aéroport

  • Les CFF sont agiles et modernes seulement quand ça les arrange

    L’un des arguments contre la solution du bouclement de la Boucle ferroviaire de l’aéroport est que « l’horaire ne serait plus lisible » parce que la durée du trajet entre Lausanne et Cornavin serait variable. C’est inepte. Nous savons tous, sauf les ingénieurs des CFF et de l’OCT, semble-t-il, que la durée des trajets entre les deux villes varie déjà entre 36 et 49, voire 52 minutes selon le train... (sans compter les retards). Donc rien de vraiment nouveau. 

    Ensuite, l’application des CFF, d’ailleurs fort bien faite, permet déjà de choisir son train en fonction des horaires mais aussi du prix que la Régie fait varier. Pour rééquilibrer la charge de ses trains, les CFF pourraient très bien jouer sur les tarifs. Elle le fait déjà, ce que tout le monde sait, sauf les ingénieurs des CFF, semble-t-il. En sont-ils restés aux horaires papier de notre enfance ? Des voyageurs pourraient être intéressés à prendre a Lausanne un train passant par l’Aéroport avant d’aller à Cornavin, parce qu’il coûterait deux francs de moins ou qu’il aurait plus de chances d’y trouver des places assises. Je pense que l’argument  de la vitesse n’est pas, ou plus, le seul pertinent. 

    A noter aussi que les CFF, tellement préoccupés de vitesse et de confort des passagers, trouvent acceptable que les usagers du Léman Express devant se rendre à l’aéroport doivent non seulement changer de train mais aussi de quai, avec leurs bagages, jusqu’en 2045 au moins. Est-ce bien cohérent ? Avec la Boucle, cette question serait réglée vers 2030 et pour un quart du coût.

    Plus j’étudie ce dossier, plus j’ai la conviction que les arguments opposés au Bouclement de la Boucle de l’Aéroport sont très faibles. Notre Régie fédérale est obnubilée par ses grands chantiers. Se voit-elle avant tout comme un aménageur de quartiers de gares et plus tellement comme un transporteur de passagers ? la question mérite d’être posée. 

  • Aéroport : la qualité d'abord

    Qui n'avance pas recule. Les investissements dans notre aéroport international sont absolument nécessaires car le monde bouge. Des concurrents très performants se renforcent, les visiteurs de notre cité mais surtout ceux qui viennent pour des raisons professionnelles sont habitués à des conditions en constante amélioration. La Genève internationale, commerciale et diplomatique a absolument besoin d'un aéroport performant. Nous avons la chance d'en avoir un. Selon la newsletter de juillet de la Chambre de Commerce, l'AIG propose 134 destinations, 57 compagnies aériennes, 930 emplois directs et près de 10'000 emplois induits, un chiffre d'affaire de plus de 400 millions. C'est remarquable. Mais cela représente 187'596 mouvements en 2014. 

    Je vis assez près de l'aéroport pour toujours l'entendre mais pas assez pour en souffrir vraiment. Par contre, pour des dizaines de milliers de nos concitoyens, l'AIG représente des nuisances ou très importantes. Nous n'avons pas le droit de l'oublier. Comme habitant de la rive droite, il est de mon devoir de prendre en compte cet aspect de notre développement pendant la campagne nationale de cet automne, et peut-être en tant que représentant qu'élu genevois. On va parler d'économie, de croissance, c'est normal. Pour notre aéroport, on devra aussi de se demander quelle croissance nous voulons. 

    Croissance en qualité ou en quantité ? J'emploie souvent le terme de prospérité, qui implique en plus de l'aisance matérielle, une certaine qualité de vie, un égard pour la manière dont nous pouvons jouir des fruits de notre travail. Je précise que cette petite réflexion se limite aux nuisances directes. La pollution générée par le trafic aérien est une autre question plus large encore. 

    Rapportée à l'AIG, la question peut se résumer ainsi : veut-on un 2ème vol hebdomadaire vers Peking, Seattle ou Djakarta, ou plutôt un 12ème vers Majorque ou Ibiza. Ou pire, ces vols tellement courts qu'on a à peine le temps de monter qu'il faut déjà préparer la descente. Ou encore, posée autrement, la question pourrait être : si nous avions un nombre limité de vols à disposition, à quelles destinations (et donc à quels usages) les consacrerions-nous ?

    Hors de tout dogmatisme ou idéologie, la question mérite d'être posée à tous. Qu'ils soient ou non concernés par l'usage, les bénéfices ou les nuisances de notre aéroport.