03/01/2017

L'abjection sans réaction.

La Russie inquiète. Pour les positions bellicistes du président Poutine, c'est un aspect. Mais ce n'est pas vraiment nouveau. Des leaders qui profitent des faiblesses ou de la désunion de leurs adversaires, c'est un grand classique. Les civils de Syrie et d'Ukraine en paient la facture, mais la Russie n'est de loin pas seule responsable. 

Non, ce qui est inquiétant, c'est ce qui se passe à l'intérieur. Le délire homophobe d'un certain Boulatov qui dénonce, expose publiquement et pousse à la démission des enseignants homosexuels. C'est infâme, contraire à tout principe de l'Etat de droit. Mais le pire, c'est que personne en Russie ne semble trouver cela choquant. En tout cas pas les autorités ni les religieux. L'intolérance gagne, dans une sorte de grand vent de conservatisme rance, de stigmatisation sous prétexte de soi-disant "morale". Un salmigondi de religion sous ses pires aspects d'intolérance et de haine. La même chose se produit en Afrique où les hommes (surtout eux) semblent prendre un malin plaisir à torturer autrui sous prétexte de tradition, de croyances et de religion mêlés. Excision, mariage forcé, lapidation pour adultère (des femmes seulement, chacun sait que les femmes commettent l'adultère toute seules) ou chasse aux gays. Même les albinos sont pourchassés. Que fait l'Etat, que font les religieux quand ils ne sont pas eux-mêmes à la manoeuvre de ces abominations ? La nausée. L'année commence bien. 

https://www.letemps.ch/monde/2016/12/28/cet-activiste-russe-traque-enseignants-homosexuels

 

22/07/2010

Eviter le piège

Choquant, mais...

Au premier abord, la vision d’une femme couverte des pieds à la tête est choquante, plus encore en Suisse. Cela ne correspond ni à notre éducation, ni à notre mode de vie, ni à rien d’autre de ce qui se fait ici. C’est choquant et déplaisant. Se voiler entièrement ne répond pas à une prescription religieuse, ce que confirment bon nombre de musulmans éminents. Mais...

 

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30/12/2009

Béatifier à tout prix ?

Faut-il béatifier Pie XII ? Pendant que les passionnés échangent les points de vue, le citoyen laic mais culturellement chrétien que je suis s'interroge : pourquoi faut-il béatifier et sanctifier à marche forcée ? L'Eglise catholique romaine a-t-elle quelque chose à prouver ? N'y a-t-il aucun espace entre la sainteté et la disgrâce ? Un pape ne peut-il pas avoir été simplement humain placé dans une situation de pouvoir et de responsabilité écrasante, avec ses forces, ses faiblesses, ses calculs et ses peurs ? Ni saint ni criminel pour autant.

On sait que Jean-Paul II a "promu" pendant son pontificat autant de personnages méritants que tous les successeurs de Pierre avant lui, y compris des personnages qui n'avaient pas brillé par leur humanisme. N'est-ce pas banaliser complètement l'acte qui devrait sanctionner une vie vraiment exemplaire et qui se détache nettement de ses semblables ? C'est si vrai que fleurissent immédiatement sur internet les appels à déclarer "santo subito" toute personne que l'on veut célébrer. Cette étiquette, à l'origine utilisée pour promouvoir la béatification accélérée de Jean-Paul II est maintenant utilisée pour l'agresseur de Berlusconi et n'importe quel individu perturbé ou carrément criminel.

On peut être profondément laic mais concerné par l'évolution d'une Institution historiquement, culturellement et socialement importante en Occident.