• Enfants, parents, assistants sociaux, experts psychiatres et juges : souffrance et incompréhension

    Depuis le début 2019, la manière de fonctionner de la chaîne socio-médico-judiciaire est sérieusement questionnée. Une pétition et une motion déposées au printemps, puis plusieurs témoignages sur des cas dramatiques ont attiré l'attention. Un sujet hautement affectif pour les victimes, mais aussi le choc des chapelles. La Psychiatrie, les Assistants sociaux et les Juges. Tous experts, tous réputés honnêtes, tous malgré tout soumis aux pressions de leur groupe socio-professionnel pour "se serrer les coudes" ou "se montrer solidaires de leurs collègues". Au milieu, les parents et des enfants qui souffrent. Tous les signaux perceptibles à l'extérieur indiquent qu'il y a un gros dysfonctionnement. La Commission sociale du Grand Conseil s'en est saisie sans que l'on sache encore ce qui en sortira. Je n'en fais pas partie. Je ne peux pas m'empêcher de ressentir un terrible malaise devant la publication d'une expertise d'un spécialiste (psychiatre) bâlois sur la manière dont les expertises (psychiatriques) sont menées par ses collègues genevois. Pouvait-on attendre autre résultat ? Sérieusement ? 

    Les juges ne semblent pas s'écarter souvent des expertises du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML), dont les experts sont eux-mêmes mis en condition par les assistants sociaux qui suivent les dossiers. Il est urgent que sorte quelque chose de concret de ces enquêtes. Les avocats s'inquiètent de ce que l'enfant ne soit pas vraiment entendu et ses intérêts à rester en contact avec ses parents, même divorcés, pas vraiment respectés. Le Temps et sa journaliste Laure Lugon en particulier ont réalisé une série d'articles très bien documentés sur le sujet depuis juin 2019. 

    Les parents broyés par le système ont bien moins de moyens de se faire entendre. Certains s'enferment dans leur douleur au point qu'ils ne parviennent presque plus à expliquer leur cas de manière rationnelle, bouffés par la douleur dans laquelle ils macèrent. On en vient a rejeter leurs appels incessants et répétitifs. Trop de communication finit par tuer la communication. J'en connais personnellement un. C'est dramatique. 

    C'est le drame du citoyen-justiciable confronté aux experts. Celui de l'élu de milice face aux professionnels. Et au milieu, les enfants. Les a-t-on écoutés ? Vraiment ? Je n'en suis pas convaincu.