03/01/2017

L'abjection sans réaction.

La Russie inquiète. Pour les positions bellicistes du président Poutine, c'est un aspect. Mais ce n'est pas vraiment nouveau. Des leaders qui profitent des faiblesses ou de la désunion de leurs adversaires, c'est un grand classique. Les civils de Syrie et d'Ukraine en paient la facture, mais la Russie n'est de loin pas seule responsable. 

Non, ce qui est inquiétant, c'est ce qui se passe à l'intérieur. Le délire homophobe d'un certain Boulatov qui dénonce, expose publiquement et pousse à la démission des enseignants homosexuels. C'est infâme, contraire à tout principe de l'Etat de droit. Mais le pire, c'est que personne en Russie ne semble trouver cela choquant. En tout cas pas les autorités ni les religieux. L'intolérance gagne, dans une sorte de grand vent de conservatisme rance, de stigmatisation sous prétexte de soi-disant "morale". Un salmigondi de religion sous ses pires aspects d'intolérance et de haine. La même chose se produit en Afrique où les hommes (surtout eux) semblent prendre un malin plaisir à torturer autrui sous prétexte de tradition, de croyances et de religion mêlés. Excision, mariage forcé, lapidation pour adultère (des femmes seulement, chacun sait que les femmes commettent l'adultère toute seules) ou chasse aux gays. Même les albinos sont pourchassés. Que fait l'Etat, que font les religieux quand ils ne sont pas eux-mêmes à la manoeuvre de ces abominations ? La nausée. L'année commence bien. 

https://www.letemps.ch/monde/2016/12/28/cet-activiste-russe-traque-enseignants-homosexuels

 

21/03/2014

Vladimir Poutine a-t-il vraiment gagné ?

En apparence, le président russe à gagné. La Crimée retrouvera la place qu'elle avait dans la première orbite russe avant son rattachement à l'Ukraine en 1954. Mais, comme le dit très bien le journaliste Eric Hoesli, spécialiste de la région depuis plusieurs décennies, le camp "pro-russe" d'Ukraine a perdu un peu plus d'un million de votants. Les votes et élections ont désormais toutes les chances d'y tourner en défaveur de Moscou. Et, au vu de ce qui s'est passé en Crimée, l'Ukraine aura d'autant moins de scrupules à s'approcher de l'UE et de l'OTAN, ce qui est exactement ce que le Président voulait éviter. 

Sans parler des diverses sanctions prises et à prendre contre la Russie ou certains de ses responsables, la situation économique n'est pas bonne. La bourse est au plus bas depuis 2009 malgré un petit rebond, les investisseurs vont hésiter à s'y aventurer, l'économie dépend exagérément des exportation de gaz et de pétrole. Plus largement, la démographie y est mauvaise. 

Finalement, si personne n'est vraiment gagnant à l'issue de cet épisode, qui n'est peut-être pas tout à fait terminé d'ailleurs, la Russie pourrait bien sortir comme la vraie perdante de ce bras de fer au léger fumet de Guerre froide, même si cette page semble, elle, bel et bien tournée.