22/11/2016

Social : plus ou mieux ?

Il y a quelques mois, j'ai eu l'occasion de participer à une grande manifestation réunissant la majorité des acteurs sociaux de la région, privés, associatifs et publics, afin de réfléchir à ce qui pourrait être fait dans le domaine ces prochaines années. L'expérience fut fascinante. En partie parce que les idées émises puis discutées étaient variées et parfois très intéressantes. En partie seulement : c'est un autre point qui a retenu mon attention.

Parmi les dizaines de projets évoqués, tous se proposaient de lancer une nouvelle activité, un nouveau programme, un nouvel outil. Tous étaient destinés à être menés par une nouvelle entité à créer puis à doter de moyens humains et matériels. Je n'ai entendu aucune suggestion de ces professionnels ou responsables associatifs visant à améliorer quelque chose qui existait déjà ou à faire la même chose avec moins de moyens ou de personnel. 

J'en suis ressorti avec l'impression que pour la très grande majorité des participants, la question du financement était tout à fait secondaire. Comme si se poser la question du rapport entre la dépense publique et l'effet attendu sur les bénéficiaires était presque indécent ou grossier. 

J'en suis ressorti avec la solide impression qu'il y avait là une partie de l'explication au fait que Genève dépense au bas mot 30% de plus que Zurich pour des tâches identiques. Et un vague soupçon que cet état d'esprit n'était pas tout à fait étranger à la dette abyssale que Genève fait peser sur la tête de ses enfants pour les générations à venir.

21/08/2013

Le SIT préfère l’assistance au travail

Camouflé derrière la défense des travailleurs et des chômeurs, soutenu par SolidaritéS comme la corde soutient le pendu, le Syndicat indépendant des Travailleurs (SIT) cherche à détruire les efforts faits pour remettre au travail les chômeurs en fin de droits ou ceux qui ont été exclu du monde du travail. Pour le SIT, mieux vaut l’assistanat que le travail tel que le propose l’association Partage. Je suis allé à leur rencontre et me suis informé de leurs activités il y a plusieurs mois. Vincent Gall, Marc Nobs et leur équipe font un travail remarquable pour redonner une dignité par l’emploi. Les missions que réalisent les collaborateurs de Partage respectent les principes du développement durable et sont fondamentalement utiles à la société tout entière : collecte écologique des déchets dans plusieurs communes, récolte, conditionnement et redistribution des restes alimentaires aux associations d’intérêt public, transport des objets trouvés des postes de police vers le bureau des objets trouvés de Rive (alors que jusqu'à présent, des policiers et leurs véhicules étaient mobilisés pour cela).

C’est malheureusement une tendance générale à Genève :  ceux qui vivent de la crise cherchent à la prolonger. Le SIT pense être plus fort quand le chômage est élevé, quand les projets de reinsertion ne fonctionnent pas. De même, l’Asloca trouve un peu trop sa raison d’être dans la crise du logement,  ses spadassins font tout pour bloquer les projets de construction ou congeler le marché immobilier à l’aide de la funeste LDTR.

 Je suis convaincu qu’il existe une troisième voie entre l’assistanat qui rend passif et le capitalisme sauvage. Une économie profitable qui n’oublie pas l’Humain. C’est, entre autres, l’Economie Sociale et Solidaire. Encore faudrait-il que les conservateurs de tous bords ne la sabottent pas pendant son adolescence.