• Ouverture des commerces - une guerre de retard

    La polémique en cours sur les 3 dimanches est à la fois désastreuse et hors sujet. Je m'explique. Les syndicats croient ou prétendent se battre pour la défense des conditions de travail des employés du secteur de la vente. Je pense qu'ils ont une guerre de retard. Si l'on considère les chiffres d'affaires énormes des supermarchés de Cornavin et de l'Aéroport, la fréquentation constante y compris jusqu'à 23h de celui de la gare, on comprend bien qu'il y a un véritable besoin de flexibilité des horaires qui va bien au-delà des seuls dimanches de décembre.

    Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir faire nos achats quotidiens en revenant d'une séance tardive, d'une conférence ou d'un spectacle. Il n'y a là rien qui relève d'un consumérisme forcené. Même l'idée qu'on ne doit pas tout sacrifier à la Consommation ne devrait pas nous empêcher d'avoir un peu de flexibilité. Selon la CCT qu'Unia  a refusé de signer, les employés qui travaillent dans ces périodes décalées sont compensés au double du salaire. Je suis certain que l'offre intéresse de nombreux employés, et certainement encore plus d'étudiants à la recherche d'un petit job. 

    Je crains donc que cette crise ne soit avant tout souhaitée par des représentant syndicaux d'une nouvelle génération qui voient dans cette crise qu'ils ont voulue l'occasion de démontrer qu'ils sont légitimes et "font leur boulot". Ce faisant, ils risquent d'affaiblir tout le secteur du commerce genevois, qui souffre du tourisme d'achat, de l'e-commerce et, dans une certaine mesure du franc encore fort.  Sans compter les boutiques des dépanneurs, sans employés salariés, qui peuvent rester ouvertes bien plus longtemps. Les habitudes de consommation ont changé, il faut s'y adapter en souplesse. Pour cela il faut des syndicats modernisés. Les Allemands ont montré la voie d'un dialogue social puissant et responsable : les résultats sont là, pour l'industrie, le commerce et la santé de l'économie.

    Alors que partout dans le monde, on trouve des solutions pour que le commerce de détail réponde aux besoins des clients, à Genève, quelques une nous entraînent dans une spirale mortifère. Vraiment dommage. 

  • Quel PLR en 2019 ?

    Ce 7 mars, le PLR genevois se sera donné une Présidence et un Comité directeur renouvelés. Ils devront d’abord préserver l’unité du Parti après les traumatismes de ces derniers mois et mener avec enthousiasme les campagnes fédérale et municipale à venir. Personnellement, j’espère que la nouvelle direction s’ouvrira plus clairement à des thèmes tels que la santé, l’environnement, la culture, le sport, l’information et les médias. Le PLR ne peut pas non plus ignorer les nombreux enjeux dits « de société » qui sont trop souvent abandonnés a d’autres, ce qui nous pousse dans un rôle d’opposant et nous prive d’une participation constructive aux débats. Changement des modes de vie, questions éthiques, politique des drogues, organisation de l’Etat, transparence, tous ces thèmes peuvent et doivent être abordés à la lumière des principes de liberté et de responsabilité qui nous sont chers. Un parti qui récolte un quart des votes ne peut pas limiter l’essentiel de ses interventions aux questions économiques, fiscales et immobilières, ses thèmes naturels.


    Historiquement, le PLR, ce sont Gilles Petitpierre, Jacques-Simon Eggly, Martine Brunschwig Graf et Françoise Saudan, Robert Ducret et Michel Barde, Ivan Slatkine, Michel Balestra ou Gabriel Barrillier, pour en citer quelques uns... et me faire des ennemis de tous les autres. Des personnalités remarquables, fortes et humanistes, qui n’ont jamais hésité à sortir des autoroutes balisées pour s’impliquer dans les questions sociétales et y défendre parfois des positions remarquées et remarquables, avec nuance et une volonté de construire des solutions qui franchissent les limites strictes des partis. Comme ils se savaient forts sur leurs valeurs, ils pouvaient se montrer créatifs dans la manière de les mettre en pratique. C’est dans ce PLR-là que je voudrais m’investir en ce printemps 2019.


    Rolin Wavre, député