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  • Quel PLR en 2019 ?

    Ce 7 mars, le PLR genevois se sera donné une Présidence et un Comité directeur renouvelés. Ils devront d’abord préserver l’unité du Parti après les traumatismes de ces derniers mois et mener avec enthousiasme les campagnes fédérale et municipale à venir. Personnellement, j’espère que la nouvelle direction s’ouvrira plus clairement à des thèmes tels que la santé, l’environnement, la culture, le sport, l’information et les médias. Le PLR ne peut pas non plus ignorer les nombreux enjeux dits « de société » qui sont trop souvent abandonnés a d’autres, ce qui nous pousse dans un rôle d’opposant et nous prive d’une participation constructive aux débats. Changement des modes de vie, questions éthiques, politique des drogues, organisation de l’Etat, transparence, tous ces thèmes peuvent et doivent être abordés à la lumière des principes de liberté et de responsabilité qui nous sont chers. Un parti qui récolte un quart des votes ne peut pas limiter l’essentiel de ses interventions aux questions économiques, fiscales et immobilières, ses thèmes naturels.


    Historiquement, le PLR, ce sont Gilles Petitpierre, Jacques-Simon Eggly, Martine Brunschwig Graf et Françoise Saudan, Robert Ducret et Michel Barde, Ivan Slatkine, Michel Balestra ou Gabriel Barrillier, pour en citer quelques uns... et me faire des ennemis de tous les autres. Des personnalités remarquables, fortes et humanistes, qui n’ont jamais hésité à sortir des autoroutes balisées pour s’impliquer dans les questions sociétales et y défendre parfois des positions remarquées et remarquables, avec nuance et une volonté de construire des solutions qui franchissent les limites strictes des partis. Comme ils se savaient forts sur leurs valeurs, ils pouvaient se montrer créatifs dans la manière de les mettre en pratique. C’est dans ce PLR-là que je voudrais m’investir en ce printemps 2019.


    Rolin Wavre, député

  • Le referendum ne convient pas à la France

    Nos amis français jouent avec l’idée d’introduire initiative populaire et referendum dans leur droit constitutionnel. Entre solution miracle et horreur populaire, leur appréciation varie.

    Outre le fait que ces outils ne font pas partie de la culture politique française, il y a d’autres problèmes, encore peu explorés.

    Tout d’abord, il faut bien choisir son sujet. Si le vote porte sur un point évident qui fait l’objet d’un consensus, le vote n’aura pas de valeur. Au pire, on le prendra pour un vote de confiance au président et tout devient alors possible. S’il est trop compliqué, ou si le débat n’est pas préparé sur le fond, les liens entre la situation de départ, le résultat escompté, les positions de la société civile, le résultat du vote et son application seront impossible à faire.

    La manière de poser une question est essentielle. On voit bien en Suisse à quel point le titre des initiatives peut avoir son importance. La culture politique suisse parvient à le décoder en grande partie, mais ce ne sera pas le cas en France dans un premier temps. Qui doit décider du titre, en cas de referendum, ou d’initiative ? Qui le validera ? Le gouvernement, le Parlement ou la Cour constitutionnelle ?

    En outre, la France est peu familiarisée avec l’organisation d’une campagne thématique. La dernière remonte au vote populaire sur Maastricht, c’est-à-dire à plus de 20 ans. Les élites issues du moule de l’ENA représenteraient certainement un facteur de résistance à un mouvement issu de la base de la société civile.

    Finalement, la Suisse a développé une certaine science de la lecture des résultats des votes populaires. Sans drame, elle adapte les prochains mouvements de ses acteurs, le tout se repositionne dans bruit pour tenir compte et finalement respecter la volonté populaire. Je doute par contre que la France républicaine et centralisatrice soit à même de comprendre vraiment un résultat, d’en faire une lecture politique, géographique, sociologique complète mais encore plus de de l’intégrer dans l’action des corps constitués et des partis, pour autant qu’ils aient encore une importance par les temps qui courent.

  • Quand Le Matin fait l'éloge de l'abstention

    Le 11 août dernier, le quotidien Le Matin titrait en en couverture : "Elections fédérales d'octobre : on vote EN VAIN, ce dernier mot occupant à lui seul presque un tiers de la page. Je trouve cette titraille lamentable. Elle est accompagnée d'une image de la salle du Conseil national totalement vide. Quel est le message passé ? Il ne sert à rien de voter, souligné par des banquettes vides comme pour souligner l'inutilité du vote. 

    Pourtant, l'article en pages 4 et 5 est plutôt correct, indiquant que, selon les derniers sondages disponibles, il ne devrait pas y avoir de grands changements dans l'équilibre des partis et des groupes au Parlement. Soit. Depuis quand la stabilité des forces en présence correspond-elle à un vote en vain ? La stabilité peut être négative pour ceux qui estiment qu'un changement politique est nécessaire. Mais ce n'est même pas ce que le quotidien suggère. 

    Je trouve déplorable qu'un quotidien à grand tirage soit aussi négligent (ou complaisant) dans la manière dont il choisit sa Une. Si j'étais l'auteur de l'article, je serais furieux que la rédaction ait choisi un titre trahissant totalement le sens de mon article. En tant que responsable politique, élu et candidat passionné de la chose publique, je suis navré que l'on conforte les trop nombreux abstentionnistes dans leur idée que voter ne sert à rien. Gratuitement. J'ai envoyé un commentaire / droit de réponse, sans résultat à ma connaissance.