05/01/2017

Réfugiés : échanger les rôles, juste pour voir !

SY 3.jpgAvant de donner son avis sur un sujet, il est intéressant de se mettre à la place de l'autre. Utile et enrichissant. Lors d'une séance de conseil municipal, j'ai du rappeler à l'assemblée que les réfugiés syriens qui fuyaient Alep ne devaient pas seulement être vus comme un problème pour nous (ce qu'objectivement il sont aussi, car faire face à un afflux important et non souhaité n'est effectivement agréable pour personne). Avant de se prononcer, il est instructif de se mettre un instant à leur place. Faisons un petit exercice d'imagination. 

Genève et la Suisse romande sont attaquées et la ville assiégée depuis presque cinq ans par des forces lombardes, alliées aux alémaniques, chaque jour bombardés par l'aviation française. Plus d'autorités, des milices, du gaz et des barils d'explosifs sont largués sur la ville. Plus de vivres, les HUG ne fonctionnent plus, pas plus que la Colline, la Tour. Il ne reste qu'un dispensaire à Carouge et un autre aux Eaux-Vives. Quelques dizaines de policiers sont restés, sans moyens, sans véhicules ni essence. Il n'y a plus de Conseil d'Etat ni d'autorités cantonales. Pierre Maudet, Sandrine Salerno et quelques conseillers administratifs fonctionnent encore, avec les moyens du bord et des vestiges d'administrations publiques. On peut toujours quitter le canton via Ferney et Gex, le Jura en direction de Montbéliard, puis l'Alsace et la Belgique. S'entasser là dans des camps de fortune ou prendre le risque d'embarquer pour l'Angleterre ou l'Afrique du nord. 

Nous devons prendre la décision de faire ou non ce voyage dangereux, sans presque rien emporter, avec un flot d'autres réfugiés, dans le froid, voyant nos enfants périr d'épuisement, sans soins, rejetés dans des camps par la marine de Sa Majesté ou bloqués par des murs de barbelés installés près des côtes du Maroc et d'Algérie. Hostilité des populations tout le long de la rouge, pas enchantées de nous voir passer. Des gouvernements rendus exsangues par la crise économique. Dans quel état d'esprit serions-nous à l'arrivée dans un pays riche et bien équipé, en paix, avec un taux de chômage de 6%, (3,5% au plan national), un budget excédentaire et de gros moyens matériels et logistique. Fin de l'exercice d'imagination. 

SY raqua.jpgParmi les réfugiés, il y a aussi des éléments douteux, migrants économiques. Sans scrupules ni respect, dangereux comme ceux qui ont sévi à Cologne au Nouvel An dernier. Ou issus des milieux de la délinquance nord-africaine qui s'est incrustée dans nos villes. Pour ceux-là, pas d'asile ni de complaisance. Mais la présence de quelques moutons noirs justifie-t-elle de rejeter tous ceux qui ont fui leur ville pour sauver leurs enfants. Si on a fait l'effort de se mettre à leur place un instant, les rejeter sans examen aucun devient difficile à justifier. 

04/11/2016

La repression fait sens quand elle est bien ciblée

Les cyclistes doivent respecter la loi. La minorité qui se montre agressive avec les autres usagers, et en particulier les piétons, font du tort à l'ensemble des cyclos. La campagne menée la semaine dernière par la police genevoise était annoncée et de ce fait, elle est en partie une action de prévention. Elle est d'autant plus pertinente quand elle vise les infractions qui mettent vraiment en danger les autres usagers. De ce point de vue, les contraventions infligées à des cyclistes qui ont brûlé un feu rouge au haut du pont de la Coulouvrenière venant de la rue de St-Jean, pour tourner à droite sur un trottoir lui-même cyclable (partagé avec les piétons) n'est pas très fair-play. En effet, le "tourner à droite au rouge" est une mesure qui est testée à Bâle. C'est dire qu'elle ne peut être vraiment grave ni dangereuse. 

De ce point de vue, je pense que la police ferait mieux de sanctionner ceux qui traversent les rues basses à haute vitesse au milieu des piétons, ceux qui brûlent des feux rouges au milieu du trafic, il y en a et ils sont dangereux même si c'est une petite minorité. Il y a d'autres feux, que l'on peut être tenté de "couler" après avoir laissé passer les piétons bien entendu, afin de devancer le trafic automobile et de profiter d'une route dégagée. C'est le cas sur le quai Wilson où l'entrée en ville n'est pas du tout aménagée, contrairement à ce qu'annonce le Département et ce qu'a voulu le Peuple en adoptant l'initiative 144 en 2011. Les lacunes du réseau cyclable sont évidentes pour tous. Interrompu, souvent incohérent, il y a des itinéraires impossibles : de Cornavin à la gare des Eaux-Vives et retour, par exemple, on rencontre tout les obstacles et on expérimente toute l'absence d'aménagement qu'il est possible de trouver à Genève.

Personne ne monte par plaisir sur un trottoir : c'est le plus souvent pour s'extraire du trafic, et pour "se réfugier" dans un espace moins dangereux. Mais qu'il n'y ait aucune ambiguité : je condamne tout comportement agressif ou vitesse excessive de la part d'un cycliste dans un espace qui ne lui est pas réservé ou qui doit être partagé. Se venger sur les piétons de la pression ressentie de la part du trafic motorisé est une mauvaise réaction qui fait du tort aux cyclistes dans leur ensemble.