13/10/2016

En France, le temps de la petite présidence

Le président Hollande s'épanche pendant des heures avec des journalistes au lieu de travailler. Il expose sans vergogne ses doutes et multiplie les petites phrases sans autre contenu que le plaisir de les faire. De la toute petite politique. Buisson trahit Nicolas Sarkozy en révélant une partie de ses sorties d'une vulgarité sans nom. D'une manière différente et par des canaux distinct, ces deux personnages abaissent la fonction présidentielle et salissent la politique. Ils ne sont pas les seuls, d'autres commettent des crimes et délits plus graves en cours de mandat. Mais ils sont porteurs d'une charge symbolique forte. Que l'on est loin d'un De Gaule ou même de Giscard ou Mitterrand ! 

On semble être entré dans l'époque des petites présidences, qui n'a rien n'a voir avec le physique du titulaire. Comment résister ensuite aux accusations du "tous pourris" ou des "ça ne sert à rien" ? Tout cela fait le jeu de l'abstention ou des plus extrêmes.

Et stratégiquement, quand un président en fonction expose ses doutes sur sa propre stratégie, même un enfant de 5 ans jouant aux billes saurait qu'une stratégie, on la garde pour soi. Il est donc urgent que ces deux-là dégagent. Qu'il puissent simplement envisager sérieusement de se représenter, l'un comme l'autre, est en soi assez effarant. 

14/09/2016

Lier intégration et permis de résidence : une évidence bienvenue

Le Conseil national a adopté ce mercredi plusieurs mesures dont une me parait une évidence telle qu'il est étonnant qu'elle ait fait autant débat : lier l'intégration, et par conséquent la volonté de faire partie de la société, avec l'attribution d'un permis d'établissement. Pour moi qui ai vécu plus de 15 années à l'étranger, il a toujours été évident que celui qui prétend être accueilli et accepté dans une société qui n'est pas la sienne doit faire quelques efforts pour le mériter. Cela découle du simple respect de l'hospitalité, une notion dont la signification est connue dans le monde entier. Ce n'est pas parce que chez vous, vous avez l'habitude de mettre les pieds sur la table que vous pouvez vous permettre de faire de même dans la maison de celui qui vous accueille. 

Dans le domaine migratoire, cela se traduit par la possibilité de conclure des contrats d'intégration, qui mettent en lien les droits et les devoirs de ceux qui veulent vivre chez nous. Si certains points vont de soit, il vaut tout de même la peine de le préciser très clairement : le respect de la loi et des coutumes est nécessaire pour prétendre à un permis de longue durée. Je considère que d'autres actions telles que l'apprentissage d'une langue nationale, la participation à des activités sociales et associatives, la connaissance des us politiques et culturels est également centrale à une bonne intégration. A l'opposé, le fait de vivre en milieu fermé, dans sa communauté, sans contact avec l'entourage n'est pas une bonne chose et dénote une absence de volonté d'interagir avec la société. 

Je sais par expérience qu'il n'est pas très difficile de consacrer un peu de temps à apprendre les rudiments de la langue du pays d'accueil. Je l'ai personnellement fait cet effort en espagnol, russe, arabe. Et même en suisse allemand !

Pour tout authentique partisan de la maxime "libre et responsable", lien entre droits et obligations est une évidence qui devrait s'étendre bien au-delà du simple libéralisme.

 

 

12/09/2014

Blanc ou plus blanc que blanc ?

La Suisse oscille constamment entre opportunisme et autoflagellation. Petit pays neutre, travailleur, stable et bien géré, bien situé au coeur d'un continent développé et pour l'instant pacifié. Nous avons dans le passé bénéficié de tous ces avantages hérités mais aussi gagnés par le talent, le travail et l'habileté. Voila pour le côté opportuniste et méritant. 

Puis vient l'autoflagellation. Sous diverses influences, parfois moralisantes, parfois honnêtes, parfois cyniques et pilotées par nos concurrents, eux-mêmes pas exempts de tout reproche, nous avons tendance à ne voir chez nous que ce qui est discutable. A jeter avec l'eau du bain le bébé que ces concurrents, postés sous nos fenêtres, veulent nous voir jeter pour mieux le récupérer pour leur propre bénéfice. 

Qu'il s'agisse de la fiscalité internationale, de l'industrie financière, du commerce ou la production de matières premières, je pense qu'il faut aller vers plus de justice et limiter les abus qu'un certain libéralisme dévoyé peut engendrer. J'entends par là, le libéralisme qui a oublié que liberté n'allait pas sans responsabilité. Par contre, il serait idiot de saborder naïvement des secteurs entiers de notre économie pour les voir repris sans aucun scrupule par nos concurrents chinois, étasuniens ou même européens.  

Avancer, oui, mais pas n'importe comment.

18/09/2009

Démagogie socialiste à Plainpalais

Voici comment on envoie de jeunes militants socialistes tromper l'électeur. Dialogue vécu un dimanche de septembre au marché de Plainpalais :

Le jeune militant : bonjour, vous voulez signer, c'est pour une augmentation des allocations familiales ? Vous recevrez 300 francs par enfant au lieu de 200.

L'électeur (avec enfants) : non merci, c'est nos impôts qui vont financer ça !

Le jeune militant : Mais non, ne vous faites pas de souci, c'est les entreprises qui vont payer !

 

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19/10/2008

Leçons de campagne

La campagne qui s'achève a été l'occasion de rencontrer beaucoup de gens, sur les marchés, autour des stands. Hostiles parfois, sceptiques souvent, intéressés aussi, désabusés ou fâchés trop souvent.

Ce fut passionnant et très fatiguant quant il faut concilier une campagne de terrain avec avec un emploi à plein temps, une vie de famille et le sport (un marathon et demi depuis ce dernier mois). Ce blog en a souffert, il revivra.

J'ai rencontré des citoyens fâchés, de tout et parfois de rien. Fâchés de n'avoir pas la vie qu'ils voulaient, l'impression qu'on ne les écoutait pas. Qu'ils ne comprenaient plus ce monde qui les entoure. Ce qui m'a le plus frappé, c'est le très grand nombre de citoyens qui disaient ouvertement leur indlfférence pour le vote, la politique et peut-être la démocratie dans laquelle ils vivent. Ma plus grande satisfaction : quitter un abstentionniste depuis 30 ans avec l'impression qu'il va voter. C'est arrivé.

El la rencontre avec les autres candidats sur les stands. Par dessus les différences idéologiques, on sent une même passion pour les idées et pour la chose publique. L'envie de participer à la recherche de solution originales au cours des quatre prochaines années. Elu ou non ? Même si la vie ne s'arrête pas au verdict populaire de dimanche soir, aucun candidat ne peut subir sans une certaine appréhension ce jugement posé sur lui-même. Pour ceux d'entre nous qui se trouveront en fin de liste, affronter le regard des autres. Pourtant, ceux qui se sont le plus investis sur le terrain ne seront pas forcement les mieux notés par le souverain. On oubliera pas non plus l'ambiance au sein de sa liste qui mélange l'esprit d'équipe et une certaine concurrence interne.

J'espère que les Constituants sauront s'écouter les uns les autres et explorer toutes les pistes, sans se laisser aveugler par les doctrines, d'où qu'elles viennent. Qu'ils seront toujours décents et courtois. Qu'ils s'entoureront d'avis et examineront ce qui a été fait ailleurs par d'autres, les réussites comme les échecs.

Liste No 1 - Radical ouverture