23/06/2017

Vélo, voiture ou piéton, une question d'espace (et de santé)

La lecture des courriers des lecteurs de la TdG des 7 et 9 juin concernant les feux lumineux en ville de Genève incitent à réfléchir. Si très peu de voitures passent lors d’une phase verte, c’est justement, comme le relève avec pertinence M. Galletti, parce qu’« en 10 secondes, seuls 5 véhicules vont s’écouler sur une voie de circulation, alors que sur cette même durée, ce sont des dizaines de piétons qui pourront traverser ». Ce calcul est plus juste encore quand les véhicules sont de grande taille et qu’ils ne transportent, comme c’est le plus souvent le cas, qu’une seule personne (+ son smartphone sur les genoux) et aucun chargement, contrairement aux véhicules de livraison ou professionnels dont les trajets, souvent indispensables, devraient être facilités. C’est donc que la voiture individuelle, surtout de grande taille, est moyen de transport le moins adapté là où l’espace manque comme au centre ville. Le même raisonnement s’applique au stationnement.

Même si elle est perfectible, ce n’est donc pas la signalisation routière qui provoque les bouchons mais le mauvais rapport « espace utilisé / personne transportée » du trafic automobile, un élément essentiel au centre ville. Ce rapport est excellent pour les piétons et très bon pour les vélos, et dans une moindre mesure pour les autres deux-roues. Il serait meilleur aussi avec des voitures mieux remplies. Quand on sait qu’une baisse de 10% du trafic en été fait pratiquement disparaître les bouchons, on se dit que la solution n’est peut-être pas aussi hors de portée qu’on le croit. 

 

http://tcsgeneve.blog.tdg.ch/archive/2017/06/09/zero-poin...

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/carrefour-pieton-mal-loti/story/24497088

 

04/11/2016

La repression fait sens quand elle est bien ciblée

Les cyclistes doivent respecter la loi. La minorité qui se montre agressive avec les autres usagers, et en particulier les piétons, font du tort à l'ensemble des cyclos. La campagne menée la semaine dernière par la police genevoise était annoncée et de ce fait, elle est en partie une action de prévention. Elle est d'autant plus pertinente quand elle vise les infractions qui mettent vraiment en danger les autres usagers. De ce point de vue, les contraventions infligées à des cyclistes qui ont brûlé un feu rouge au haut du pont de la Coulouvrenière venant de la rue de St-Jean, pour tourner à droite sur un trottoir lui-même cyclable (partagé avec les piétons) n'est pas très fair-play. En effet, le "tourner à droite au rouge" est une mesure qui est testée à Bâle. C'est dire qu'elle ne peut être vraiment grave ni dangereuse. 

De ce point de vue, je pense que la police ferait mieux de sanctionner ceux qui traversent les rues basses à haute vitesse au milieu des piétons, ceux qui brûlent des feux rouges au milieu du trafic, il y en a et ils sont dangereux même si c'est une petite minorité. Il y a d'autres feux, que l'on peut être tenté de "couler" après avoir laissé passer les piétons bien entendu, afin de devancer le trafic automobile et de profiter d'une route dégagée. C'est le cas sur le quai Wilson où l'entrée en ville n'est pas du tout aménagée, contrairement à ce qu'annonce le Département et ce qu'a voulu le Peuple en adoptant l'initiative 144 en 2011. Les lacunes du réseau cyclable sont évidentes pour tous. Interrompu, souvent incohérent, il y a des itinéraires impossibles : de Cornavin à la gare des Eaux-Vives et retour, par exemple, on rencontre tout les obstacles et on expérimente toute l'absence d'aménagement qu'il est possible de trouver à Genève.

Personne ne monte par plaisir sur un trottoir : c'est le plus souvent pour s'extraire du trafic, et pour "se réfugier" dans un espace moins dangereux. Mais qu'il n'y ait aucune ambiguité : je condamne tout comportement agressif ou vitesse excessive de la part d'un cycliste dans un espace qui ne lui est pas réservé ou qui doit être partagé. Se venger sur les piétons de la pression ressentie de la part du trafic motorisé est une mauvaise réaction qui fait du tort aux cyclistes dans leur ensemble.