27/12/2016

Comment répondre au terrorisme ?

Que veulent les terroristes, Daesh et les autres ? Nous terroriser et nous empêcher de vivre comme nous l'avons choisi. Comment leur répondre ? Ne pas être terrorisés, ne pas le montrer ou faire comme si on ne l'était pas, selon ses possibilités. C'est la seule réponse possible. Toutes les autres ne sont que capitulation et lâcheté.

Ce que certains nous suggèrent : nous laisser dévorer par la haine, banaliser l'insulte et répartir l'humanité entre "ils" et du "nous". Trop facile, ça rassure mais c'est simplement faux, ou faussement simple. De nos jours, la société de l'information et internet offrent très (trop) facilement à des résistants de pacotille la possibilité de répandre leurs haine bien à l'abri derrière le douillet anonymat de leur écran d'ordinateur. Ils tombent dans le piège des extrémistes.

Et ne pas oublier que la rancoeur généralisée fait le bonheur de plein de monde : les terroristes eux-mêmes qui aimeraient nous voir devenir comme eux, amers, sans espoir sur cette terre et sans amour. Mais aussi quelques simplistes qui nous souhaiteraient à leur image, avec une vision binaire : les bons (nous) et les méchants (eux).  Que ce "nous" soit blanc, chrétien, du nord, européen ou simplement riche ne change pas grand-chose. 

Complotistes, racistes ou même alarmistes, ce sont tous des alliés objectifs des terroristes.

Comment réagir ? Simplement, se demander ce que les terroristes voudraient nous voir faire et agir exactement à l'inverse. Très simple à dire. Et à faire parce qu'il ne devrait pas y avoir d'alternative. Aucune. 

 

18/02/2016

Etat d’urgence perpétuelle ?

La prolongation de l’Etat d’urgence en France me paraît être à la fois une erreur et un contresens. Instauré dans la nuit du 13 au 14 novembre après les attentats qui ont frappé Paris, il devait permettre aux forces de sécurité de frapper un grand coup contre une menace terroriste extraordinaire. Avec certains effets initiaux et des facilités accordées aux forces de sécurité. De l’avis général, cet effet, de surprise, a été utile mais son efficacité s’est depuis lors largement dissipée.

La prolongation est un contresens et en même temps un aveu de faiblesse. Nous avons tous dit que pour faire face aux terroristes et leur nier la victoire, il était nécessaire de reprendre une vie normale et ne pas abdiquer nos plaisirs et nos libertés. Maintenir un état, par définition exceptionnel, c’est une fausse politique qui donne les mauvais signaux. Volonté de « rassurer » ? Là aussi, c’est à mon avis raté. Volonté de « se couvrir » ? Pour éviter l’accusation de légèreté si quelque chose devait se produire ces prochaines semaines ? C’est encore une faute, parce qu’il se produira forcément quelque chose, tant que les causes et le vivier de ce terrorisme n’aura pas été asséché.

Il faut au contraire sortir de l’Etat d’urgence, quitte à y revenir plus tard si la situation devait l’exiger. Parce que le prolonger veut aussi dire qu’on est incapable d’apporter au dispositif normal les ajustements nécessaires, de tirer les leçons des précédents attentats, des ratés de la sécurité, des failles dans la détection et le traitement des alertes.

Y a-t-il encore derrière cette paralysie une guerre des polices ou des services, ou simplement l’insigne faiblesse d’un gouvernement qui consacre toute son énergie à se positionner en vue des présidentielles de 2017 ? Je crains que ce soit un peu de tout ça.