31/01/2018

Transparence : la Suisse injustement traitée

Le classement bisannuel de organisation Tax Justice Network vient de stigmatiser la Suisse. C’est profondément injuste. D’énormes efforts ont été faits ces dernières années pour apporter de la transparence dans la manière dont nos instituts financiers traitent leur affaires. Cela leur a d’ailleurs considérablement compliqué leur travail quotidien.

Il s’agit à n’en pas douter d’une guerre commerciale. La petite Suisse, isolée entre de grands blocs tels que l’UE ou de grandes puissances financières et commerciales est une cible facile pour détourner l’attention de leurs propres pratiques. L’UE ferme les yeux, pour l’instant, sur la City de Londres et ses îles fort accueillantes pour toutes sortes de montages financiers, les Etats-Unis sont en guerre commerciale pour attirer investissements et emplois sur leur sol, sans soucis de transparence. Il suffit de voir ce qui se passe au Delaware, au Nevada ou au Wyoming où l’opacité est totale. Mener cette guerre commerciale était le seul but de la venue de Trump à Davos. De leur côté, Chine, Russie et Inde sont trop occupés à gérer, qui leur croissance économique, leur rôle stratégique ou leurs problèmes sociaux pour faire le ménage chez eux. Les tout petits Etats, recouverts de boites aux lettres échappent, eux, aux foudres de TJN en raison de leur petite taille, malgré des pratiques reconnues comme pas du tout transparentes. 

Je défend l’approche de la Suisse qui ne signe pas d’accords d’échange automatique d’information sans examiner d’abord comment ces informations seront traitées. Une certaine réciprocité est nécessaire. Il faut aussi garantir la sécurité des données qui sont transmises. Il en va de la sécurité de nos propres citoyens contribuables devenus transparents. Dans le monde international, il n’y a pas d’amis, il n’y a que des concurrents et des intérêts. On peut le regretter, mais c’est ainsi que va le monde actuel.

14/09/2008

Contrer le fondamentalisme islamique ? oui, mais par n'importe comment

Tout d'abord, rappeler le principe de laïcité de l'Etat qui prévaut en Suisse et à Genève en particulier. Il inclut, bien entendu, le droit de pratiquer librement sa religion dans la sphère privée. Mais lorsque les pratiques privées conduisent à des dérives fondamentalistes, il faut prendre d'autres mesures. L'absurde initiative contre les minarets concentre toutes les tares possibles : elle est d'abord inutile, extrémiste et contraire au droit international. Ensuite, elle pose le principe de réciprocité de la pire des manières : elle inflige précisément aux autres les interdits qu'elle leur reproche chez eux. Je pense qu'il est infiniment plus puissant de démontrer aux Saoudiens et autres fondamentalismes que leur religion se pratique ouvertement et dignement chez nous, que leurs lieux de cultes peuvent arborer un minaret (certes muet) dans les limites posées par les règlements d'urbanisme alors que la pratique du christianisme est impossible chez eux. C'est la réciprocité positive.

Le contrôle des mosquées et des projets éventuellement contraires à l'ordre public rente bien entendu d'actualité. Mais d'autres mesures à plus long terme sont nécessaires. Il faut d'abord organiser la formation des imams en Suisse et ne pas accepter que les communautés soient menées par des leaders charismatiques venus de l'étranger. Ensuite, il faut se demander dans quelle mesure il est acceptable que les directeurs et autres responsables soient designés et rétribués par des organismes ou des Etats étrangers.

Dans le débat sur le fait religieux, il ne s'agit pas de discuter des mérites respectifs des différentes religions mais de distinguer chez chacune d'elles les applications fondamentalistes et souvent rétrogrades des versions modernes qui ont été rendues compatibles avec la vie moderne. Il est vrai que l'Islam est à un tournant de son histoire où le besoin d'adaptation est plus pressant que jamais. D'autres facteurs historiques et politiques récents ont limité plus encore la capacité de l'Islam à se mettre en question.

Il paraît plus important d'isoler les fondamentalismes et la pratique religieuse forcée ou manipulée pour ses dérives liberticides ou simplement criminelles. A une époque de leur histoire, d'autres religions ont elles aussi connu leurs dérives : Inquisition, croisades, conquêtes territoriales, persécutions, etc. Il faut donc favoriser au sein de toutes les structures religieuses le débat sur l'interprétation des sources, de sa pratique et sur sa relation avec le monde dans lequel vit la communauté.

Je suis candidat à la Constituante sur la liste No 1 Radical ouverture et membre actif du Mouvement Ecologie libérale