumer la gestion sur des millénaires des déchets hautement radioactifs, pour les quels on n'a pas encore trouvé de solution satisfaisante. Et je ne parle même pas des accidents nucléaires qui nous entrainent dans une autre dimension, comme on le découvre chaque semaine avec le cauchemar de Fukushima. Les nouvelles pistes de recherche en matière nucléaire seront elles capables de nous fournir une énergie propre ? Cela reste encore à démontrer. 

Face à ces perspectives à la fois sécuritaires, éthiques et financières, il ne faut vraiment pas laisser de regrettables péripéties de gestion dont les conséquences ont été tirées plomber le développement d'une énergie d'avenir. Ne serait-ce que parce qu'une éolienne se démonte facilement en quelques jours, au contraire d'une centrale irradiée. Et le vent est inépuisable, au contraire du combustible nucléaire.