05/01/2016

Pataquès UDC sur l’expulsion

Malgré son succès aux fédérales 2015 ses deux élus au Conseil fédéral, l’UDC pédale dans la semoule : elle va bientôt devoir faire face aux conséquences de ses autres succès en votations : ses élus nationaux se déchirent sur la manière d’appliquer ou de modérer l’impact du vote du 9 février qui met l’économie en difficulté avec le marché européen. Même pataquès sur l’interprétation de l’initiative pour l’expulsion des criminels : concerne-t-elle les secundos ou pas ? MM et Mme Grin, Nidegger et Amaudruz se contredisent. A Forum lundi 5 janvier, la présidente de l'UDC genevoise ne semblait même pas connaitre le texte qu'elle soutient, incapable d'argumenter sur les conséquences de son initiative. 

Le catalogue absurde de deux pages que ce parti, pourtant gouvernemental, nous propose d’introduire dans notre constitution est ridicule. Totalement rigide, il ôtera toute latitude au juge de tenir compte des circonstances du délit. Il frappera indistinctement les crimes graves et les peccadilles. Sous la pression de l’initiative allant dans la même direction et adoptée par le peuple en 2010, le Parlement a déjà adopté un durcissement du régime de l’expulsion en 2015, de sorte que l’initiative sur laquelle nous votons sert avant tout à poursuivre une logique de division de la société suisse et à la mettre volontairement difficulté dans ses discussions avec l’Union européenne.

Il serait plus intelligent de profiter des difficultés que connaît (malheureusement) l’UE actuellement et de voir si ces événements tels que le Brexit, la possible sortie de la Grande-Bretagne, ne seraient pas l’occasion de trouver avec cette nouvelle Europe en gestation un accord à long terme.

Mais il est probablement naïf de croire que ce parti qui vit de l’isolement (alors que son leader Blocher a fait sa fortune avec l’étranger, suprême ironie) et des difficultés qu'il a lui même contribué à accentuer, peut vouloir une solution porteuse d’avenir, lui qui prétend conduire la Suisse avec les deux yeux braqués dans le rétroviseur.

10/02/2014

Des leçons et un énorme paradoxe

Il y a plusieurs enseignements à tirer du vote de ce weekend et un énorme paradoxe.

Tout d'abord, noter que notre système démocratique est extraordinaire. On ose débattre de tout (parfois de rien), puis le peuple vote, ce que la plupart de nos voisins ne font pas. Nous pouvons en être fiers.  

Puis constater qu'il y a plusieurs Suisse : celle dessinée par les régions linguistiques mais surtout le fossé qui sépare les villes des campagnes. Une Suisse confiante et une Suisse méfiante. Celle de ceux qui sont en charge de faire fonctionner le pays avec la part de compromis parfois douloureux que cela implique et ceux qui s'offrent le plaisir de coups de gueule dont d'autres devront gérer les conséquences. 

C'est là que se trouve l'énorme paradoxe : il reviendra à ceux qui se sont le plus engagés contre l'initiative de gérer les conséquences de son acceptation. Sauf à jouer la politique du pire, ils seront contraints de se battre pour donner raison aux initiants qui affirment que l'on peut tout renégocier avec l'UE et que l'initiative va faire du bien à notre pays. C'est certainement ce profond malaise qu'a voulu exprimer assez logiquement le PLR suisse en proposant de confier à M. Blocher le soin l'aller négocier à Bruxelles les suites de son initiative. Un Blocher qui, il n'y a pas si longtemps, ne jurait que par une voie bilatérale qu'il saccage actuellement. 

27/07/2010

Europe : négocier pour avancer

Nous sommes sans doute proches du moment où les bilatérales auront fait leur office : nous permettre de subsister aux marges de l'Union européenne sans trop nous engager, d bénéficier de ses avantages à un coût politique acceptable puisque le peuple à choisi de refuser l'EEE un funeste dimanche de décembre 1992. Si l'adhésion pose quelques problèmes, rester dehors nous en posera de plus en plus ces prochaines années. Membres passifs. contraints de reprendre, de gré ou de force tout l'acquis communautaire parce que nous sommes en Europe mais sans avoir un mot à dire.

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