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  • Le referendum ne convient pas à la France

    Nos amis français jouent avec l’idée d’introduire initiative populaire et referendum dans leur droit constitutionnel. Entre solution miracle et horreur populaire, leur appréciation varie.

    Outre le fait que ces outils ne font pas partie de la culture politique française, il y a d’autres problèmes, encore peu explorés.

    Tout d’abord, il faut bien choisir son sujet. Si le vote porte sur un point évident qui fait l’objet d’un consensus, le vote n’aura pas de valeur. Au pire, on le prendra pour un vote de confiance au président et tout devient alors possible. S’il est trop compliqué, ou si le débat n’est pas préparé sur le fond, les liens entre la situation de départ, le résultat escompté, les positions de la société civile, le résultat du vote et son application seront impossible à faire.

    La manière de poser une question est essentielle. On voit bien en Suisse à quel point le titre des initiatives peut avoir son importance. La culture politique suisse parvient à le décoder en grande partie, mais ce ne sera pas le cas en France dans un premier temps. Qui doit décider du titre, en cas de referendum, ou d’initiative ? Qui le validera ? Le gouvernement, le Parlement ou la Cour constitutionnelle ?

    En outre, la France est peu familiarisée avec l’organisation d’une campagne thématique. La dernière remonte au vote populaire sur Maastricht, c’est-à-dire à plus de 20 ans. Les élites issues du moule de l’ENA représenteraient certainement un facteur de résistance à un mouvement issu de la base de la société civile.

    Finalement, la Suisse a développé une certaine science de la lecture des résultats des votes populaires. Sans drame, elle adapte les prochains mouvements de ses acteurs, le tout se repositionne dans bruit pour tenir compte et finalement respecter la volonté populaire. Je doute par contre que la France républicaine et centralisatrice soit à même de comprendre vraiment un résultat, d’en faire une lecture politique, géographique, sociologique complète mais encore plus de de l’intégrer dans l’action des corps constitués et des partis, pour autant qu’ils aient encore une importance par les temps qui courent.

  • Apprendre de ses erreurs

    L'incroyable aventure de l'accession de Emmanuel Macron à la présidence française nous démontre une chose, qu'on l'aime ou non : il apprend très vite et ne fait jamais deux fois la même erreur. C'est certainement une caractéristique tirée du monde des jeunes entreprises, des startup et de la modernité en général. On a le droit de se tromper car l'erreur ou l'échec est obligatoirement liée à l'audace et à l'exploration. Notre capacité à en tirer le meilleur est déterminante. Dans toutes les circonstances. Exemple : le soir du premier tour, le candidat Macron oublie s'adresse à quelques milliers de ses supporters et leur tient un discours assez personnel et politiquement assez léger. Il a just oublié qu'il y a aussi 15 millions de Français devant leur écran. Ils attendent plus que des bras levés et des bisous à Brigitte. Ils ont raison. Le candidat s'est trompé de discours parce qu'il a mal évalué son audience. C'est corrigé à l'issue du second tour où il pousse loin la gravité de l'instant devant la Pyramide du Louvre. 

    Cette capacité à apprendre vite devrait être utile au nouveau Président et à la France, pour autant qu'il parvienne à la transmettre à ses équipes et à son gouvernement. Qu'ils ne cèdent pas à une certaine ivresse que peut donner le succès électoral. Le défi du bon candidat consiste à se transformer en bon gouvernant, deux rôles qui ne sont pas toujours compatibles

  • En France, le temps de la petite présidence

    Le président Hollande s'épanche pendant des heures avec des journalistes au lieu de travailler. Il expose sans vergogne ses doutes et multiplie les petites phrases sans autre contenu que le plaisir de les faire. De la toute petite politique. Buisson trahit Nicolas Sarkozy en révélant une partie de ses sorties d'une vulgarité sans nom. D'une manière différente et par des canaux distinct, ces deux personnages abaissent la fonction présidentielle et salissent la politique. Ils ne sont pas les seuls, d'autres commettent des crimes et délits plus graves en cours de mandat. Mais ils sont porteurs d'une charge symbolique forte. Que l'on est loin d'un De Gaule ou même de Giscard ou Mitterrand ! 

    On semble être entré dans l'époque des petites présidences, qui n'a rien n'a voir avec le physique du titulaire. Comment résister ensuite aux accusations du "tous pourris" ou des "ça ne sert à rien" ? Tout cela fait le jeu de l'abstention ou des plus extrêmes.

    Et stratégiquement, quand un président en fonction expose ses doutes sur sa propre stratégie, même un enfant de 5 ans jouant aux billes saurait qu'une stratégie, on la garde pour soi. Il est donc urgent que ces deux-là dégagent. Qu'il puissent simplement envisager sérieusement de se représenter, l'un comme l'autre, est en soi assez effarant.